En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Inondation d’une parcelle de maïs en mai 2020 en Poitou-Charentes Messagerie Ouest

Céréales : quels préjudices envisager après les pluies orageuses ?

14 mai 2020

Alors que les conditions climatiques depuis le début de la campagne ont déjà déstabilisé la conduite des cultures, les pluies orageuses enregistrées ces derniers jours apportent des inquiétudes supplémentaires. Le maïs et les céréales à paille de printemps, semées généralement tardivement, sont particulièrement exposés aux dégâts.

L’épisode pluvieux du week-end des 9 et 10 mai, spectaculaire de par son intensité, (localement plus de 100 mm, voire de la grêle), a de nouveau provoqué un engorgement des sols. En conséquence, de nombreuses parcelles se retrouvent totalement ou partiellement ennoyées.

Carte 1 : Cumuls de précipitation entre les 8 et 11 mai 2020 (en mm)

Quelles conséquences sur les maïs ?

Concernant les maïs, l’excès d’eau est comparable à une sécheresse, la culture n’est plus en mesure d’assurer ses échanges respiratoires et s’asphyxie. Le pronostic dépend de la durée de l’ennoiement et du stade de la culture : au-delà de 48 h de submersion totale, les chances de reprise de la culture sont infimes, notamment pour les maïs les plus jeunes (levée à 2-3 feuilles) qui peuvent dépérir rapidement. Une fois l’eau retirée, les plantes encore viables auront un développement ralenti et risquent d’exprimer des symptômes de jaunissement, voire de rougissement.

Une autre conséquence, généralement observée suite à l’ennoiement à des stades auxquels se trouvent actuellement les maïs dans la région : le développement de mildiou, dont l’expression la plus spectaculaire s’exprime après la floraison par la prolifération désordonnée de feuilles autour des organes reproducteurs du maïs.

Une fois l’eau retirée et les sols suffisamment ressuyés, un binage des parcelles peut s’avérer bénéfique pour casser les croûtes de battance qui se seront formées et favoriser la reprise du maïs.

Et sur les céréales à paille ?

Les conditions extrêmement pluvieuses observées au cours de l’automne dernier ont fortement impacté les semis de céréales d’hiver. Cela a entraîné une augmentation des surfaces semées en céréales de printemps (orge de printemps principalement) et un retard important (historique ?) dans les semis de blé dur. Ces derniers, dont les semis sont achevés depuis peu, se trouvent encore à des stades très jeunes (les levées ayant été retardées par les conditions sèches d’avril). Dans le cas de plantes encore non sevrées (entre germination et 3 feuilles), 24 à 48 h en immersion seront préjudiciables à leur survie. Les plantes ayant atteint ou dépassé le stade tallage peuvent supporter sans trop de conséquences des ennoiements plus longs. A partir d’épi 1 cm, l’ennoiement peut impacter le rendement plus ou moins fortement selon sa durée : il accentue alors la régression des talles les moins développées. A partir de dernière feuille étalée (DFE) et tout au long de la formation des grains, un ennoiement même assez passager peut avoir un impact sur la fertilité des épis.

Adapter la conduite des cultures

Même si les maïs ne se trouvent pas submergés, la présence d’eau pendant une longue période au niveau des racines pourra engendrer des conséquences d’asphyxie comme évoqué plus haut.

Vis-à-vis du désherbage, il ne faut pas attendre d’efficacité complémentaire des produits racinaires appliqués avant ces fortes pluies. Avant d’envisager de nouvelles interventions herbicides, il sera nécessaire d’attendre - en plus du retour de la portance des sols - que les maïs retrouvent de la vigueur.

La pression des limaces, déjà importante depuis le début de la campagne, ne risque pas de faiblir rapidement. Rappelons qu’au-delà du stade 6 feuilles, la sensibilité de la culture diminue fortement.

Concernant la fertilisation azotée, le drainage qui s’opère sur les parcelles peut lessiver une partie de l’azote qui a été apporté avant les pluies. En marais, les pertes pour des apports de 150 à 200 kg N/ha peuvent être de 15 à 20 kg N/ha pour des cumuls de pluies de 150 mm ; en groies superficielles, elles peuvent atteindre 25 à 30 kg N/ha pour des scénarios équivalents. Ce sont surtout les pertes dues au ruissellement après des apports très récents (réalisés après le 1er mai) qui peuvent être importantes et qui sont impossibles à chiffrer. Pour les apports réalisés sur des céréales à paille développées (apports DFE/épiaison) avec des quantités engagées plus faibles, le fait que les sols étaient moins réhumectés avant les pluies et que l’enracinement des cultures était plus développé permet de limiter plus fortement les risques de pertes. Ces derniers ne dépasseront pas dans ces situations quelques kilogrammes d’azote par hectare.

Dans ces conditions, il faudra être d’autant plus vigilant à ce que le solde de fertilisation soit apporté dans les meilleures conditions pour en garantir l’efficacité.

Comme indiqué précédemment, un binage des parcelles ne pourra être que bénéfique une fois que les conditions le permettront.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10