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Chardon des champs en fleurs Agriculture biologique

Connaître la biologie des vivaces pour mieux les gérer

14 décembre 2012

En cas de mauvaise implantation des têtes de rotation « nettoyantes », la gestion des vivaces peut être très délicate. En effet, ces adventices se multiplient essentiellement par reproduction végétative, et les interventions mécaniques peuvent aggraver la situation. Il s’agit alors de bien connaître leur biologie afin de choisir des méthodes de lutte appropriées.


Pour lutter contre les vivaces en agriculture biologique, la rotation des cultures avec l’insertion de cultures « nettoyantes » est le principal levier d’action. A titre d’exemple, l’introduction d’une luzerne pendant 2 ans constitue un moyen de lutte efficace contre le chardon des champs. En effet, les fauches successives épuisent les organes souterrains de la vivace. Cependant, la luzerne joue pleinement son rôle de tête de rotation nettoyante que si elle est bien implantée. Or, l’implantation de cette dernière est parfois délicate, ce qui laisse le champ libre aux adventices. Dans ce cas de figure, une solution pour lutter contre les vivaces est de travailler le sol avec des outils de désherbage mécanique adaptés. La connaissance des caractéristiques des vivaces est alors essentielle pour choisir les méthodes de lutte les plus appropriées. Il faut éviter à tout prix de fragmenter les rhizomes. Cette action aurait pour effet de les faire bouturer.

Deux stratégies de lutte sont possibles : la stratégie d’épuisement ou la stratégie d’extraction des organes souterrains. Des exemples concrets de lutte contre les vivaces sont présentés pour 3 espèces fréquemment rencontrées : le chardon des champs, le chiendent rampant, et le rumex à feuilles obtuses.

Chardon des champs : épuiser les organes souterrains

Le chardon des champs est une vivace à drageons « pousses végétatives issues de la racine » de la famille des astéracées (composées). Il colonise le milieu principalement par ses bourgeons racinaires. Ces derniers se transforment en drageons qui à la surface donnent naissance à une rosette ou à des pousses allongées en profondeur. Les racines peuvent grandir de quelques mètres par an et sont donc présentes bien au-delà de la couche arable, ce qui rend leur gestion par extraction inefficace. Ainsi, une méthode mécanique adaptée à cette vivace repose sur une stratégie d’épuisement des organes souterrains. Pour épuiser les pousses de chardons, il faut un outil de travail du sol à l’interculture qui permette de scalper. Ce scalpage stimule le développement de drageons et puise dans les réserves. Cette stratégie est efficace si l’opération de scalpage est réalisée en plein, et si elle est suffisamment répétée (au moins 3 fois à 10-30 jours d’intervalle selon des essais menés en Ile de France – CA 77).

Rumex et chiendent rampant : la stratégie d’extraction est possible

Le chiendent rampant est une vivace à rhizomes (tige souterraine) de la famille des graminées. Il colonise le milieu majoritairement grâce aux ramifications de ses rhizomes. Le rumex à feuilles obtuses est une plante pluriannuelle à bourgeons du collet de la famille des polygonacées. Il colonise en partie le milieu par sa racine pivotante dont le collet contient les bourgeons. C’est la partie supérieure du pivot de cette adventice qui contient les bourgeons. La partie inférieure contient les réserves.

Les organes souterrains de ces deux vivaces ne colonisent que les horizons superficiels. Par conséquent, une stratégie d’extraction du pivot pour le rumex ou des rhizomes pour le chiendent peut s’envisager. Pour les extirper, il faut au moins des outils à dents, et au mieux des outils à dents à dents avec un dispositif qui permette de positionner les organes souterrains en surface au-dessus de mottes (voir tableau 1 ci-dessous). Cette technique nécessite moins de passages que la stratégie d’épuisement par scalpage, mais requiert des conditions séchantes afin que les organes souterrains exposés en surface se dessèchent.

Tout comme le chardon, il est possible de mettre en place une stratégie d’épuisement des organes souterrains de ces deux vivaces. Dans le cas du rumex à feuilles obtuses, l’objectif est de séparer la partie contenant les bourgeons de celle contenant les réserves.


Pour en savoir plus sur la biologie des adventices des grandes cultures, cliquez sur le lien.


Bien choisir ses outils de désherbage mécanique contre les vivaces



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