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Des vaches laitières à l’auge, mangeant du maïs fourrage à bonne valeur énergétique Alimentation animale

Connaître la valeur énergétique du maïs fourrage

18 octobre 2018

La composition chimique d’un maïs fourrage permet de calculer sa valeur alimentaire ; sa valeur énergétique est évaluée d’après des modèles récemment réajustés. Connaître la provenance de cette énergie est essentiel pour bien ajuster la ration.

Le bulletin d’analyses fournit les données relatives à la qualité nutritive d’un maïs fourrage. Il présente ses valeurs de composition biochimique, mesurées en laboratoire ou estimées par spectrophotométrie infrarouge. Ces informations servent à calculer les composantes de la valeur alimentaire de l’aliment (UF, PDI, UE) en utilisant des équations préalablement établies à partir d’essais sur animaux.

La matière sèche (MS) se compose de matières organiques (MAT, amidon, fibres végétales) et minérales (cendres). Les matières minérales représentent environ 4 % de la MS du maïs fourrage et n’apportent pas d’énergie pour l’animal. La plante entière contient en moyenne 32 % d’amidon et 45 % de fibres végétales NDF. Quand les maïs sont récoltés à un stade tardif, l’amidon des grains est majoritairement vitreux. Il est de ce fait nettement moins digestible. Il en va de même pour les fibres végétales, alors plus lignifiées et elles aussi moins digestibles.

La digestibilité enzymatique de la matière sèche (ou DCS, établie par la méthode « Aufrère ») correspond à la digestibilité mesurée en laboratoire, en faisant agir une enzyme qui dégrade partiellement les fibres cellulosiques. Cette mesure reste indispensable pour apprécier précisément la digestibilité réelle du maïs fourrage.

Les équations de la valeur énergétique évoluent

Les critères de valeur alimentaire (UF, PDI, UE) sont calculés à partir de la composition chimique du fourrage.

Suite à l’évolution récente du matériel végétal, des conditions et des pratiques de récolte, des travaux de recherche sur l’évaluation de la valeur alimentaire du maïs fourrage ont été menés, de 2010 à 2015, par ARVALIS et l’Inra, en collaboration avec l’UFS-Section maïs et la FNPSMS. Ils ont abouti à la mise à jour des équations de prévision de cette valeur alimentaire.

La valeur énergétique du maïs fourrage (UF) est calculée à partir de la digestibilité de la matière organique (dMO). La dMO est prédite, en France, en se basant sur l’équation « Modèle 4.2 ». Retenue dans les essais conduits en vue de l’inscription des nouvelles variétés au catalogue, cette équation est aussi utilisée en élevage. Elle permet de prédire la digestibilité du maïs fourrage à partir de la composition chimique du fourrage vert, en se basant notamment sur sa digestibilité enzymatique, mesurée en laboratoire, et sa teneur en matières azotées totales (MAT).

Deux nouveaux critères précisent l’origine de l’énergie

L’énergie apportée à l’animal par l’ensilage de maïs provient de l’amidon et des parois végétales digestibles. Jusqu’alors, la valeur énergétique du maïs était appréciée à partir du seul critère UF. Néanmoins, deux maïs ayant des valeurs en énergie de 0,90 UFL/kg de MS peuvent avoir des profils qui différent totalement sur la part d’énergie apportée par l’amidon ou par les tiges et les feuilles digestibles. Les maïs plutôt riches en amidon devront être complémentés avec des fourrages ou aliments concentrés avec peu, voire pas d'amidon, tels que l’ensilage d’herbe, les pulpes de betterave, les drêches, etc. À l’inverse, des maïs dont l’énergie provient surtout de la partie tiges/feuilles seront complémentés avec des céréales produites sur l’exploitation, telles que l’orge, le blé ou le maïs grain.

Les nouvelles références acquises par l’Inra et ARVALIS sur l’ensilage de maïs permettent de proposer deux indicateurs pour préciser la provenance de l’énergie du maïs fourrage :
- la digestibilité des fibres végétales NDF dans le tube digestif complet (dNDF). La partie digestible des parois végétales NDF est source d’unités fourragères. La partie indigestible ralentit le transit digestif pour améliorer la digestibilité de la ration et favoriser la rumination des animaux. Un équilibre est donc nécessaire entre l’apport de fibres digestibles, pour favoriser la production laitière ou la croissance, et la présence de fibres indigestibles en quantité suffisante pour la santé des animaux et la qualité de digestion.
- la dégradabilité de l'amidon dans le rumen (DT6amidon). Une forte dégradation de l’amidon dans le rumen entraîne la production de protéines microbiennes (source de PDIE) mais engendre aussi des risques plus élevés d’acidose. Elle peut être prévue à partir des teneurs en matière sèche et en amidon du fourrage vert. La quantité d’amidon dégradable dans le rumen est alors calculée en multipliant la teneur en amidon par son taux de dégradation ruminale.

Évolution des PDIE et stade de récolteUne récente étude d’ARVALIS a montré que, pour un maïs récolté à 39 % de MS, l’augmentation de la dégradabilité de l’amidon dans le rumen au cours de la conservation était réelle. Elle doit ainsi être prise en compte. Un maïs fourrage récolté à plus de 35 % de MS gagnera plus de 2 g/kg MS de PDIE après 6 mois de conservation ! Sa valeur PDIE restera cependant inférieure à celle d’un maïs récolté au bon stade.

Trois catégories de maïs ensilé

Pour bien interpréter la valeur énergétique du maïs (en UF), il faut connaître la provenance de l’énergie d’un échantillon de maïs fourrage. Il suffit alors de positionner les résultats d’analyse de laboratoire d’un échantillon en fonction des axes correspondant aux deux nouveaux critères, dNDF et quantité d’amidon dégradable dans le rumen (figure 1). Suivant la principale source d’énergie du maïs, le classement en trois grandes catégories conduira à bien choisir les aliments complémentaires, selon leur teneur en amidon dégradable. Les choix génétiques, la date de récolte et les conditions climatiques sont les principaux facteurs à l’origine de ces types de maïs obtenus à la récolte.


Figure 1 : Diversité de l’origine de la valeur énergétique des maïs fourrage
Étude ARVALIS à partir de 602 analyses de maïs fourrage issues du laboratoire Germ-Services (2015, France entière)

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