En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Pommes de terre de plantation en vrac Pommes de terre

Choix variétal et préparation des plants

29 mars 2011

La stratégie d'implantation passe en premier lieu par le choix variétal et un traitement des plants adapté. Retrouvez les objectifs et informations à savoir pour réussir cette étape.

Objectifs

► Choisir une variété adaptée au débouché commercial, aux conditions pédo-climatiques et la pression parasitaire de la parcelle,
► Utiliser les plants garantissant les meilleures assurances du point de vue variétal, physiologique et sanitaire (plants certifiés), bien les préparer pour obtenir une levée rapide et régulière, limitant les attaques de maladies,
► Prévenir par tous les moyens l’introduction de parasites de quarantaine et limiter le développement des autres bio-agresseurs.

Sommaire :

► Types de plants et intérêt des plants certifiés

► 
Choix variétal

► 
Réception des plants

► 
Réchauffement des plants 

► 
Traitement des plants 

► 
Pour en savoir plus

Types de plants, intérêt des plants certifiés

L’usage de plants certifiés est une assurance de qualité tant sur le plan de la pureté variétale que sur celui de l’état sanitaire. Il est d’ailleurs souvent exigé comme dans le cas, par exemple, de la production de pomme de terre selon la norme AFNOR NF V 25-111 (marché du frais).

Il garantit :

► l’identité variétale (limite les risques de mélange de variétés, de « pollution » par les repousses),
► l’état sanitaire : des contrôles stricts vis-à-vis des organismes nuisibles sont réalisés à toutes les étapes de son cycle de multiplication (6 à 10 ans, voire plus).

Ces organismes nuisibles sont classés en deux catégories :

► parasites dits « de qualité », pour lesquels un seuil de présence maximale est défini,
► parasites de quarantaine : organismes pour lesquels aucune tolérance n’est admise (voir encadré).

Les parasites de quarantaine de la pomme de terreUn parasite de quarantaine est un organisme nuisible dont le développement risquerait d’avoir des répercutions économiques potentielles élevées dans la zone menacée, qui n’est pas encore présent dans cette zone ou y est présent mais à distribution restreinte, et fait l’objet d’une lutte officielle (voir tableau).

Les contrôles sont effectués à tous les stades : analyses de sol, contrôles en pré-culture et en culture, analyses d’échantillon à la récolte.

Pour pouvoir être certifiés, les plants doivent répondre aux normes appliquées dans le pays de production. Pour les normes appliquées en France, consulter le site de la FN3PT : www.plantdepommedeterre.org.

Introduction de plants provenant de pays à risques

Une Directive européenne (déclinée en France par l’Arrêté du 3 janvier 2005) autorise un état membre à un contrôle systématique à l’importation de plants provenant de pays à risques dont il établit la liste (à date de juin 2011, la France répertorie comme tels : Pays-Bas, Danemark, Allemagne, Pologne). Il est fortement recommandé de réaliser cette analyse afin de sécuriser l’état sanitaire de la culture.

De manière générale : tout symptôme suspect du feuillage, de la tige ou des tubercules doit être signalé à votre technicien ou aux Services Régionaux de l’Alimentation (SRAL).

En cas de symptômes, contacter l’UNPT pour connaître la procédure à suivre : www.producteursdepommesdeterre.org.

Autoproduction de plants

A l’exception des variétés inscrites au catalogue depuis plus de 25 ans (protection nationale) ou 30 ans (protection communautaire) et qui sont désormais d’usage public, toutes les variétés sont protégées. L’autoproduction des plants de ces variétés sans accord de l’obtenteur ou de son représentant est strictement interdite.

Cette pratique est réglementée à la fois par des textes européens et nationaux. Toutefois, la législation européenne prime sur la législation française. En conséquence, l’autoproduction de plant de variétés protégées à la fois au niveau communautaire et au niveau national est possible, à condition de payer une redevance à hauteur de 50 % des droits d’obtenteurs à la SICASOV (Société Coopérative d'Intérêt Collectif Agricole anonyme des Sélectionneurs Obtenteurs). Les noms des variétés sous protection communautaire peuvent être consultés sur le site de l’office communautaire de variétés végétales. La liste des variétés sous protection française est disponible sur le site de l’UNPT : http://www.producteursdepommesdeterre.org.

Pour plus d’informations, consultez également le site de la SICASOV : http://www.sicasov.com.

Là aussi, il est recommandé de chercher à se prémunir de toute introduction de parasites de quarantaine : nématodes à kystes et à gales, bactéries (Ralstonia, Clavibacter), etc.



