Gerbe d’irrigation dans le ciel au dessus d’une parcelle de maïs au stade 10 feuilles en région Centre en juin 2022 Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Comment gérer parallèlement l’irrigation des céréales à paille et celle du maïs ?

02 juin 2022

Voici quelques éléments pour piloter les dernières irrigations sur les céréales à paille et concomitamment, les premières sur maïs, au vu des stades respectifs.

Les températures cumulées sur le printemps étant au-dessus des normales de saison, les maïs ont pris de l’avance. Les parcelles semées autour de mi-avril sont aujourd’hui autour du stade 8-10 feuilles, soit avec une avance de 10 jours par rapport à la campagne précédente. Parallèlement, les céréales à paille sont en début ou milieu de remplissage des grains.

Céréales à paille : les critères de décisions pour arrêter l’irrigation

Une irrigation post-floraison sur les blés peut permettre d’accompagner le remplissage et de préserver le potentiel de rendement.

Actuellement, les cultures se situent en début de remplissage, entre grain formé et grain laiteux.

D’une façon très globale, l’irrigation peut être arrêtée :
• Sur blé tendre : en sols superficiels à épiaison + 25 jours , en sols profonds à épiaison + 20 jours.
• Sur blé dur : en sols superficiels à épiaison + 25 jours, en sols profonds à épiaison + 20 jours.
• Sur orge de printemps : en sols superficiels à épiaison + 20 jours, en sols profonds à épiaison + 15 jours.

Une observation de l’état de remplissage des grains peut aider au choix d’arrêt de l’irrigation des céréales : prélever 10 épis et observer les épillets médians (milieu de l’épi).

Figure 1 : Critères de choix d’arrêt d’irrigation des blés
Critères de choix d’arrêt d’irrigation des blés

Dépassé le stade grain pâteux, il n’est plus utile d’irriguer les blés.

Pour les blés durs, l’irrigation post-floraison nécessite quelques précautions : arroser des variétés tolérantes à la moucheture, limiter la verse (choix de buse adapté) et protéger les parcelles vis-à-vis des complexes de fusarioses.

Les orges de printemps sont quant à elles très sensibles au stress hydrique, car le rendement final est très dépendant de la densité d’épis. Elles peuvent bénéficier d’une irrigation d’appoint post-floraison, si les cultures présentent un bon état végétatif (nombre d’épis préservé durant la montaison).

Maïs : rappel de la sensibilité au stress hydrique

A partir du stade 10-12 feuilles du maïs, la demande en eau du peuplement s’intensifie et peut s’accompagner, si elle n’est pas satisfaite, d’impacts significatifs sur les composantes de rendement . Les besoins en eau atteignent leur apogée autour de la sortie de la panicule et jusqu’au stade limite d’avortement des grains (SLAG : trois semaines après la floraison femelle). Avant ce stade, un apport d’eau via l’irrigation n’est en général pas recommandé (sauf en conditions très sèches), afin de favoriser l’enracinement du maïs, à l’exception des semis dans le sec (mai), pour homogénéiser les levées.

Si un stress hydrique précoce (avant 10-12 feuilles) peut diminuer la croissance de la culture, ce phénomène n’est pas toujours synonyme de perte de rendement : le maïs tolère des pertes de croissance de 10 à 20 % sans perte de rendement en grain à ce stade.

Figure 2 : Besoins en eau durant le cycle du maïs
Besoins en eau durant le cycle du maïs

Dans la mesure du possible, Il est recommandé de subvenir aux besoins hydriques du maïs de 10-12 feuilles à 50 % d’humidité du grain, de manière à favoriser la fertilité et le remplissage des grains. Attention toutefois aux fins de cycles dans des sols présentant des déficits hydriques forts où il peut être nécessaire d’accompagner la plante jusqu’à 45 % d’humidité si le rendement potentiel est l’objectif.

Pour les exploitations disposant de volumes limités, ou ayant réalisé des irrigations exceptionnelles sur céréales à paille, un démarrage de l’irrigation un peu plus tardif par rapport à l’historique des pratiques de l’exploitation peut permettre de couvrir la phase la plus sensible, sous réserve des contextes réglementaires locaux. Les récents travaux d’ARVALIS montrent en effet que dans la plupart des cas, des apports centrés autour de la floraison permettront d’obtenir le meilleur compromis valorisation hydrique / résultats techniques.

Dans tous les cas, il conviendra d’attendre les orages des prochains jours pour décider d’un début ou d’une bascule de l’irrigation des céréales à paille vers les maïs.

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