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résistance variétale Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Comment utiliser la résistance variétale dans la protection contre les maladies ?

11 août 2016

La résistance des variétés aux maladies est un levier mis en avant dans la protection des cultures. Dans la pratique, il convient de respecter certains principes que nous rappelle Josiane Lorgeou, responsable du pôle variétés, génétique et semences chez ARVALIS - Institut du végétal.

Perspectives Agricoles : Dans quelle mesure la résistance variétale contribue à la protection des cultures ?

Josiane Lorgeou
 : La résistance des variétés permet de réduire la pression des maladies dans la parcelle ainsi que le potentiel de multiplication des bioagresseurs. Si la variété n’est pas un « bon » hôte pour les champignons ou les virus pathogènes, leur nuisibilité en sera amoindrie. En cultivant des variétés plus résistantes, il est possible d’envisager une réduction de l’usage des produits phytosanitaires, employés en dernier recours. Lorsqu’elle est disponible, la protection chimique des cultures nécessite une ou plusieurs interventions au bon stade et dans des conditions météorologiques parfois difficiles à réunir. La résistance variétale apporte aussi un peu plus de sécurité et de flexibilité dans la conduite des cultures. Toutefois, ce levier a ses limites car les variétés ne cumulent pas les résistances à toutes les maladies, mais aussi parce que les races de pathogènes et leur virulence peuvent évoluer dans le temps. Les contournements de résistance aux rouilles obligent par exemple à actualiser les évaluations des résistances des variétés régulièrement.


P.A. : Quel raisonnement adopter dans le choix variétal ?

J.L. : Au-delà des critères de précocité, de qualité, de rendement et de résistance aux stress abiotiques, le choix du profil de résistance des variétés aux maladies doit se faire en tenant compte, en premier lieu, de la situation de la parcelle. Il s’agit de bien considérer les risques d’exposition aux différentes maladies. À ce niveau, le risque dépend des conditions climatiques de la région ainsi que, pour certaines maladies, du précédent cultural. La stratégie de protection de la culture intervient en second lieu dans le raisonnement du choix variétal.


P.A. : Comment tenir compte de la résistance variétale dans le pilotage des traitements ?

J.L. : Les interventions de protection des cultures sont à adapter aux symptômes observés, ce qui nécessite un suivi régulier des parcelles, et à la résistance de la variété choisie. La décision d’intervenir peut aujourd’hui s’appuyer sur des outils d’aide à la décision, tels que les Bulletins de Santé du Végétal (BSV) ou encore le « baromètre maladies » d’ARVALIS. Le raisonnement des interventions chimiques est important dans un contexte de restriction des matières actives, de diminution des indices de fréquence de traitement (IFT) et de risque de développement des résistances chez les bioagresseurs.


P.A. : La diversité variétale peut-elle réduire les contournements de résistance ?

J.L. : Une meilleure connaissance des mécanismes génétiques de résistance des variétés et de l’agressivité des champignons est nécessaire pour espérer mettre en œuvre des parades aux contournements de résistance. Les résistances qui reposent sur un nombre limité de gènes à « effet fort » peuvent être plus exposées que celles construites sur un grand nombre de gènes à effet plus faible. La diversité des profils de construction génétique de la résistance entre les variétés peut aussi être un atout. Toutefois, prescripteurs et conseillers restent encore à ce jour assez démunis en méthodes opérationnelles de prédiction de ces phénomènes complexes sur lesquels les recherches se poursuivent.


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