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pucerons sur tiges de céréales Messagerie Midi-Pyrénées / Ouest audois

Comment gérer pucerons et cicadelles ?

11 octobre 2018

Depuis le 1er septembre 2018, l’utilisation de semences traitées avec des produits contenant de l’imidaclopride est interdite en France. Dans ce contexte, les parcelles de blés et d'orges doivent être particulièrement surveillés cette année. Voici quelques préconisations sur les moyens de lutte contre pucerons et cicadelles.

Des leviers agronomiques globalement efficaces : date de semis et choix variétal

Les conditions climatiques étant prépondérantes dans l’expression du risque pucerons (températures douces notamment), on comprend facilement que les semis les plus précoces augmentent la probabilité de faire coïncider météo propice aux pucerons et période de forte sensibilité des blés et orges d’hiver. L’analyse des données acquises dans le cadre d’une étude ARVALIS-BAYER-INRA montre que les blés semés précocement sont plus fréquemment et plus fortement infectés par des virus BYDV de la JNO (figure 1).

Figure 1 : Intensité de détection de virus BYDV – Etude ARVALIS – BAYER – INRA – France entière entre 2002 et 2015

Le décalage d’une quinzaine de jours de la date de semis permet de limiter le risque d’infestation par les pucerons et donc la JNO. Attention, malgré ces précautions, des infestations tardives lors des hivers anormalement doux (ex automne 2015-16) peuvent aboutir à des pertes de rendement importantes.

Sur orges 6 rangs, des variétés tolérantes à la JNO sont disponibles. Cette tolérance n’est pas totale mais permet de fortement limiter les pertes de rendements en cas d'infestations importantes : c’est le cas des variétés d’orges d’hiver Amistar (inscrite en 2013), Hexagon (2018), Kws Borrelly (2018), Margaux (2018) et Rafaela (2014). Des variétés tolérantes sont par ailleurs dans le processus d’inscription CTPS en orge 6 rangs et 2 rangs.

Sur blé tendre et blé dur, on constate des différences de sensibilité variétale, sans pour autant être en mesure de définir un classement entre variétés à ce jour. Les recherches se poursuivent.

Quelques repères clés
- L’activité de vol des adultes ailés ne démarre qu’à partir de 10-12°C.
- La parthénogenèse (multiplication par clonage) est favorisée par des températures comprises entre 10 et 25°C : la production de descendance croît alors avec la température.
- Des températures entre 0 et 5°C limitent fortement l’activité des pucerons mais ne les tuent pas pour autant : des températures clémentes pourront relancer leur activité.
- Les températures létales varient selon les espèces. Au champ, la culture apporte une protection thermique, quelques jours à très faible température (-10°C) peuvent être nécessaires pour les tuer.

Surveillance, surveillance et... surveillance : la clé pour réussir les interventions

La surveillance des infestations est nécessaire pour décider des interventions car les insecticides disponibles agissent par contact et ils n’ont pas d’action préventive : ils sont à appliquer en présence des cibles ! L’observation hebdomadaire directe de plantes porteuses de pucerons sur la parcelle permet de connaitre réellement le niveau d’infestation. Plusieurs pucerons peuvent transmettre le virus BYDV, Rhopalosiphum padi étant l’espèce majoritaire (figure 2).

Figure 2 : Photos de pucerons vecteurs du virus BYDV

Attention : ce n’est pas parce qu’on ne voit pas de pucerons qu’ils ne sont pas présents et qu’il n’y a pas de risque. Ils peuvent se cacher sous les mottes de terres ou sous les feuilles.

Pensez à suivre les Bulletins de Santé du Végétal (BSV) chaque semaine !

Recommandations pour les observations
Observer plusieurs séries de 10 plantes * 5 lignes de semis, à différents endroits de la parcelle (privilégier les zones à risque), en conditions chaudes et ensoleillées (début d’après-midi), là où les pucerons sont les plus visibles. A réaliser dès la levée et tant que les conditions sont favorables aux pucerons.

Interventions au champ : ne pas négliger les conditions climatiques

Agissant par contact, les insecticides doivent être positionnés en fonction de la présence de pucerons et non d’un stade ou d’une date.

Les recommandations pour l’intervention sont les suivantes :
Fréquence de plantes habitées par au moins 1 puceron supérieure à 10 % ou présence prolongée de pucerons (plus de 10 jours), quelle que soit la fréquence de plantes habitées.

Ces recommandations sont établies sur la base de suivis d’infestations réalisées avant tallage. Les plantes restent sensibles au-delà de ce stade et la surveillance est donc à poursuivre si les conditions climatiques restent favorables à l’activité des pucerons.

Les produits actuellement disponibles ont une action de contact et doivent atteindre les insectes : un traitement en l’absence de pucerons ou quand ils sont difficilement atteignables (temps humide, pluvieux ou venteux) est peu rentable. De même, il convient de privilégier des volumes/ha proches de 200 l/ha. La persistance d’action de ces produits est assez limitée, et seules les feuilles développées au moment du traitement sont protégées. Si la végétation pousse vite et que les colonisations se poursuivent, un renouvellement est parfois nécessaire : se souvenir de l’automne 2015 et des pucerons présents jusque décembre.

Tous les produits aujourd’hui homologués contiennent une substance active de la famille des pyréthrinoïdes. Les produits à base de lambda-cyhalothrine (exemple : KARATE ZEON) semblent montrer une efficacité et une régularité légèrement supérieures aux autres spécialités. Cependant, dans le cadre d’infestations moyennes, cette différence s’amenuise.

Tableau 1 : Principales spécialités disponibles pour la lutte contre les pucerons des céréales

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Attention : des cas de résistance aux pyréthrinoïdes sur Sitobion avenae ont été décelés au Royaume-Uni et en Allemagne. Afin de préserver cette famille et de limiter/retarder l’apparition de résistance en France, il est important d’utiliser les spécialités à bon escient (en présence des pucerons) en évitant toute application systématique d’insecticides (exemple : ne pas ajouter systématiquement un insecticide à un herbicide).

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