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08arvalis_nc2147 Maladies du blé

Construire sa stratégie de protection : les repères pour 2015

11 décembre 2014

La région, la variété et le climat de l’année sont les trois paramètres à suivre pour ajuster le nombre et la dose des traitements fongicides. Voici quelques repères pour construire une protection de qualité en 2015.

Un programme fongicide s’élabore en premier lieu selon la nuisibilité des maladies attendue dans sa région et la sensibilité des variétés cultivées. Ensuite, ce programme prévisionnel pourra être ajusté en cours de campagne au vu des conditions climatiques de l’année.

Quelle enveloppe fongicide pour 2015 ?

A titre de repère, la dépense fongicide moyenne sur blé tendre s’est établie en 2014 à 87 €/ha, contre 80 €/ha en 2013. Cette hausse est principalement due à l’augmentation du nombre de passages en réponse à la pression rouille jaune.

Il est naturellement difficile de prévoir le scénario parasitaire et les cours du blé au printemps prochain, aussi nous avons retenu un prix du blé à 16 €/q pour estimer une dépense fongicide optimale à prévoir pour 2015. A chacun de l’augmenter ou de le diminuer selon ses convenances. Partant de cette hypothèse, une dépense de 70 € apparaît comme une enveloppe repère pour faire face à une pression foliaire moyenne (de l’ordre de 20 q/ha). Pour 10 q/hade nuisibilité, l’investissement à envisager sera de l’ordre de 41 €, et de 100 € si les dégâts dus aux maladies dépassent 30 q/ha.

Consultez le tableau des enveloppes-pivot selon le prix du blé et la nuisibilité attendue.

Si ces repères sont utiles pour préparer sa stratégie de protection contre les maladies, il faudra au final prendre en compte le contexte de la saison et les conditions climatiques qui influent sur le développement des maladies pour ajuster en cours de campagne à la hausse ou à la baisse, les programmes de base bâtis a priori.

Attention, ces repères valent pour les pertes occasionnées par les maladies foliaires, c'est-à-dire septoriose et rouille brune. Si d’autres maladies plus secondaires ou occasionnelles, comme le piétin verse, la rouille jaune (précoce), l’oïdium ou la fusariose sur épis venaient s’y ajouter, la dépense devra intégrer ces risques et évoluer en conséquence

Quelques repères de construction

Diversifier les modes d’action

Pour minimiser les risques de résistance, il est préférable de se limiter à une seule application de SDHI (Adexar…) par saison. Dans les situations agronomiques où la pression parasitaire est la plus forte, renforcer la dose en privilégiant plutôt le T2 , peut être une alternative.

Cette recommandation est également valable pour le prochloraze et les strobilurines. Quant aux triazoles, il faut également éviter si possible d’utiliser 2 fois la même matière active par campagne.

Les traitements en T0 (stade épi 1 cm)

Sur rouille jaune uniquement, les produits à base de triazoles (ou double triazoles) ont une efficacité très satisfaisante à ce stade. Ils peuvent être complétés éventuellement par une strobilurine. Plus que le produit, c’est le délai entre deux interventions qui est important. Avec une pression comme celle observée en 2014, les produits ne dépassaient pas 20 jours de protection.

Les traitements en T1 (1 à 2 nœuds)

Sur septoriose, les triazoles sont proposés de préférence associés avec du chlorothalonil pour renforcer leur efficacité sur cette maladie. Le chlorothalonil étant un fongicide multisites, il présente un risque de résistance limité. Les triazoles peuvent également être associés au prochloraze en ciblant davantage les régions du Centre-Ouest, et du Sud-Ouest où il présente encore un fort intérêt.

En cas de risque piétin verse, le choix de variétés résistantes restent la meilleure option. Si un traitement s’avérait absolument nécessaire, l’association de métrafénone et de cyprodinil nous semble la solution la plus adaptée aux situations où le piétin verse est très présent.

Les traitement en T2 (dernière feuille à épiaison)

En complément des triazoles, les SDHI et/ou les strobilurines trouvent leur place en T2, du stade dernière feuille au stade épiaison.

Sur septoriose, pour les régions de la bordure Atlantique et le Sud-Ouest, l’adjonction de prochloraze renforce généralement l’efficacité des triazoles, et constitue une alternative aux SDHI en T2.

C’est un traitement majeur dans la protection foliaire, selon les régions il peut intervenir en premier traitement comme en deuxième. C’est un traitement " pivot " positionné entre le stade dernière feuille et l’épiaison.

C’est un traitement avec une base triazole sur lequel on associe un SDHI et éventuellement une strobilurine en fonction du risque des rouilles.

Pour les régions et les variétés où la rouille brune est la préoccupation majeure, parce que particulièrement difficile à contrôler, un produit associant un triazole eu une strobilurine peut suffire à maitriser le développement de la rouille.

Les traitements en T3 (Floraison)

A ce stade, il faut éviter l’azoxystrobine et la picoxystrobine pour toutes les situations agronomiques où le risque fusariose est avéré et pour lesquelles l'objectif de qualité sanitaire est prioritaire. Préférer dans ce cas un triazole anti-fusarium seul ou éventuellement Swing gold ou Fandango S. Les résultats acquis récemment ont montré que les effets négatifs observés sur la qualité sanitaire, du fait de l’utilisation des strobilurines à la floraison, étaient généralement absents ou peu marqués avec les molécules présentes dans ces deux dernières spécialités. Actuellement, les triazoles les plus performants sont le prothioconazole et dans une moindre mesure le tébuconazole et le metconazole.

Retrouvez les efficacités par maladie des principaux fongicides ou associations utilisables sur blé.

Consultez les exemples de programmes pour votre région dans le guide « Choisir & Décider – Céréales à paille – Interventions de printemps »

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