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Risque gel sur céréales Messagerie Hauts-de-France

Peu de conséquences à craindre des gelées sur céréales à paille

15 avril 2021

Au regard du stade de développement et des températures relevées dans la région, il convient de relativiser les conséquences du coup de froid de la semaine dernière sur les céréales.

Des températures négatives après une semaine chaude

Entre le 5 et le 8 avril, une chute marquée des températures a frappé la région, en lien avec un écoulement d’air froid venu du Nord accompagné de vents de nord. Les températures sont généralement descendues autour de -2/-4°C, et parfois jusqu’à -7°C ponctuellement dans l’Oise (tableau 1).

Figure 1 : Températures minimales enregistrées entre le 5 et le 8 avril 2021

Figure 2 : Températures journalières entre le 29 mars et le 9 avril 2021 – station Météo de Beauvais-Tillé (60)

Tableau 1 : Températures minimales relevées entre le 6 et le 8 avril sur différentes stations météo

(source : données ARVALIS / Météo France)

Une particularité de cette vague de froid et qu’elle intervient juste après une séquence de températures chaudes. L’impact de cette alternance de températures est difficile à déterminer mais il ne semble pas évident que l’épisode de forte chaleur ait fragilisé les cultures au froid.

Sur la région, cet épisode de froid intervient alors que les céréales d’hiver (blé et orge) ont entamé leur montaison. La plupart des parcelles avaient atteint le stade épi 1 cm, voire le stade 1 nœud pour près de la moitié des parcelles d’orge d’hiver.

Les orges de printemps, semées entre mi-février et début mars dans notre région, étaient encore à des stades entre levée et 3 feuilles.

Gel d’épi : quels sont les risques pendant la montaison ?

Le seuil connu de -4°C (sous abri) est un seuil d’alerte et non de dégâts systématiques.

En plaine, une fois passé l’endurcissement hivernal, la résistance des céréales au gel lors de la montaison se situe plutôt aux alentours de -6/-7°C.

Par ailleurs, d’un point de vue physiologique, les dégâts de gel ne sont pas systématiques car le blé possède plusieurs mécanismes d’échappement à la prise en gel de ses tissus avec par exemple les phénomènes de surfusion (la température des tissus descend bien en dessous de -5°C, sans gel des cellules).

Les dégâts liés au gel dépendent du stade des céréales :

• Autour de 2-3 feuilles, l’apex est encore protégé par le sol, et donc moins soumis aux variations de températures. Les orges de printemps sont aujourd’hui à ce stade : même si les plantes sont jeunes et peu résistantes au froid, il est probable que le plateau de tallage n’ait pas subi de températures destructives. Par contre, les feuilles peuvent être détruites par le vent et le gel.

Si les feuilles présentes sont nécrosées, attendre l’apparition de nouvelles feuilles pour confirmer la reprise de végétation des plantes (délai : environ 1 semaine).

• Entre épi 1 cm et 1 nœud, le gel peut provoquer la destruction de quelques épillets au sommet de l’épi et aller jusqu’au gel total de l’épi. Lorsque l’apex est détruit, il peut entraîner le pourrissement de la base de la dernière feuille qui jaunit.

En cas de gel total de l’épi, la tige régresse et les talles plus jeunes poursuivent leur croissance au retour de conditions propices. A l’épiaison, les épis ne seront pas tous à la même hauteur car les tiges seront montées à des dates très décalées.

L’épi gelé s’observe en coupant la tige dans sa longueur : il va rapidement perdre son aspect brillant et turgescent et apparaître blanc/desséché voire marron/nécrosé.


Observation d’épis dans la gaine début montaison
 : les épis sont brunâtres et difformes. Crédit : UCATA

Lorsque l’épi est détruit, les nouvelles feuilles émises peuvent se nécroser rapidement. Ce phénomène peut être le symptôme évident justifiant l’observation de l’épi.


Dégât foliaire du gel.

Peu d’impacts à prévoir

• Les blés tendres et orges d’hiver devraient présenter relativement peu de dégâts (apparition localement dans les zones les plus froides et plus exposées ou sur les parcelles plus avancées).

• Les orges semées au printemps ne devraient pas présenter de dégâts, hormis quelques symptômes foliaires.

• Les orges de printemps semées à l’automne sont les céréales les plus sensibles à cette vague de froid puisque les stades sont plus avancés.

On peut craindre des dégâts ponctuels sur les céréales à paille mais pas d’accident généralisé. Les cultures sont bien implantées et le tallage correct. Les talles secondaires sont à des stades moins avancés que le maître-brin ; en cas de conditions hydriques et azotées favorables, elles peuvent compenser.

Si les cultures sont impactées, on verra assez rapidement apparaître des nécroses foliaires puis de potentiels symptômes sur épis d’ici 1 à 2 semaines.

Pour un premier diagnostic, on peut ouvrir les tiges et observer si l’épi est desséché/ nécrosé.

Une vraie estimation des dégâts liés au gel ne sera possible qu’à épiaison-floraison.

La disparition progressive des gelées, va permettre la reprise de croissance des cultures. Si la culture est bien implantée, le possible impact du gel ne devrait pas causer de tort à terme.

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