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Raisonner le choix variétal en maïs Raisonnement

Comment choisir ses variétés de maïs ?

02 janvier 2020

Le choix d’une variété de maïs est un compromis entre plusieurs facteurs : une précocité adaptée à l’offre climatique, la régularité des performances et la tolérance à certains stress tels que la verse ou des maladies endémiques régionales…

L’importance de la précocité dans le choix des variétés

La précocité des variétés participe au rendement et à sa régularité, à la qualité de battage et au coût de séchage du grain. Elle traduit des écarts de dates de floraison et de teneurs en eau du grain ou en matière sèche de la plante entière, et intègre à la fois des effets de durée de cycle et des effets de vitesse de dessiccation du grain.

La durée de cycle correspond à la durée d’élaboration du rendement entre le semis et la maturité physiologique (30-32 % d’humidité du grain ou 32-33 % de matière sèche en fourrage). Une variété tardive a un cycle plus long et produit plus en situation peu limitante en température et en eau.

En maïs grain, une variété plus tardive obtient en général un rendement supérieur de 0,5 à 2,5 q/ha par point de tardiveté, un avantage contrebalancé toutefois par le surcoût dû au séchage. Les variétés plus tardives apportent du gain potentiel en rendement lorsque les dates de semis et les températures de l’année permettent de les valoriser. En situations plus limitantes en températures ou en eau durant la fin de croissance des grains, les variétés plus précoces s’expriment proportionnellement mieux.

En maïs fourrage, le choix de la précocité apporte de la souplesse dans les dates de récolte, l’implantation de la culture d’hiver suivante et la valorisation par les troupeaux. Une variété trop précoce pour la région sous-exploite l’offre climatique et produit moins de biomasse plante entière. Récoltée trop tard, elle conduit à des taux d’amidon trop élevés pour une valorisation optimale par les vaches laitières sans ajustement de la ration avec des aliments grossiers. Une variété plus tardive a l’avantage de proposer un gain potentiel en rendement de l’ordre de 0,2 t MS/ha par point de tardiveté, mais celui-ci ne s’extériorise que lorsque les dates de semis et les températures de l’année permettent de les valoriser.

Le rendement et sa régularité

Les différences de potentiel de rendement entre variétés, pondérées par les précocités à la récolte, restent un critère de choix important. La régularité des résultats, s’apprécie à l’aide des références des années antérieures, des comparaisons entre les régions et de la stabilité entre les essais de l’année.

A précocité identique, une différence de 5 % du rendement en grain se traduit par un écart de recettes du même ordre. En fourrage, un écart de 5 % se traduit par une augmentation du nombre de rations ou par un allongement de la période d’affouragement à base de maïs ensilage.

Excepté les effets de précocité des variétés et de tenues de tige, les caractères qui participent à la stabilité des performances en rendement des variétés sont plus difficiles à mettre en évidence. Ils se cumulent, se conjuguent et annulent d’éventuels effets de comportements dus aux à-coups de températures et à la grande diversité de scénarios de déficits hydriques et de conduites de culture. La régularité des résultats s’apprécie donc à l’aide de comparaisons dans des essais multi-locaux et pluriannuels.

La tenue de tige et la tolérance aux maladies en situation à risque

La tenue de tige reste aussi un critère important de choix de variétés. Non seulement elle a des conséquences sur l’élaboration du rendement, mais aussi sur la facilité et les temps de récolte. La qualité des tiges en fin de cycle, appréciées par des symptômes de tiges creuses d’origine physiologique et pathologique, bien que pas toujours prédictive de tous les types de verse, est une information complémentaire.

La vigueur au départ, bien que non prédictive des performances à la récolte est, avec l’avancement des dates de semis et les risques de ravageurs en début de cycle, une information intéressante.

La tolérance aux maladies, telles que l’helminthosporiose ou la fusariose des épis (F. graminearum) est à considérer dans les zones à risque. Elle participe aussi à l’expression et à la régularité du rendement. Faute d’infections significatives dans les essais au cours des dernières années, ces informations de tolérance des variétés ne sont pas toutes disponibles.

La concentration en UFL : un critère zootéchnique synthétique

Les différences de valeur énergétique entre variétés, exprimées par la valeur UFL (aptitude à la transformation en lait des quantités de fourrage ingérées) sont à considérer : un écart de 0,01 UFL permet en moyenne un gain de 0,3 litre de lait par vache laitière et par jour dans le cas d’une ration équilibrée. La digestibilité de la matière organique non amidon (dMOna) et des fibres constituées par les parois végétales (dNDF), ainsi que la proportion d’amidon dégradable sont des critères complémentaires utiles à prendre en compte en fonction des compositions prévisionnelles des rations des ruminants. Pour les vaches laitières à haut potentiel, les variétés présentant un bon équilibre entre ces trois composantes de la qualité sont recommandées.

La régularité entre années et régions prime !

Qu’il s’agisse de maïs grain ou d’ensilage, la comparaison des résultats des variétés entre les régions et les années apporte des informations de régularité utiles à considérer dans un contexte de grande variabilité climatique interannuelle. Le choix de variétés récentes, connues et dont les bonnes performances sur plusieurs critères ont pu être confirmées au cours de plusieurs années, s’impose comme une des premières étapes à maximiser de l’itinéraire technique.

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1 commentaires 07 janvier 2020 par HUARD

Bonjour. Article intéressant. J'aimerais quelques explications sur le gain de rendement de 0.2 t de MS/ha par point de tardiveté. On parle de point d'indice ? ça me paraît énorme dans ce cas...

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