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Conduite du blé en semis tardif Messagerie Champagne-Ardenne

Comment conduire un blé en semis tardif ?

22 octobre 2020

Plusieurs raisons peuvent amener à décaler les semis de blé de 20 jours voire plus. Dans ce cas, quelques éléments de la conduite de la culture sont à ajuster.

Le décalage de la date de semis a pour effet de réduire la période de tallage des blés. Les plantes en semis tardif effectuent un cycle plus raccourci avec des besoins réduits en températures pour l’émission des feuilles (80°C vs 100-120°C en semis précoce) et la réalisation des stades (influencée par la photopériode notamment).

Réviser les densités de semis à la hausse

Par ailleurs, les pertes de plantes sont plus fréquentes en semis tardifs : pertes à la levée en lien avec le froid, les conditions de semis, sensibilité au gel durant l’hiver.

Pour cela, il est nécessaire d’ajuster la densité de semis à la hausse.

Tableau 1 : Densités de semis optimales par dates de semis et type de sol
Dose en kg/ha = [Grains/m²] * PMG (g) / 100

Ajuster la fertilisation azotée

L’enracinement est généralement moins bon en semis tardifs, les résultats en rendement plus variables, ce qui amène une valorisation et donc une gestion différentes des apports d’azote.

Plusieurs idées reçues sont parfois véhiculées ; néanmoins, les essais au champ montrent que les stratégies gagnantes sont plutôt :
- ne pas apporter trop fort, trop tôt, car l’azote ne fait pas taller ! ce sont les facteurs températures et eau qui jouent le plus.
- les stades sont décalés, il faut donc penser à décaler les apports dans le temps en comparaison au semis précoce. Le blé absorbe progressivement l’azote du début de la montaison à la fin montaison (voire floraison en sols profonds) : il faut donc fractionner les apports pour éviter les carences en fin de cycle préjudiciables au rendement et à la protéine.
- le pilotage fin montaison avec un OAD est la seule solution disponible à ce jour pour ajuster la dose au potentiel de l’année : aller chercher les quintaux en année à fort potentiel, maîtriser ses charges en mauvaise année.

Une conduite plus sobre

Au niveau de la gestion des maladies, la pression septoriose est très légèrement plus faible en semis tardif. Le T1 n’est pas toujours nécessaire (d’autant plus ces dernières années) : le recours aux OAD permet là-encore de situer l’année par rapport aux contaminations de la septoriose.

La pression piétin verse et piétin échaudage est significativement plus faible en semis décalé (lutte agronomique). Seul l’oïdium est à surveiller, parasite de faiblesse en particulier les années où les blés tardifs souffrent de la sécheresse.

Au niveau des ravageurs, généralement, les semis décalés échappent aux pucerons à l’automne, vecteurs de la JNO. Il convient tout de même de surveiller les semis tardifs en cas d’année à forte pression et hiver très doux.

Au niveau désherbage, le décalage des semis de 20 jours permet bien souvent de diviser par 2 la pression graminées (vulpin et ray-grass en particulier). Selon le niveau de résistance aux sulfonylurées (Atlantis OD) sur la parcelle, le désherbage d’automne n’est pas toujours nécessaire.

Un allégement est aussi possible sur les régulateurs.

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