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Semis d’orge de printemps du 24 janvier 2020 au stade 3 feuilles fin février 2020, en Poitou-Charentes Messagerie Bretagne

Comment conduire une orge de printemps ?

12 mars 2020

Face aux grandes difficultés rencontrées lors des semis d’automne, l’orge de printemps peut être une alternative intéressante cette année. Retour sur les points clés de l’itinéraire technique de cette culture.

Un point essentiel : des semis de qualité sur des sols ressuyés

L’orge de printemps est la céréale la plus sensible aux excès d’eau, notamment à deux périodes-clés : lors de la germination et à la montaison. Ainsi, les périodes de semis sont conditionnées par le ressuyage des sols. Et d’expérience, il est bénéfique d’attendre un ressuyage correct du sol plutôt que de vouloir passer en force et semer à tout prix.

On peut également rappeler que les hauts rendements sur les orges à deux rangs sont souvent atteints avec des peuplements épis élevés. La densité de semis aura pour objectif d’installer un peuplement suffisant, mais sans être excessif, pour éviter la verse assez fréquente sur cette espèce.

Les dates de semis optimales de cette céréale se situent entre le 15 février et le 20 mars. Au-delà, le potentiel devient plus aléatoire en fonction des conditions d’alimentation hydrique du printemps. La densité de semis recommandée est proche de 350 grains/m² pour les semis de mars.

Un potentiel proche de 80 % par rapport à des semis d’automne

Un réseau d’essais conduit à Bignan (56) de 2001 à 2016 a permis de mesurer les écarts entre différentes espèces de céréales semées à l’automne ou au printemps (avec des variétés adaptées en termes d’alternativité) sur la même parcelle (figure 1). On constate que le potentiel des meilleures variétés d’orge de printemps (RGT Planet par exemple) semées entre mi-février et fin mars, est proche de 80 % d’une orge d’hiver semée à l’automne. Le potentiel des variétés plus anciennes comme Sebastian ou KWS Irina, est sensiblement inférieur (65 % des orges d’hiver semées à l’automne).

Quant aux variétés de blé tendre ou de triticale adaptées aux semis de sortie d’hiver ou de printemps, leurs potentiels sont sensiblement inférieurs.

Figure 1 : Potentiels de rendement (en %) de différentes espèces de céréales à paille semées à l’automne comparés à des semis de sortie d’hiver (pour des variétés adaptées) - essais de 2001 à 2016 à Bignan (56)

Pour les variétés présentes depuis au moins deux ans au sein des réseaux d’essais ARVALIS, les variétés KWS Fantex, Fandaga, RGT planet et Focus sont les plus productives (figure 2).

Figure 2 : Rendements pluriannuels des variétés d’orge de printemps présentes 2 ans, en pourcentage des variétés témoin (t)

Surveiller les variétés sensibles à la rhynchosporiose

Si la rhynchosporiose est présente précocement, il faudra envisager un premier traitement dès le stade 2 nœuds, en particulier sur les variétés sensibles : Sebastian, Explorer, KWS Irina, Sangria, LG Tosca, Liberta et KWS Jessie. Pour les autres variétés, un traitement unique au stade dernière feuille étalée est généralement suffisant. A noter que RGT Planet conserve un bon niveau de tolérance aux maladies (tableau 1).

Tableau 1 : Caractéristiques agronomiques des variétés d’orge de printemps

Maîtriser dose et fractionnement des apports d’azote

Les besoins de l’orge de printemps sont équivalents à ceux de l’orge d’hiver (b = 2.5 kg N/q).

Pour plus d'informations sur le calcul de la dose totale, consultez le site de la DRAAF Bretagne.

En règle générale, pour des semis précoces ou normaux, la fertilisation de l’orge de printemps est réalisée en deux apports :
• Un premier apport de 50 kg N/ha est recommandé au semis ou de la levée à 1/2 feuilles. En cas d’apport au semis de solution azotée, d’urée ou de lisier, il est indispensable d’enfouir l’engrais rapidement pour limiter les pertes d’azote par volatilisation.
• Puis le solde est apporté pendant le tallage (de préférence début tallage).

Comme pour toutes les céréales, il est inutile d’apporter de l’azote si aucun épisode pluvieux significatif n’est annoncé dans les jours suivant l’épandage. L’azote risque d’être valorisé trop tard en cas de longue période sans pluie, et les pertes par volatilisation augmentent.

Gestion du désherbage : peu de solutions en culture

L’implantation printanière et le caractère couvrant de l’espèce rendent cette culture plus facile à désherber. Mais le faible nombre de produits disponibles rend la gestion de certaines adventices problématiques, surtout le ray-grass.

Les solutions herbicides contre le ray-grass ou le vulpin dans l’orge de printemps sont peu nombreuses :
• Elles se limitent, pour les spécialités racinaires, au chlortoluron (avant le 1er mars, en sols non drainés et sur les orges fourragères seulement), ou à Avadex 480 (à 3 l/ha en présemis incorporé). Ce dernier est particulièrement à recommander en cas de résistance avérée des ray-grass aux herbicides de la famille des inhibiteurs de l’ACCase (groupe HRAC A) et de des inhibiteurs de l'ALS (groupe HRAC B).
• Pour les spécialités foliaires, il n’y a que Axial Pratic (pinoxaden), Fenova Super (fénoxaprop) et Joystick (iodosulfuron), sachant que ces substances actives appartiennent aux groupes HRAC A ou B.

Côté dicotylédones, la flore est souvent mixte entre les adventices traditionnelles et des plantes à germination printanière (renouées, ombellifères…) et les solutions plus nombreuses.

L’orge de printemps est également l’occasion de mettre en œuvre du désherbage mécanique (herse étrille notamment) avec des niveaux d’efficacité beaucoup plus satisfaisants que sur les céréales d’hiver si une période plus sèche propice se présente…

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