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ARVALIS - CETIOM Infos

Cultures intermédiaires : réussir la destruction

01 octobre 2013

Gel, herbicides, actions mécaniques… : le choix du mode de destruction d’une culture intermédiaire se raisonne en fonction du sol et du climat mais aussi de l’espèce choisie et de la culture suivante.

Les herbicides totaux détruisent les cultures intermédiaires de façon souvent très efficace, mais la réglementation les interdit dans certains cas. La nature du sol et le climat local orientent alors vers une autre
technique, qu’elle soit naturelle comme le gel, ou mécanique. Cependant, compter sur les premières gelées n’a de sens que dans les régions continentales et sur des couverts composés d’espèces sensibles au gel. Les passages d’outils demandent quant à eux de faire preuve d’une grande réactivité pour saisir les courts créneaux d’intervention adaptés (sol gelé, intervention précoce sur sol ressuyé…).

Première étape : le choix de la date de destruction

Avant de choisir une méthode, la date de destruction résulte déjà d’un compromis (Tableau 1) : le couvert doit avoir eu le temps de jouer son rôle sans obérer le potentiel de la culture suivante. Un couvert piège à nitrate peut ainsi être détruit dès la mi-novembre alors qu’une culture intermédiaire visant à protéger le sol de l’érosion hivernale sera détruite plus tard, en sortie d’hiver. Par exemple dans un sol léger qui peut être travaillé au printemps avant un maïs.

Autre facteur d’influence, la sensibilité du couvert joue dans les deux sens : soit pour adapter le mode de destruction à la sensibilité de l’espèce, soit pour choisir l’espèce en fonction du mode de destruction. Le développement du couvert joue également : s’il est bien développé, il est paradoxalement plus facile à détruire que ce soit par le gel, le roulage, un travail superfi ciel voire un broyage.

Autre avantage, un couvert bien développé entre en forte concurrence avec les adventices comme les repousses et laisse donc un sol propre lors de sa destruction.

Des contraintes réglementaires restreignent localement l’usage d’herbicide sur les couverts.

Le gel est très imprévisible

L’idéal est de laisser le couvert geler. Mais, le gel à des températures assez basses s’avère assez aléatoire et parfois trop tardif. Sarrasin, tournesol et niger sont les espèces les plus sensibles, les couverts les plus développés sont également les plus sensibles. Mais gare au degré de salissement de la parcelle : les adventices et les repousses de blé sont peu gélives… La moutarde a une sensibilité intermédiaire avec des destructions obtenues entre -5° et -10°, selon le développement du couvert.

Climat local, date de destruction souhaitée et sensibilité de l’espèce se combinent pour décider si on peut compter sur le gel ou s’il faut privilégier un autre moyen de destruction. Le glyphosate assure une destruction très rapide et peu coûteuse, en particulier pour les graminées. Sur les dicotylédones, l’efficacité du traitement s’améliore avec un roulage juste avant l’application ou avec l’adjonction de 2,4D. Mais son emploi impose un délai avant l’implantation de certaines cultures. Et des contraintes réglementaires (Directive nitrate en zones vulnérables) res-treignent localement l’usage d’herbicide sur les couverts.

Tableau 1 : Date conseillée de destruction des couverts, en fonction du sol et de la culture suivante.
Il faut se référer à la directive nitrate de son département pour déterminer à partir de quelle date la destruction d’un couvert est autorisée.


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Le roulage : seulement sur sol gelé

Pratiqué sur un sol gelé pour éviter tout tassement du sol sous les roues, le roulage garde le sol recouvert de résidus. Il est assez efficace dès les petites gelées (-2 °C) sur de nombreuses espèces gélives. Mais il agit peu sur les couverts peu gélifs, les graminées adventices et les repousses de blé. Même s’il est assez rapide et peu couteux, son intérêt disparaît en absence de gel : il impose donc des contraintes sur l’organisation du travail (intervention le matin ou la nuit du gel). Le roulage convient mal aux destructions précoces car le gel ne survient parfois que tardivement, en janvier-février.

Comme le roulage, le broyage laisse en surface des résidus qui protègent le sol mais attention au tassement sous les roues. Bien adapté pour certaines espèces comme les moutardes qui atteignent des tailles gênantes pour l’utilisation d’autres outils, le broyage reste couteux malgré sa facilité de mise en oeuvre.

Adapter les conditions d’un labour d’hiver

Le retournement du sol par un labour d’hiver peut également détruire le couvert, sans passage supplémentaire pour ceux qui sont dans cette stratégie. Cependant, après l’enfouissement, quelques pieds peuvent repartir via leur organe de réserve. C’est parfois le cas avec le radis ou la navette. Et des couverts très hauts peuvent provoquer des bourrages comme des moutardes faisant plus de 75 cm. Une phacélie est moins gênante : elle est moins haute, même si elle produit autant de biomasse. Il est aussi possible de broyer ou de déchaumer le couvert avant le labour.

Enfin, des solutions mécaniques, encore artisanales, consistent à coucher le couvert devant le tracteur ou la charrue et à enlever les rasettes afin de l’enfouir plus facilement en un passage. Le labour est alorssans doute moins « esthétique » avec quelques tiges qui dépassent de la surface, mais plus pertinent d’un point de vue agronomique, car les résidus sont plaqués sur le flanc du labour, plutôt qu’en fond de raie.

Le déchaumage pour faire d’une pierre deux coups

Utiliser un outil de déchaumage assure en une fois deux actions : la destruction de la culture intermédiaire et la préparation du futur lit de semences en techniques sans labour. Les terres ressuient alors un peu plus rapidement en surface en sortie d’hiver. Il exige cependant des espèces gélives et des conditions d’intervention ressuyées : une intervention précoce d’automne est par exemple la bienvenue. Sur un sol plastique, il faut craindre la création de grosses mottes et d’une semelle de travail. Enfin, le rouleau du déchaumeur devient aussi très vite limitant…


La réglementation restreint localement l'usage du glyphosphate pour la destruction du couvert.
Cela ne concerne pas les applications réalisées juste avant le semis de la culture suivante
qui visent à détruire les adventices restantes.

Téléchargez ARVALIS - CETIOM Infos septembre 2013 "Céréales et colza : la prévention au premier plan", dont cet article est extrait.

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