Pucerons sur une feuille de céréales à paille en novembre 2021 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Cicadelles et pucerons des céréales : rester aux aguets

11 novembre 2021

Bien que la fraîcheur actuelle soit défavorable aux pucerons et cicadelles, ces ravageurs sont toujours présents et la vigilance doit être maintenue sur les jeunes céréales.

L'activité des pucerons et des cicadelles est fortement dépendante des conditions climatiques, que ce soit pour leur déplacement (arrivée dans la parcelle, transferts de plante à plante) ou leur durée de présence dans la parcelle (survie et durée des infestations).

Les températures actuelles sont assez fraîches et réduisent leur activité. Un bref épisode plus chaud, survenu vers le 20 octobre a favorisé quelques vols vers les premières levées de semis précoces. Depuis, la fraîcheur nocturne est fortement limitante sans toutefois pouvoir détruire les ravageurs.

Plus que jamais, l'observation et le suivi des populations sont particulièrement importants pour intervenir à bon escient en limitant l'utilisation d'insecticides, gage de prévention de risque de résistance. En effet, une utilisation systématique et répétée de pyréthrinoïdes peut favoriser l'apparition de ces phénomènes alors qu'une application bien positionnée sera plus efficace avec un risque moindre.

Il est fortement déconseillé d'ajouter de façon systématique un insecticide à un herbicide. Et ce, particulièrement sur des stades jeunes (avant 2 feuilles de la céréale). Si ces stades sont propices au désherbage de postlevée précoce, ils correspondent généralement aux premières infestations de pucerons qui n'atteignent généralement pas (c'est le cas cette année) des niveaux justifiant un traitement (10 % de plantes habitées ou 10 jours de présence). Les essais attestent souvent qu'il vaut mieux retarder l'intervention de 8-10 jours dans ce cas, qui n'en sera que plus efficace.

Figure 1 : Climat et risque puceron sur le poste de Niort-Souche (79)
Climat et risque puceron sur le poste de Niort-Souche (79)

Côté pucerons d'automne

Les observations dans nos essais sur semis et levées précoces (avant les dates préconisées à des fins expérimentales) attestent de l'arrivée des pucerons assez tôt (courbe rouge de la figure 2), mais d'un maintien des populations à un niveau très modeste.

Figure 2 : Suivi des pucerons sur orge d'hiver non protégée (année = récolte) – Essais Le Magneraud (17)
Suivi des pucerons sur orge d'hiver non protégée (année = récolte) – Essais Le Magneraud (17)

Consultez le Bulletin de Santé du Végétal .

• Pour les semis précoces avant le 15 octobre, les levées et les premiers stades des céréales ont coïncidé avec une période climatique plus favorable autour du 20 octobre. Ces parcelles de blés ou d'orges sont actuellement à 2/3 feuilles. Des pucerons sont généralement observés en faible quantité mais sur une période prolongée. Une intervention peut être envisagée si leur présence est avérée sur la parcelle depuis au moins 10 jours et si aucun traitement n'a été réalisé jusqu'à présent. Il faudra maintenir la surveillance, notamment si les températures remontent dans les 10-15 prochains jours.

• Pour les semis postérieurs au 15 octobre, la levée est en cours ou les plantes sont à une feuille. La faible activité actuelle des ravageurs aériens permet d'attendre et de voir comment la situation va évoluer dans les deux prochanes semaines. Pour l'heure, aucun puceron n'a été signalé dans ces situations. Il est impératif d'attendre au moins le stade 2 feuilles avant d'envisager une intervention. Celle-ci sera à décider en fonction des observations et de l'évolution des populations de pucerons.

Rappel : il est recommandé d'intervenir dès que 10 % des plantes sont porteuses de pucerons ou quand la présence de pucerons est observée dans la parcelle pendant plus de 10 jours (situation fréquente pour les semis les plus précoces cette année).

Autre ravageur aérien observé ces derniers jours : les cicadelles !

Si les cicadelles sont restées relativement discrètes les années passées, nous constatons sur le terrain leur présence cet automne sur toute la région mais à des intensités variables. Les cicadelles de l'espèce Psammotettix alienus transmettent les virus (WDV) de la maladie des pieds chétifs en piquant les plantes, virose préjudiciable notamment sur blé d'hiver mais aussi sur orge d'hiver. A suivre attentivement !

A la différence des pucerons, les cicadelles sont très mobiles dans la parcelle. Elles sont actives et visibles pendant les heures chaudes et ensoleillées.


plaque engluée jauneLeur présence peut être appréciée par piégeage sur plaque engluée jaune. L'intervention est recommandée lorsque l'effectif de captures hebdomadaires atteint 30 (ou bien, dans le cas d'un suivi bi-hebdomadaire, lorsqu'il est observé une différence d'une vingtaine de captures entre deux relevés). Une observation directe des cicadelles sur la parcelle peut également être pratiquée en période ensoleillée, la plus chaude de la journée, pour déclencher le traitement. En cas de forte activité (au moins cinq cicadelles sautent devant soi sur cinq endroits différents), le traitement doit être immédiat (à la différence des pucerons pour une certaine latitude est possible). Aucune variété tolérante ou résistante à la maladie des pieds chétifs n'est à ce jour disponible, que ce soit en orge ou blé.

Là encore, le BSV édité chaque semaine peut donner des indications sur la pression du ravageur.

Bien reconnaître Psammotettix alienus , à ne pas confondre avec les cicadelles vertes non porteuses de virus
Chez Psammotettix alienus , les cicadelles adultes de taille de 4-4,5 mm sont bien repérables avec leur coloration générale beige ou beige terreux et d'autres critères observables ( Cf. illustration ), comme les ailes disposées en forme de toit (^) et des six bandes beiges longitudinales sur le sommet de la tête. L'insecte est de couleur plus foncée brune lorsqu'elle est détectée dans les cuvettes jaunes à eau.

Psammotettix alienus

Cicadelle Psammotettix alienus
Cicadelle Psammotettix alienus (responsable de la transmission des virus WDV, maladie des pieds chétifs (© ARVALIS).

D'autres espèces de cicadelles peuvent être présentes, notamment des cicadelles vertes que l'on observe très facilement actuellement dans les parcelles et sur les pièges englués. Celles-ci ne sont pas des vecteurs de virus préjudiciables aux céréales et ne doivent pas être comptabilisées dans l'estimation du risque de la maladie des pieds chétifs.

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