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Epis blancs de blé tendre liés au piétin-échaudage en juin 2021 en Lorraine Messagerie Lorraine

Coup de chaud sur blé mi-juin : les épis blancs sont-ils dus au piétin échaudage ?

01 juillet 2021

Après la canicule qui a sévi mi-juin, des foyers d’épis blancs ont pu être observés dans les parcelles de blé tendre, mais aussi le long d’andains de paille. Des symptômes qui pourraient indiquer la présence de piétin échaudage, favorisé par un hiver doux et humide, des implantations précoces et des semis de blé sur blé (en remplacement du colza) assez significatifs.

Le piétin échaudage constitue le principal risque parasitaire des rotations céréalières et de blé de blé, avec des pertes pouvant atteindre jusqu'à 50 % du rendement. Le champignon du sol en cause, Gaeumannomyces graminis, survit durant l’interculture sur des résidus de plantes-hôtes avant de contaminer les racines des cultures-hôtes implantées à l’automne. L’obstruction des vaisseaux conducteurs de sève par le champignon provoque un défaut d’alimentation de la plante initiant un échaudage précoce des épis. Du 12 au 21 juin 2021, les températures extrêmes souvent supérieures à 25°C ont mis en évidence cet échaudage.

Pour s’assurer aujourd’hui de la présence de piétin échaudage dans une parcelle et choisir les leviers appropriés, plusieurs symptômes permettent de l’identifier et de le différencier du piétin-verse.

Des épis blancs échaudés en foyers ou le long d’andains de paille

La maladie devient bien visible sur la partie aérienne à partir du remplissage suite à l’échaudage des épis devenus blancs.



Sur la photo d’une parcelle de Saint-Hilaire-en-Woëvre (54), l’échaudage des épis est en foyers de plus ou moins grande taille. Sur une même plante, tous les épis sont généralement échaudés puisque la maladie attaque les racines.

La pression peut être plus importante sur les andains de paille. Les repousses, les résidus de culture et les menues pailles favorisent la survie du piétin échaudage à l’interculture (sans hôte, le champignon ne survit pas plus de deux à trois ans).

Des racines nécrosées allant jusqu’au manchon noir



La photo illustre le système racinaire d’un blé à Saint-Hilaire-en-Woëvre semé précocement (26 septembre 2020). Celui-ci est superficiel et comporte de nombreuses zones nécrosées. Les racines peuvent être entièrement ou partiellement nécrosées. Un important manchon noir au niveau du plateau de tallage (visible en fin de cycle) ne laisse pas de doute sur la présence de piétin échaudage.

Recommandation d’observation

Dans la parcelle, prélever les plantes suspectes à l’aide d’une bêche pour préserver le système racinaire. Laver soigneusement les racines dans un seau d’eau avant d’observer les racines blanches (saines) ou noires (contaminées).

Figure 1 : Les clés de différenciation entre le piétin échaudage et le piétin-verse

Les leviers de gestion à favoriser et les erreurs à éviter

La rotation : limiter les cultures céréalières hôtes et amplificatrices (maïs, ray-grass)

Une gestion de rotation sans culture-hôte intermédiaire permet de gérer la maladie en deux à trois ans. Parmi les cultures non hôtes, on peut retrouver le colza, le tournesol, la pomme de terre, la betterave, l’avoine et le sorgho.

Attention, certaines cultures sont amplificatrices comme le maïs et le ray-grass : elles ne sont pas contaminées par le champignon, mais favorisent une flore de micro-organismes qui lui sont favorables.

Éviter les cultures-hôtes à l’instar du blé dur, du blé tendre, de l’orge, du triticale, du seigle, par ordre croissant de sensibilité. D’autres espèces sont également hôtes : le vulpin, le chiendent, les graminées prairiales.

Date de semis et Latitude XL : tout se passe au semis

Le décalage de la date de semis permet de limiter la contamination primaire du champignon durant l’automne en se rapprochant plus rapidement des températures froides freinant son développement.

En ce qui concerne la lutte directe, le traitement de semences Latitude XL à base de silthiofam reste la meilleure option (comme son prédécesseur Latitude). L’efficacité est proche de 50 %, mais permet un gain significatif de rendement : +13 q/ha dans les synthèses d’essais des territoires habituellement touchés. Associé à une date de semis décalée, ce gain monte à 17,8 q/ha.

Figure 2 : Impact du décalage de la date de semis et du traitement de semences sur le piétin échaudage (synthèse de trois essais dans l’Ouest en 2016-2017)

L’apport de chaux à l'interculture est à éviter avant l’implantation de la céréale en cas de présence de piétin échaudage, la remontée trop rapide du pH déséquilibre la flore antagoniste du champignon. Pour gérer la maladie dans la rotation et éviter les plantes-hôtes, la gestion du désherbage (vulpin culture-hôte) est importante en culture et en interculture. Une interculture de moutarde ne présente pas de contre-indication. Dans les situations où la paille n’est pas exportée, veiller à la broyer finement et la répartir de façon homogène pour accélérer la dégradation et limiter l’inoculum de la maladie.

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