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Interventions à prévoir au stade épi 1 cm Messagerie Normandie

Conduite des céréales : les interventions à prioriser

19 mars 2020

En cette sortie d’hiver mouvementée, certaines parcelles de céréales n’ont pas encore été désherbées et/ou fertilisées, en particulier pour les semis tardifs. Dans ces situations, comment adapter l’itinéraire technique ?

La douceur et la pluie sont toujours présentes en ce début mars. L’offre climatique de la campagne 2020 est exceptionnelle tant en termes de pluviométrie que de douceur des températures depuis l’automne (figure 1).

Les quantités de pluie cumulées depuis le début du mois sont particulièrement élevées, avec un excès d’eau persistant pour bon nombre de parcelles. L’état d’excès d’eau généralisé à l’ensemble du territoire normand a rendu compliqué, voire impossible, les interventions de désherbage et d’apport d’azote. Dans certains secteurs, tels que l’est du Calvados ou la Manche, des surfaces de blé sont toujours manquantes.

La Manche est le département qui bat des records de cumuls de pluie sur la période s’étalant du 1er octobre au 27 janvier 2020, avec l’Ouest du Calvados. La Seine-Maritime et l’Eure présentent également des cumuls de pluie importants (figure 2). La partie est du Calvados et l’Eure sont les moins touchées par les excès de pluviométrie à l’échelle de la Normandie.

Figure 1 : Position de l’année 2020 en cumul de pluies et de températures moyennes du 1er septembre au 10 mars par rapport à la médiane – Station météo d’Evreux (27)


Figure 2 : Cumul de pluies (en mm) entre le 1er octobre 2019 et le 27 janvier 2020

Interventions de sortie d’hiver : des situations à considérer au cas par cas

Cas des parcelles où aucune intervention n’a été réalisée depuis le semis

Ce cas de figure regroupe les semis tardifs réalisés en conditions humides pour la plupart. Les parcelles sont peu développées et dépassent rarement le stade de fin tallage. Leur salissement est limité mais il faudra penser à désherber avant toute intervention de fertilisation, et ce dès que les conditions météorologiques le permettront. En effet, l’apport d’azote risquerait de profiter aux adventices et rendrait leur contrôle plus difficile.

Concernant l’apport d’azote, il faudra, avant toute intervention, réévaluer le potentiel de rendement afin d’ajuster la dose totale.

Cas des parcelles fertilisées mais non désherbées

Ce cas concerne les parcelles où le sol est peu portant et n’a pas permis la finalisation des interventions d’automne après l’arrivée des fortes quantités de pluie en fin d’année.
Sur ces parcelles, la priorité est désormais de contrôler les populations d’adventices bien développées. Pour rappel, la nuisibilité moyenne des graminées automnales est de l’ordre de 20 à 30 q/ha. Il faudra intervenir dès que les conditions de portance le permettent, et ce avant le deuxième apport d’azote. Quelques solutions herbicides restent utilisables à ce stade (tableau 1)

Tableau 1 : Herbicides utilisables en sortie d’hiver (liste non exhaustive)

Dans le cas de populations résistantes de vulpin ou de ray-grass, la situation est plus compliquée car les produits cités ci-dessus ne seront pas ou très peu efficaces.

Cas des parcelles désherbées mais non fertilisées

Dans les parcelles désherbées à l’automne mais où la portance des sols n’a pas permis de réaliser le premier apport d’azote, il convient d’adapter le fractionnement de la dose totale. Jusqu’au stade épi 1 cm, les besoins en azote sont limités et, dans la plupart des situations, couverts par la minéralisation et les reliquats. Dès le stade épi 1 cm, les céréales entament leur phase de montaison, avec des besoins en azote croissants pour une production intense de biomasse. L’apport d’azote réalisé à partir du stade épi 1 cm jusqu’à 2 nœuds permet d’assurer la montée à épi et la fertilité des épis. Dans ces parcelles, le pilotage des apports d’azote à montaison est nécessaire. Les outils de pilotage ont d’abord été construits pour ajuster la dose en cas d’interrogation sur les fournitures du sol ou sur le potentiel.

• Parcelles n’ayant pas atteint le stade épi 1 cm
Si le premier apport (au tallage) était prévu mais n’a pas pu être réalisé compte tenu des conditions, il n’y a pas de risque de carence : comme le blé est dans l’eau, ses besoins sont limités. En revanche, l’excès d’eau a pu affecter le potentiel de rendement. Par conséquent, il faudra le réévaluer et ajuster la dose prévisionnelle avant tout apport. Si un apport courant tallage était prévu, ne pas reporter la dose sur l’apport épi 1 cm.

• Parcelles ayant dépassé le stade épi 1 cm
Si le stade épi 1 cm a été dépassé, il faudra fertiliser dès que possible. Cependant, il faudra veiller à réestimer la dose totale en tenant compte d’un écart de potentiel de rendement. Le fractionnement pourra se faire au stade 2 nœuds ou avant puis à gonflement.

Cas des parcelles désherbées et ayant eu un apport d’azote

Ce cas de figure est optimal. Il convient de réaliser le deuxième apport d’azote au stade épi 1 cm, s’il n’est pas encore atteint. Si ce stade est dépassé mais que le deuxième apport n’a pas pu être réalisé, intervenir dès que les conditions de portance le permettent, et que les conditions météo sont réunies pour une bonne valorisation de l’azote (15 mm dans les 15 jours qui suivent l’apport).

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