Récolte de sorgho sucrier semé en tant que CIVE Messagerie Ile-de-France / Centre-Val de Loire

CIVE d’hiver : comment choisir la date optimale de récolte ?

28 avril 2022

C’est le moment de penser aux récoltes des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE). La date va jouer sur plusieurs paramètres : le rendement en biomasse, le taux de matière sèche, le pouvoir méthanogène, les objectifs de la culture suivante…

Pour la troisième année consécutive, ARVALIS conduit des essais CIVE sur la station de Boigneville (91) dans le cadre du projet RECITAL, un réseau multipartenaires national financé par l’ADEME.

Au cours des deux dernières campagnes, l’objectif de ce réseau était de réaliser un screening de différentes espèces et variétés de CIVE. Les cultures de l’essai ont été semées fin septembre (respectivement les 20 et 18) et deux dates de récoltes ont été retenues : fin avril (date 1) et la première décade de mai (date 2). Ces dates permettent de semer la culture principale suivante en limitant les risques de concurrence d'usages.

Quel gain de biomasse espéré en date 2 ?

Des conditions climatiques favorables entre les deux dates de récolte (dont 25 mm de pluie) ont permis un gain moyen de 2,4 t MS/ha. Le gain de biomasse le plus important a été observé dans les modalités les plus tardives, notamment avec le seigle forestier Wastauro, le seigle hybride SU Nasri et le mélange Silvescia (seigle hybride et vesce). Par conséquent, l’analyse statistique ne montre pas, au 7 mai, de différences de rendements en biomasse entre les meilleures modalités de seigles, triticales, orges et mélanges avec des légumineuses.

Figure 1 : Rendements des CIVE en date 1 (26 avril 2021) et gain de rendements en date 2 (7 mai 2021) sur l’essai de Boigneville (91)
Rendements des CIVE en date 1 (26 avril 2021) et gain de rendements en date 2 (7 mai 2021) sur l’essai de Boigneville (91)

Le taux de matière sèche obtenu dépend également de la date de récolte

Retarder la récolte impacte également le taux de matière sèche (MS). L’objectif pour un ensilage en coupe direct est de viser un taux compris entre 25 et 30 %. Pour s’en rapprocher, le stade floraison de la céréale est un bon indicateur.

Figure 2 : Taux de MS des CIVE selon deux dates de récolte (26 avril et le 7 mai 2021), sur l’essai de Boigneville (91)
Taux de MS des CIVE selon deux dates de récolte (26 avril et le 7 mai 2021), sur l’essai de Boigneville (91)

Rechercher le meilleur compromis

Le potentiel méthanogène est influencé négativement par le stade de développement de la CIVE, ainsi que par l’avancement de sa lignification. Mais, dans le même temps, la biomasse produite progresse plus fortement. La baisse du pouvoir méthanogène est ainsi largement compensée par le gain de rendement.

Aussi, il s’agit de rechercher et de trouver le meilleur compromis entre le rendement de la CIVE et l’objectif de rendement de la culture suivante. Car, plus la récolte est tardive, plus la reconstitution des réserves en eau du sol est insuffisante, et ce, d’autant plus dans les sols à faible réserve utile. Retarder la date de semis de la culture suivante augmente donc le risque qu’elle soit exposée à un stress hydrique. Avec le contexte actuel de prix élevés pour les cultures de printemps, il peut être préférable d’opter pour une date de récolte impactant le moins possible la culture suivante.

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1 commentaires 29 avril 2022 par ROEDERER

N'a-t-on pas déjà étudié tout cela pour les fourrages à destination alimentaire pour les animaux ? Et, en plus, les conclusions ressemblaient furieusement à celles-ci... En fait, le "pouvoir méthanogène" et les productions animales (viande, lait...) liés à l'ingestion du fourrage sont de même nature: la teneur en "sucres solubles" . Avec l'avancement des stades physiologiques des plantes, les sucres véhiculés par la sève vont fabriquer des celluloses de plus en plus élaborées et de moins en moins digestibles , mais qui sont nécessaires pour la rumination (ou le transit gastrique et intestinal). Donc le dilemne est toujours le même: l'arbitrage se fait entre le rendement brut et la qualité, et on ne peut que difficilement concilier les deux... On pourrait très bien extraire de l'énergie des celluloses évoluées (voire de la lignine) en augmentant le temps de passage dans l'estomac (la panse ou le méthaniseur: c'est la même chose) et en augmentant la pression de fonctionnement (cas du méthaniseur). Mais cela nécessite des méthaniseur d'un autre calibre que ceux qu'on voit couverts d'une tente...

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