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CEREALES / Gestion des herbicides : consommez les inhibiteurs d’ALS avec modération

09 novembre 2011

Aussi présents sur les oléagineux, les herbicides antidicotylédones de la famille des inhibiteurs d’ALS sont désormais autorisés sur toutes les cultures. Leur succès risque d’accélérer l’apparition de dicotylédones résistantes. Ils doivent donc être consommés avec modération.

Sommaire :

► Alterner les modes d’action
► Traiter les adventices jeunes
► Les faux semis pour limiter les herbicides

Après avoir conquis les champs de tournesol dès 2009, les herbicides de la famille des inhibiteurs de l’acétolactate synthase (ALS) vont arriver sur colza en 2012 (voir encadré). Utilisés en post-levée, ils permettent de résoudre des difficultés voire des impasses techniques face à certaines dicotylédones dans les cultures d’oléagineux comme les crucifères et le géranium. Dans les tournesols, ils sont particulièrement appréciés contre l’ambroisie, le xantium, le datura, les tournesols sauvages et le liseron des haies.
Mais ce type d’herbicides est déjà autorisé sur de très nombreuses cultures : maïs, betterave, pois et céréales à paille. Une omniprésence qui rappelle celle qui a conduit à l’apparition, au début des années 2000, de graminées insensibles aux inhibiteurs de l’ACCase type « Fops » et « dimes ».

Les géraniums, problématiques en colza, sont très bien contrôlés en céréales par d’autres modes d’action que les ALS. 


Alterner les modes d’action

Chez les dicotylédones, les premiers signes de résistance aux inhibiteurs de l’ALS sont déjà apparus en France depuis 2009. Ils concernent des coquelicots dans des parcelles conduites en monoculture de blé. En 2010, un cas de matricaire a été diagnostiqué. L’amarante réfléchie et la moutarde blanche font aussi de la résistance chez certains de nos voisins européens. Dans le monde, plus de 70 espèces de dicotylédones présentent des populations résistantes à cette famille. Pour s’en sortir, la seule solution consiste à limiter la pression de sélection en alternant les modes d’action, dans les cultures comme dans la rotation. En complément, l’agronomie vient prendre le relais pour limiter les levées d’adventices en culture (faux semis à l’interculture, décalage des semis, binage).

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Traiter les adventices jeunes

Pratiquement toutes les surfaces de céréales à paille sont désormais traitées avec des inhibiteurs de l’ALS, que ce soit des antidicotylédones strictes ou des antigraminées, au mode d’action similaire : la pression de sélection sur les adventices est donc au maximum. Les programmes de désherbage doivent donc évoluer pour prévenir les résistances, d’autant que d’autres modes d’action s’avèrent aussi efficaces sur les dicotylédones à condition d’être appliqués sur des adventices jeunes. Plus le stade de l’adventice est avancé, plus le spectre d’efficacité d’un herbicide se réduit : les semis précoces doivent donc être désherbés dès l’automne et les semis tardifs dès la sortie de l’hiver.
Chaque herbicide a son point fort : si les inhibiteurs de l’ALS sont particulièrement efficaces sur les stellaires et les matricaires, ils le sont moins sur les véroniques et les pensées, mieux contrôlées par des produits de contacts comme le bifénox, la carfentrazone, l’ioxynil ou le bromoxynil. Réaliser un mélange à base d’inhibiteurs de l’ALS uniquement est donc injustifié (comme par exemple : Atlantis + Harmony + Primus afin de gérer une flore de vulpin, véronique, pensée, gaillet).

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Les faux semis pour limiter les herbicides

Désherber tôt élargit la palette d'herbicides disponibles pour contrôler les adventices. 

 

A plus long terme, la technique du faux-semis peut limiter le recours aux herbicides. Elle convient bien contre les adventices dont la période de levée coïncide avec l’intervention. Début août, Il est possible de faire lever le ray-grass ou l’ambroisie. Un déchaumage début septembre peut jouer sur vulpins, crucifères, véroniques de Perse par exemple. Mais l’impact de cette technique sur les dicotylédones semble moins important que sur graminées.
Décaler le semis de la culture compléte les effets du faux semis. Cette méthode a démontré son efficacité sur le tournesol pour lutter contre l’ambroisie. Enfin, le binage devrait se généraliser, tant son action curative est efficace, notamment sur le tournesol. Les géraniums, problématiques en colza, sont très bien contrôlés en céréales par d’autres modes d’action que les ALS.

Deux nouveaux inhibiteurs de l’ALS en 2012

En 2012, deux nouveaux produits de la famille des inhibiteurs de l’ALS vont être commercialisés. BASF Agro annonce le développement de la technologie Clearfield sur des variétés de colza tolérantes à l’imazamox. L’herbicide utilisé associera cette molécule ALS, le métazachlore (mode d’action racinaire - groupe HRAC K3) et le quinmérac (groupe HRAC O), pour un spectre antidicotylédones et antigraminées. DuPont Solutions annonce le développement de l’éthametsulfuron-méthyl, sulfonylurée sélective du colza, à spectre antidicotylédone. Cette substance active à utiliser en mélange avec un produit racinaire (métazachlore avec ou sans quinmérac) peut succéder ou non à une application de prélevée. En mélange avec du métazachlore, cette solution limitera par exemple la pression sur la matricaire. Néanmoins, sur les crucifères comme les géraniums, les substances actives utilisées en complément des inhibiteurs de l’ALS sont insuffisantes. Or, si ces adventices sont aussi désherbées par cette famille dans les céréales de la rotation, la pression de sélection est continue. La stratégie durable associera un traitement en pré semis ou prélevée à action complémentaire sur le colza et un programme d’automne sur les céréales afin d’alterner les substances actives (tableau 2).







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