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Reconnaissance de dégâts sur feuille Messagerie Poitou-Charentes

Comment diagnostiquer les symptômes foliaires sur céréales à paille ?

18 avril 2019

Depuis quelques temps, les feuilles des céréales à paille jaunissent. Plusieurs causes peuvent être à l’origine de ces décolorations : stress climatiques, viroses, nématodes, piétin échaudage… Comment faire le bon diagnostic ?

Les céréales et plus particulièrement les orges présentent actuellement un certain nombre de symptômes sur feuilles. Les origines de ces marquages sont variées et peuvent même se cumuler.

Les taches physiologiques

Les amplitudes thermiques particulièrement élevées et très fréquentes depuis la fin février peuvent être l’origine de taches physiologiques. Les symptômes présentent des aspects divers selon la culture voire selon la variété : nombreuses petites taches ocellées (brunissement central entouré d’un halo jaune), taches jaunes plus ou moins étalées, ponctuations noires… Ces marquages peuvent être accentués suite à l’application d’un produit phytosanitaire (désherbage de rattrapage ou application de régulateur notamment).


Photo 1 : La Jaillière (2019) : Orge - Taches brunes en réaction à un stress abiotique sur la pointe d’une F3


Photo 2 : Le Magneraud (2018) : Blé tendre - Taches physiologiques

Sur orge, ces symptômes sont détectés en nombre cette année. Ils peuvent aussi être confondus avec d’autres phénomènes comme :
- les grillures, petites taches dispersées sur les feuilles des étages supérieurs et présentes sur la face exposée à la lumière,
- l’hypersensibilité à l’oïdium, à la rouille naine ou au pollen, réaction d’autodéfense de la plante qui nécrose ses propres cellules végétales autour de la zone de contact, sur la face supérieure, sans halo chlorotique,
- l’helminthosporiose ou la rhynchosporiose.

Pour plus d’informations, consultez l’article « Des marquages foliaires inhabituels ».

Les viroses : mosaïques, JNO et pieds chétifs

Des symptômes de viroses sont désormais bien visibles et régulièrement observés dans la région. Trois viroses coexistent sur céréales à paille : Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO), maladie des pieds chétifs (rare dans notre région) et mosaïques (peu fréquentes mais en progression).

Sur orge, l’identification de la JNO est aisée car très caractéristique : moutonnement de la culture, petits foyers de plantes atteintes (répartition due aux pucerons ailés), jaunissement global et nanisme marqué. Sur blé, les plantes ne nanifient pas mais les feuilles présentent des jaunissements, voire des rougissements de la pointe : souvent, la dernière feuille prend une couleur rouge lie de vin ou même jaune. Le jaunissement se fait le long des nervures.


Photo 3 : Le Magneraud (2019) : JNO sur blé tendre – Rougissement de l’extrémité de la feuille et jaunissement parallèle aux nervures

Du côté de la maladie des pieds chétifs, elle est toujours discrète dans la région. Quelques cas ont été signalés en Charente. Cette maladie est transmise par les cicadelles (Psammotettix alienus) à l’automne. La maladie est responsable de l’apparition de plantes chétives. Les feuilles présentent un jaunissement et/ou rougissement à la pointe des feuilles ainsi que des stries jaunes nuancées de rouge le long des nervures. La maladie se répartit en petits foyers de plantes atteintes, groupées sur les lignes de semis ou aléatoirement sur plantes isolées.

Le meilleur moyen de limiter l’apparition de la virose est de détruire les repousses de céréales à proximité de la parcelle avant le semis et d’éviter les semis précoces. Il n’existe actuellement pas de résistance variétale à cette maladie connue. La lutte en campagne s’organise autour du suivi et du déclenchement d’intervention contre les cicadelles lorsqu’elles atteignent le seuil.

Le meilleur moyen de déterminer si la virose observée est bien la maladie des pieds chétifs est de réaliser une analyse virologique de la plante.


Photo 4 : Maladie des pieds chétifs – Feuilles courtes et plante à tallage parfois excessif

Quant à la mosaïque, deux types de virus existent sur blé : Virus de la Mosaïque des Céréales (SBCMV) et Virus des Stries en Fuseau du Blé (WSSMV). Ces viroses s’attaquent particulièrement au blé dur et sont transmises par un champignon du sol : Polymyxa graminis. Pour l’orge, les mosaïques sont causées par le virus de la mosaïque jaune de l’orge (BaYMV), auquel la plupart des variétés sont résistantes et le virus de la mosaïque modérée de l’orge (BaMMV) auquel seulement quelques variétés sont résistantes. Les automnes doux comme cette année sont favorables à la colonisation des racines par le champignon et donc à la transmission du virus. Puis, des périodes plus froides en permettent l’expression dans la plante.

La mosaïque provoque de nombreux symptômes qui n’apparaissent pas de façon systématique. La répartition est proche de celle d’une carence avec foyers parfois allongés dans le sens du travail du sol. Dans les cas extrêmes, rares dans la région, la totalité de la parcelle peut être atteinte. Des tirets chlorotiques répartis irrégulièrement et parallèles aux nervures peuvent apparaitre sur les feuilles. Un nanisme de la culture peut aussi être observé (uniquement pour la Mosaïque des Céréales [SBCMV]) avec un retard à la montaison. Enfin, le système racinaire est souvent réduit. Le diagnostic se confirme par analyse virologique.

Il n’existe aucun moyen de lutte contre le champignon vecteur de la virose. Pour le blé tendre, le seul moyen de lutte contre cette maladie est le choix d’une variété résistante. Pour le blé dur, il n’existe pas de variétés réellement résistantes au virus. En cas de présence de la virose sur une parcelle, veillez à bien nettoyer vos outils de travail du sol pour éviter les contaminations.


Photo 5 : Mosaïque - Tirets chlorotiques sur feuille, foyers qui peuvent être répartis dans le sens du travail du sol

Les nématodes

Quelques suspicions d’attaques de nématodes (petits vers blanc du sol invisibles à l’œil nu) nous ont été remontées. Les symptômes se caractérisent par des plantes chétives et naines qui ne disparaissent pas. Le tallage est réduit et la plante garde sa couleur normale, parfois après un jaunissement ou rougissement. Certains nématodes peuvent entraîner l’apparition de kystes sur les racines et la prolifération anarchique des racines (corail). D’autres provoquent des nécroses rouges foncé à brunes sur des portions de racine. Les parcelles sableuses sont généralement plus concernées par ces attaques. Le blé dur est la céréale à paille la plus sensible.

Piétin échaudage

Le piétin-échaudage est un champignon du sol qui dans un premier temps attaque les racines. Il est spécifique des graminées et peut être observé dès l’apparition des premières feuilles de la culture

En sortie d’hiver, les plantes présentent une faible croissance associée à un mauvais tallage. Les feuilles jaunissent parfois par la pointe. Cependant, pour confirmer le diagnostic, il faut prélever les plantes les plus touchées avec leurs racines, puis laver soigneusement les racines. Les plantes présentent généralement quelques racines nécrosées, partiellement ou en totalité. La présence de piétin-échaudage peut se limiter à la présence de quelques taches noires ou brunes. La comparaison avec les racines de plantes saines confirme l’observation. A l’épiaison, les plantes atteintes sont de couleur blanche (paille sèche), et les épis sont blancs et desséchés. C’est un symptôme caractéristique de l’échaudage. Contrairement au piétin-verse où quelques épis isolés sont échaudés, le piétin-échaudage provoque l'échaudage complet de la plante.


Photo 6 : Piétin échaudage - Présence de manchons noirs autour des racines

Pour en savoir plus, consultez les fiches accidents.

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