Le passeport phytosanitaire atteste que le plant est certifié, il doit être conservé au moins un an.

Retour haut de page

Choix variétal

Actuellement, environ de 170 variétés de consommation (dont plus de quarante dans le groupe des variétés « à chair ferme ») sont inscrites au Catalogue Officiel français des espèces et variétés de plantes cultivées (liste A). A ces variétés, viennent s’ajouter celles inscrites au Catalogue Communautaire, qui contient plusieurs centaines d’autres cultivars.

Il est recommandé de choisir une variété inscrite au Catalogue français de façon à disposer de données sur la valeur agronomique et les caractères d’utilisation obtenus dans les conditions de culture françaises.

Le choix d’une variété de pomme de terre doit être réfléchi, avant tout, en fonction du débouché. Aussi doit-il s’inscrire dans la relation commerciale qu’a l’agriculteur avec son ou ses clients. Toutefois, ce choix doit être compatible avec les possibilités techniques offertes par l’exploitation (conditions pédo-climatiques, pression parasitaire, niveau d’équipement).

Choix d’une variété adaptée au débouché commercial

Pour les pommes de terre destinées à la consommation en l’état, il est recommandé de raisonner le choix variétal en fonction de l’usage culinaire recherché.

Il faut alors s’appuyer sur le type/groupe culinaire (A, A-B, B, B-C ou C) (voir encadré) et sur l’aptitude à la friture. Ces informations sont disponibles dans le Catalogue des variétés de pommes de terre produites en France réédité régulièrement par la FN3PT ARVALIS - Institut du végétal et le GNIS, ou en ligne sur le site www.plantdepommedeterre.org. La liste à jour des variétés inscrites au Catalogue Français et les fiches descriptives des nouveautés figurent sur le site du GEVES, www.geves.fr.

Signification des groupes culinaires définis pour les variétés de consommationLes variétés sont classées dans 4 groupes A, B, C ou D, selon leur degré de délitement à la cuisson, la fermeté de leur chair et leur farinosité. Elles peuvent éventuellement être classées dans des groupes intermédiaires A-B, B-C ou C-D.
Groupe A : Pomme de terre à chair fine, peu ou pas farineuse, aqueuse à modérément aqueuse et ne présentant pas de délitement à la cuisson.
Groupe B : Pomme de terre à chair assez fine, un peu farineuse, se délitant peu à la cuisson.
Groupe C : Pomme de terre à chair farineuse, sèche, grossière et présentant une désagrégation assez prononcée à la cuisson.
Groupe D : Pomme de terre à chair très farineuse, sèche, se désagrégeant presque entièrement à la cuisson.

Les variétés de consommation à chair ferme appartiennent toutes au groupe A, parfois au groupe A-B ; les variétés de consommation au groupe B et plus rarement A-B, B-C ou C. Le groupe D concerne essentiellement les pommes de terre destinées à l’industrie féculière.

Source : « Catalogue 2012 des variétés de pommes de terre produites en France » 2011, FN3PT/ARVALIS-Institut du végétal/GNIS

Il est également conseillé de prendre en compte la note de grosseur des tubercules, ainsi que celles concernant la présentation des tubercules (régularité de la forme, superficialité des yeux, résistance à la gale commune) et l’aptitude à la conservation.

Quel que soit l’usage envisagé, il est important de suivre en culture l’évolution de la teneur en matière sèche et du calibre des tubercules, puis d’évaluer en stockage celle du taux de sucres réducteurs.

Choix d’une variété adaptée aux conditions pédo-climatiques

Les critères permettant d’ajuster le choix variétal aux conditions pédo-climatiques sont la précocité de maturation et de tubérisation, la sensibilité au stress hydrique et la sensibilité aux deux principales formes de gale commune.

Ainsi, l’implantation de variétés à maturité précoce est recommandée dans les zones de climat plus frais (vallées) et sur les parcelles présentant des problèmes de portance à l’automne, ainsi que dans les régions qui connaissent parfois des conditions climatiques difficiles au moment de la récolte.

Les variétés sensibles au stress hydrique doivent être préférentiellement conduites sous irrigation. Certaines variétés telles que Bintje, Russet Burbank, BF15 manifestent une sensibilité importante à la « repousse » physiologique. Chez d’autres comme Agata, Charlotte, Saturna, le manque d’eau se traduit par une maturation précoce et une forte baisse de productivité.

