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vache laitière mange de l'ensilage de maïs en stabulation Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Comment agissent les conservateurs d’ensilage de maïs ?

22 août 2019

Les évolutions climatiques influent sur les conditions de la récolte et la manière de réaliser les ensilages de maïs. Anthony Uijttewaal, spécialiste en production de fourrage chez ARVALIS, rappelle le cadre dans lequel utiliser un additif de conservation.

Perspectives Agricoles : Quel est le rôle des conservateurs d’ensilage ?

Anthony Uijttewaal : Les additifs de conservation pour ensilage ont deux utilités principales : accélérer l’acidification et maintenir la stabilité aérobie.
L’accélération de l’acidification préserve la quantité et la qualité du fourrage. Cette fonction est assurée par les bactéries lactiques homofermentaires, avec ou sans enzymes, et les acides organiques. Quant à l’acide propionique et les bactéries lactiques hétérofermentaires, ils agissent pour le maintien de la stabilité aérobie. Leur action retarde les pertes de valeur énergétique et d’appétence de l’ensilage, par échauffement, au niveau du front d’attaque lors de l’ouverture du silo.
Attention toutefois, les conservateurs ne se soustraient pas au respect de bonnes pratiques, telles qu’un tassage efficace et une fermeture étanche et rapide du silo.
Au regard de leur coût, 4 à 8 €/t de matière sèche, il importe de se poser les bonnes questions avant d’en utiliser.


P.A. : Quand est-il utile d’appliquer un conservateur ?

A.U. :
Au moment de la récolte, il faut viser 32-33 % de matière sèche du maïs et ne pas dépasser 35 %. Or, lors des dernières campagnes, la maturité des maïs a été accélérée sous l’effet de journées chaudes de fin d’été et de plantes en stress hydrique. Alors que les calendriers de récolte sont souvent contraints du fait de la disponibilité du matériel, les situations peuvent très vite déraper. En cas de récolte à surmaturité, le manque d’eau retarde le mécanisme d’acidification du fourrage. De même, une teneur en matière sèche élevée augmente la porosité du silo. A l’ouverture, l’échauffement intervient alors rapidement, d’autant plus si le rythme de consommation du fourrage n’est pas assez rapide - d’où l’importance de bien dimensionner le silo. Dans ces situations, l’ajout d’acide propionique ou de bactéries lactiques hétérofermentaires retarde les éventuels échauffements.
Par ailleurs, en cas de manque de fourrage, l’éleveur peut être amené à ne pas respecter le délai miminum de fermentation de trois semaines. Certains additifs, comme les bactéries homofermentaires, l’acide formique ou l’acide propionique, sont alors nécessaires pour accélérer l’acidification. Il est alors préférable de confectionner un petit silo annexe pour laisser le temps au silo principal de fermenter correctement.


P.A. : Y a-t-il des précautions d’usage particulières ?

A.U. : A l’exception des sels, qui ont pour but de limiter la multiplication des bactéries butyriques et dont l’usage est limité aux couches superficielles du silo, tous les autres additifs doivent être appliqués de manière homogène dans la masse du fourrage. La meilleure façon de le faire est d’incorporer l’additif dans les réservoirs prévus à cet effet sur les ensileuses. Le dosage est essentiel. Il est important de bien respecter les préconisations des fabricants présentes sur l’emballage du produit. Un calcul doit être réalisé en fonction du débit de chantier pour obtenir le volume de solution à appliquer par heure et régler l’incorporateur en conséquence.
Il faut également stocker les additifs biologiques dans un endroit frais et sec, utiliser préférentiellement une eau non chlorée pour la dilution et bien homogénéiser la solution afin d’éviter une sédimentation dans la cuve de l’applicateur.

Pour accéder à l’intégralité du numéro, rendez-vous sur le site de Perspectives Agricoles.

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