Gel sur blé à montaison Messagerie Poitou-Charentes

Conséquences possibles des gelées récentes sur les céréales à paille

07 avril 2022

La chute brutale des températures, survenue entre le 1er et le 4 avril dernier après une brève période quasi-estivale, intervient sur des céréales en pleine montaison.

La plupart des céréales d’hiver de la région étaient au stade 1 à 2 nœuds la semaine dernière. Les parcelles les plus avancées avaient atteint le stade dernière feuille pointante (DFP).

Pour les parcelles au stade 2 nœuds, l’impact de ces gelées devrait être relativement limité, compte tenu du stade et de l’intensité des gelées, restée modérée dans la région. Toutefois, des dégâts pourraient être observés sur les quelques parcelles les plus précoces ayant atteint le stade DFP ou pour les situations particulières ayant connu des gelées intenses (< -5/-6°C). Attention, les dégâts potentiels seront difficilement observables avant une semaine minimum. Quant aux éventuels incidents de fertilité, ils ne seront visibles qu’après la floraison.

Des températures minimales autour de -2/-4°C

Les températures sous abri les plus basses enregistrées n’ont que ponctuellement dépassé les -5°C (surtout les 3 et 4 avril). Sur une part importante de la région, elles avoisinent -2 à -3°C. D’autre part, cet épisode de froid est intervenu sur une végétation sèche, avec de bons rayonnements pour la saison.

Il est possible que certaines situations culturales puissent subir plus fortement l’impact du gel. Le stress hydrique rend les plantes moins rapidement gélives. En revanche, l’irrigation peut fragiliser la plante en augmentant la teneur en eau des tissus et l’effet rafraîchissant de l’évaporation, notamment si les stades sont avancés (de dernière feuille pointante à étalée).

Carte 1 : Températures minimales enregistrées entre le 30 mars et le 4 avril 2022
Températures minimales enregistrées entre le 30 mars et le 4 avril 2022

Des risques variables selon le stade des céréales au moment du gel

Les conséquences de ces gelées dépendent de leur intensité et du stade des cultures lors de leur survenue et il est très difficile de les chiffrer. Les repères de risque retenus par ARVALIS doivent être considérés comme des seuils d’alerte et non des seuils de dégâts systématiques.

Les conditions d’apparition du froid ou du gel au champ sont aussi très variables et évidemment très différentes de ce qui pourrait être expérimenté en conditions contrôlées. Or, ce sont ces mesures standardisées qui sont utilisées pour déterminer les seuils de froid. On peut s’accorder sur les éléments ci-dessous, et il est primordial d’aller observer les plantes aux périodes mentionnées.

Tableau 1 : Risques possibles selon le stade de la céréale et l’intensité du gel
Risques possibles selon le stade de la céréale et l’intensité du gel

Rappels des derniers épisodes de gelées tardivesEn 2017, des épisodes de gelées tardives – les 21 et 27 avril - ont marqué les esprits. Leur ampleur était similaire (quelques postes météo dépassant les -4°C), mais avec présence de givre et de glace notable, et elles sont arrivées sur des céréales beaucoup plus avancées en particulier sur les orges d’hiver qui étaient entre sortie de la dernière feuille et épiaison. En 2021, l’épisode de gel des 7 et 8 avril est également arrivé au moment où les céréales étaient à 2 nœuds, avec au final des dégâts limités.

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