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Diagnostic de symptômes Messagerie Champagne-Ardenne

Climat contrasté : comment les céréales s’adaptent à ces écarts ?

09 avril 2020

Trop froid, trop chaud, trop humide, trop sec… les céréales font face à des conditions assez contrastées depuis quelques semaines. De quelle « souplesse » sont-elles capables ?

Les céréales et le froid : un impact faible

Les 10 derniers jours ont été marqués par des températures très fraîches le matin, inférieures à -2°C en plaine, et jusqu’à -8°C dans les secteurs les plus froids (figure 1). Ces températures sont relevées sous abri, la température au champ est inférieure de 3 à 4°C en moyenne.

Ces températures très fraîches ont été accompagnées d’un très bon rayonnement et d’une humidité relative globalement faible, ce qui tempère les effets du froid et favorise la photosynthèse. Par ailleurs, les conditions venteuses peuvent engendrer des dégâts foliaires, sans pour autant avoir de conséquence sur la productivité.

La résistance des céréales au froid passe progressivement de -7C (sous abri) à 0°C autour de la floraison (figure 2).

Figure 1 : Températures mini et maxi entre le 20 mars et le 5 avril 2020 pour 4 stations météo de Champagne-Ardenne

(Source : ARVALIS, INRAE, Météo France)

Figure 2 : Sensibilité des céréales au froid au cours de leur cycle de développement

Les céréales et le sec : des jaunissements constatés

Un climat sec s’est installé dans la région depuis la mi-mars. Selon les dates d’apports d’azote et le cumul de pluies observés, une partie de l’azote n’est à ce jour pas absorbée par la plante. De fait, les jaunissements actuellement visibles dans les parcelles correspondent à des carences induites en éléments minéraux. Le retour des pluies permettra au système racinaire de reprendre pleinement l’absorption de l’azote. Un diagnostic est vivement conseillé, mais il conviendra d’attendre 15 jours minimum après les pluies pour laisser le temps aux plantes de valoriser cet azote.

A noter que les effets de la sécheresse précoce à montaison (avant la sortie de la dernière feuille) peuvent être partiellement, voire totalement, gommés si la densité d’épis reste non limitante, si l’Indice de Nutrition Azoté (corrélation entre biomasse produite et azote absorbé) est bon à la floraison et si la surface foliaire n’est pas trop altérée.

A ce jour, les réserves hydriques ont nettement diminué depuis la mi-mars (figure 3). Cette baisse s’opère avec une avance de 10-15 jours pour les sols profonds de la région. Dans les sols les plus superficiels (graveluche, barrois), l’état de la réserve utile est à un niveau plus faible que la médiane des 20 dernières années. En l’absence de pluie, ces types de sols pourraient entrer en réserve de survie d’ici 8-10 jours (ce qui se traduirait par un déficit hydrique pour la plante).

Figure 3 : Etat de la réserve utile pour 4 stations météo de Champagne-Ardenne

(Source : ARVALIS, INRAE, Météo France)

Les céréales et les écarts de températures : des taches physiologiques apparaissent

Avec les écarts de températures de ces derniers jours (-2°C le matin, > 15°C l’après-midi), les forts rayonnements et le manque d’eau, des taches peuvent apparaître sur les blés et les orges. Ces taches correspondent à des décolorations claires à nécrotiques, de formes très diverses. Elles ne doivent pas être confondues avec de la maladie (septoriose ou helminthosporiose).

Ces symptômes, plus ou moins prononcés selon les variétés, sont sans gravité pour le rendement, et ne doivent pas inciter à réaliser un traitement phytosanitaire. A noter que l’application d’un régulateur ou d’un fongicide peut accentuer la présence de ces taches.

Astuce : comment savoir s’il s’agit de taches physiologiques ou de symptômes de maladies foliaires ?

- Etape 1 : prendre un échantillon et regarder les étages foliaires touchés. Les maladies expriment un gradient du bas vers le haut, c’est l’inverse pour les taches physiologiques.




Photos 1, 2, 3 : taches physiologiques dans une parcelle de la Marne. Les symptômes sont présents sur les jeunes feuilles et sur le haut des feuilles, plus fortement exposé aux écarts de températures

- Etape 2 : si des doutes subsistent, il est opportun de réaliser une chambre humide. Dans une bouteille d’eau vide, placez des feuilles sur lesquelles des taches sont visibles. Disposez ensuite cette bouteille à température ambiante (proche de 20-25°C) pour accélérer l’incubation en cas de maladie.



- Etape 3 : observer les feuilles après 24 h de chambre humide. La présence de fructifications révèlera l’aspect parasitaire des taches.


Cas 1 : septoriose à la loupe après chambre humide de 24 h - Les points noirs correspondent aux pycnides dont sortent des cirrhes blanches : cela permet de valider le diagnostic septoriose.


Cas 2 : après chambre humide 24
 h, absence de pycnides et de cirrhes, on visualise uniquement des fructifications sous la forme de poils noirs : champignons secondaires. 


Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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