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Comment semer du blé en février-mars ? Messagerie Hauts-de-France

Comment conduire un blé semé au printemps ?

06 février 2020

Face à l’impossibilité de rentrer dans certaines parcelles depuis novembre, le report vers des semis de printemps soulève des questions. Pour ceux que l’option blé de printemps intéresse, voici quelques repères pour adapter l’itinéraire technique de cette culture.

Tout d’abord, le potentiel de rendement d’un blé semé au printemps est plus faible qu’en semis d’automne (20 à 25 % de moins) du fait d’un cycle plus court et décalé vers des périodes plus exposées au stress hydrique et thermique.

La phase de tallage plus réduite et l’enracinement plus superficiel impliquent que la phase de montaison à épis est une des périodes cruciales. Sa sensibilité accrue à la sécheresse incite donc à éviter ce type de semis en sols superficiels.

La concurrence des adventices habituelles, le risque verse et la pression des maladies sont moins élevés. Pour dégager une marge correcte, l’adaptation de l’itinéraire technique est nécessaire, notamment en matière d’intrants (semences, fertilisation azotée, fongicides, régulateurs).

Choisir une variété adaptée à la date de semis

Les dates optimales d’un semis de printemps de blé débutent au 15 février pour se terminer au 15 mars, au-delà, le potentiel de rendement décroît rapidement.

Entre le 15 janvier et le 1er mars, il faut progressivement écarter les variétés hiver, ½ hiver et ½ alternatives, elles risquent d’être trop tardives pour réaliser leur cycle dans de bonnes conditions.

A partir du 1er mars, les variétés implantées doivent être très alternatives ou dites de printemps  (avec une note d’alternativité ≥ 7) et précoces à épiaison. Une variété non alternative (qui a besoin de froid pour fleurir) semée au printemps risque de ne pas monter à épis ou d’épier trop tardivement si le printemps est chaud et que les besoins en vernalisation ne sont pas satisfaits.

Tableau 1 : Caractéristiques variétales selon les dates de semis (exemple pour la zone Nord-France)

Privilégier des conditions d’implantation optimales

Pour des implantations de printemps, les conditions au moment des semis sont cruciales pour assurer un enracinement satisfaisant, compte tenu de la sensibilité à la levée et de la durée de tallage réduite.

Il est souvent souhaitable d’éviter le labour (pour réaliser une implantation superficielle dans la zone ressuyée). Mais ce n’est pas toujours possible à cause des rémanences d’herbicides appliqués sur une culture retournée, ou en cas d’hiver aussi humide que cette année.

Renforcer les densités de semis

Les densités de semis doivent être soutenues pour compenser le faible tallage en semis de printemps. Par contre, les pertes à la levée sont normalement réduites (moins d’hydromorphie et de gel, moindre présence de limaces). Il faut toutefois viser au moins 300 à 400 grains/m². En sol superficiel et caillouteux, les semis précoces sont à privilégier avec des densités à majorer de 15 % environ.

Ne pas négliger le traitement des semences

Une protection fongicide minimale reste nécessaire vis-à-vis de pathogènes portés par la semence et/ou présents dans le sol, comme par exemple les fusarioses. Le risque pucerons est fortement réduit au printemps ; en cas de forte infestation, il pourra être géré avec un traitement insecticide en végétation (au seuil de risque).

Fertilisation azotée et soufrée : quelles différences avec le blé d’hiver ?

Comme pour les blés d’hiver la dose totale d’azote est calculée en fonction de l’objectif de rendement et des fournitures du sol. Le reliquat de sortie d’hiver peut être pris en compte, en adaptant la date de prélèvement au cycle et aux besoins décalés. De la même façon, les postes minéralisation et précédent sont identiques à ceux pris en compte pour un semis d’hiver.

Les différences avec une céréale d’hiver correspondent à un objectif de rendement moindre et des besoins plus précoces (du fait d’un moindre enracinement).

Le fractionnement en trois apports est conseillé tant pour le rendement que pour la qualité. Le premier apport d’azote (50 kg N/ha) est à positionner entre le semis et 2 feuilles, le dernier apport adapté à la variété (40-50 kg N/ha vu la dose totale à appliquer) entre 2 nœuds et le stade dernière feuille étalée, et le complément au stade épi 1 cm. Comme les cultures d’hiver, les blés de printemps peuvent malgré tout être pilotés grâce aux outils d’aide à la décision.

Concernant le soufre, la gestion de cet élément est identique à celle des céréales d’hiver. Mais le cycle se déroulant plus tardivement, avec des températures plus élevées, les besoins (qui sont précoces) sont mieux couverts par la minéralisation du sol.

Désherbage : une flore dicotylédones plus facile à maîtrisée

Les parcelles sont souvent plus propres en graminées au printemps en lien avec la biologie des adventices. Il convient d’être vigilant sur les herbicides homologués sur blés de printemps car ils sont moins nombreux que sur céréales d’hiver et les doses peuvent être réduites. La plupart des herbicides racinaires sont interdits, il faut donc composer avec les sulfonylurées. La flore dicotylédone pourra être plus abondante que les graminées, mais sa gestion est moins complexe et facilement maîtrisée courant tallage.

Des maladies à surveiller dès la fin de la montaison

Compte tenu de la date de semis, le risque piétin verse est négligeable et ne nécessite pas de traitement spécifique. Le risque est également réduit pour la septoriose et une intervention est rarement utile avant le stade dernière feuille étalée. La rouille brune et la fusariose doivent être surveillées sur variétés sensibles en suivant le raisonnement habituel d’un semis d’automne.

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