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Biologie et méthodes de lutte : le chardon des champs expliqué en vidéo Vidéo

Comment lutter contre le chardon des champs dans les céréales ?

16 juillet 2020

Pour bien gérer cette plante vivace particulièrement tenace, il faut avant tout comprendre sa biologie et mettre en œuvre des moyens de lutte sur le long terme. Explications en vidéo.

D’abord, il faut savoir identifier le chardon des champs.

C’est une plante vivace qui présente des tiges hautes pouvant atteindre jusqu’à 1,5 m. Ses feuilles sont découpées et épineuses.

Le chardon des champs présente deux types de reproduction : par graines et par organes de réserve souterrains.

La floraison débute en juin. Chaque chardon produit des graines, appelées akènes, disséminées par le vent. Seuls 2 à 3 % d’entre elles sont viables, mais elles contribuent à l’introduction du chardon dans de nouvelles parcelles.

Au printemps, apparaît une plantule qui développe très rapidement un système racinaire de réserve.

C’est principalement grâce à ses organes souterrains que le chardon des champs s’étend dans les parcelles. Ce réseau racinaire se développe de plusieurs mètres chaque année et présente des bourgeons, à l’origine des pousses. Au printemps suivant, les bourgeons racinaires les plus proches de la surface du sol émergent.

Le piège, c’est que la destruction de ces pousses entraîne une levée de dormances des bourgeons inférieurs.

Une lutte à mettre en œuvre sans attendre qui s’inscrit dans le long terme

Pour ne pas être dépassé, il est nécessaire de réagir dès l’apparition des premiers foyers.

La gestion des abords et des parcelles voisines (agricoles ou non) reste la meilleure mesure préventive !

Si l’infestation est plus importante, le problème ne se résoudra pas en une seule campagne, mais sur plusieurs années, en maintenant une pression mécanique et chimique pour un épuisement total du système racinaire.

Il existe des produits phytosanitaires autorisés et d’efficacités variables selon les cultures. Chacun de ces produits s’applique à un stade spécifique de l’adventice.

Certaines cultures permettent des applications localisées sans prendre de risques majeurs. Le développement de nouvelles technologies numériques devrait faciliter cette opération dans les prochaines années.

Côté mécanique en culture, seule la bineuse en passage répété peut avoir une action d’épuisement sur l’inter-rang. Il faut viser dans ce cas le stade 3 à 6 feuilles. Cette action à efficacité très variable doit être complétée en interculture.

L’interculture est un moment privilégié pour gérer efficacement le chardon

Historiquement, la gestion des chardons en interculture reposait sur l’application parfois localisée de produits à base de glyphosate associé ou non à une hormone. Aujourd’hui, quelles sont les autres solutions agronomiques ?

Contrairement à la gestion des graminées adventices, la rotation des cultures a un effet plus limité sur le chardon.

Il faudra plutôt miser sur des opérations mécaniques. Réaliser des déchaumages répétés reste le levier le plus performant pour gérer cette adventice, en respectant quelques règles :

- D’abord Intervenir au bon stade, quand les réserves énergétiques de la plante sont au plus bas. Le moment idéal est le printemps, avant l’implantation d’une culture, mais les déchaumages en été, après la moisson d’une culture d’hiver, sont aussi intéressants pour empêcher la reconstitution du système racinaire.

- Travailler toute la surface du sol. Des essais conduits en bio il y a quelques années en région Centre/ Ile-de-France (chambres d’Agriculture, BIOCENTRE, FDGEDA 18…) avaient mis en évidence l’intérêt des outils à patte d’oies et des outils à disques travaillant sur toute la surface du sol. Le développement des plantes restantes serait « boosté » par une moindre concurrence et le travail du sol.

- les déchaumages doivent être impérativement réalisés dans un sol sec. Sinon, le chardon pourrait se repiquer.

- Un travail superficiel est suffisant. Il est illusoire de chercher à atteindre les racines les plus profondes. La gestion du chardon repose sur une stratégie d’épuisement.

- Enfin et surtout, il ne faut pas oublier qu’un seul déchaumage ne pourra pas suffire à venir à bout des chardons. C’est la répétition des passages qui permettra de réduire considérablement la pression.

La gestion des chardons des champs est donc un travail de longue haleine, qui commence au repérage des ronds de chardons puis mobilise différents leviers agronomiques et chimiques pour obtenir un résultat satisfaisant.

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8 commentaires 17 juillet 2020 par BONNEVIE

c'est plus par les zones publiques que les chardons se propagent , mais si on observe nos bords de routes à peine une dizaine de plante dont "chardons" envahissent de manière étouffante les espaces verts ...

17 juillet 2020 par BARBE

Notre gros problème est la relation avec les agriculteur de la C E V ( confrerie des enfricheurs volontaires )

17 juillet 2020 par VILLARD

bonjour. oui la fameuse loi du 24 décembre 1888 nous oblige à les détruire!!!!!!!! alors lorsque déja l'état ne montre pas l'exemple..(DDE)... on est pas dans la m...

17 juillet 2020 par GAREZ

bonjour, c'est quoi un échardonnoir ? je ne connais pas cet outil, est-ce-que quelqu'un peut diffuser une photo ?

17 juillet 2020 par LAVIER

Vous ne parlez pas du tout d'une relation entre la présence de chardon et l'état du sol. Le chardon est-il une plante bio-indicatrice ? de quoi ? ou est-ce un mythe ? Merci

17 juillet 2020 par BARBE

O K pour le chardon ,il ne faut surtout pas se laisser envahir .Quid des voisins en bio??? quand les chardons les chardons marie et surtout les xanthioms sont tres presents dans les parcelles superieures aux votres??? Et pourtant la loi oblige a la destruction des plantes invasives!!!

17 juillet 2020 par SEILER

Si tous les écolos de bureau et de salon venaient pour travailler avec l'échardonnoir dans nos parcelles après le retrait du glyphosate, le retrait ne durerai pas longtemps. Nous agriculteurs devront travailler plus pour gagner moins alors que d'autres vont passer aux 32h à s'envoyer des mail entre voisins de bureau avec des PC fabriqués à base de métaux rares extrait dans des biotopes fragiles! On est vraiment des pecnos en France!!!!

17 juillet 2020 par BRASSET

et tant qu'on y est, il faut aussi parler de l'échardonnoir que nous avons tous hérité de nos grands parents et dont le carburant essentiel était l'huile de coude.. Souvent, il faut prévoir de changer le manche car il est vermoulu

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