Choix d’une variété adaptée à la pression parasitaire

Le choix variétal constitue une mesure prophylactique essentielle à prendre en compte dans la lutte contre les ravageurs et les maladies de la pomme de terre. Ainsi il convient, par exemple, de privilégier l’utilisation de variétés tolérantes dans les situations de forte pression de nématodes à kystes, de mildiou ou de gale commune.

Dans une zone connue à risque de présence de Globodera (nématode doré), le choix d’une variété résistante est fortement recommandé. En cas de détection du parasite dans la parcelle, il est tout d’abord nécessaire d’observer un délai de retour d’au moins 3 ans pour la pomme de terre de consommation ou de fécule puis, sous condition d’obtention d’une dérogation, il est obligatoire de planter une variété résistante après détermination du pathotype présent.

L’utilisation de variétés peu sensibles à la gale commune est également recommandée sur les parcelles présentant une des situations à risques suivantes :

► Retour fréquent de la pomme de terre dans la rotation,
► Précédent cultural favorisant le développement de la gale commune (betterave rouge, carotte, navet, radis),
► Apport récent de fumier mal décomposé,
► Sol aéré (léger ou motteux),
► Sol ayant subi un chaulage.

Dans le cadre de la lutte contre le mildiou, l’implantation de variétés de moindre sensibilité (notes de sensibilité au mildiou du feuillage et du tubercule supérieures ou égales à 5) peut permettre une réduction des traitements et de gagner en sécurité.

Pour connaître la sensibilité des principales variétés au nématode doré, à la gale commune et au mildiou, on se reportera au Catalogue des variétés de pommes de terre produites en France réédité régulièrement par la FN3PT, ARVALIS - Institut du végétal et le GNIS.

Retour haut de page

Réception des plants

A la réception des plants, il est important de noter les références portées sur l’étiquette (conserver l’étiquette) et de veiller à maintenir une bonne individualisation des lots dans toutes les opérations d’entreposage et de manutention. Il convient également d’éviter le mélange des lots de même variété lors de la plantation : mieux vaut les planter côte à côte.

 Bien évaluer l’état du plant à la réception : une priorité

► Prendre un échantillon de quelques dizaines de tubercules par lot de plants (50 à 100 tubercules) et les laver par trempage ;
► Bien observer ensuite l’état des tubercules et en particulier la présence de sclérotes noirs de rhizoctone et de taches de gale argentée et/ou de dartrose ;
► D’autre part, c’est l’occasion de tenter de détecter la présence éventuelle de parasite de quarantaine (pourriture brune, flétrissement bactérien…). Cependant, la probabilité de voir des symptômes externes flagrants est faible. En revanche, après coupe des tubercules, les premiers symptômes apparaissent sous forme d’un léger brunissement ou d’une légère vitrosité de l’anneau vasculaire, en général plus marqué au talon (insertion du stolon sur le tubercule). Ces symptômes peuvent être aisément confondus avec d’autres problèmes physiologiques ainsi que l’action des défanants. A un stade plus avancé, des petites cavités peuvent se creuser et s’emplir de productions bactériennes et la pourriture du tubercule se développe. En cas de doutes sérieux sur la présence de parasites de quarantaine sur tubercules coupés, seule une analyse en laboratoire peut permettre un diagnostic fiable. Il est donc conseillé de prendre, dans ce cas, contact avec le Service Régional de l’Alimentation (SRAL).

Retour haut de page

Réchauffement des plants

Pour la plantation, il est conseillé d’utiliser des plants dont on aura stimulé la germination, au minimum au stade « points blancs ».

Afin de parvenir à ce stade, les plants doivent être généralement réchauffés une quinzaine de jours à trois semaines avant la date de plantation, en les alignant en sacs ou en caisses-palettes sous un hangar. Des allées doivent alors être aménagées entre les sacs ou les caisses pour faciliter l’éclairement et l’aération des plants et limiter ainsi l’allongement des germes. Dans tous les cas, il faut éviter un entreposage prolongé à température élevée d’un volume compact trop important de tubercules (exemple : sac palettisés, big-bags en remorques).

Pour une véritable pré-germination, à défaut d’une mise en clayettes, l’utilisation de sacs de pré-germination adaptés contribue également à améliorer l’éclairement des tubercules. Ces sacs, constitués de filets à mailles, fermés par une bande d’attache rapide, ont une épaisseur maintenue constante à environ 15 cm par un jeu de cordelettes tendues d’une paroi à l’autre. D’une capacité de 125 kg, ils sont suspendus sur des supports métalliques facilement manipulables mécaniquement. Cela permet d’assurer un éclairement suffisant pour empêcher un allongement et une fragilité excessive des germes et ainsi une certaine souplesse vis-à-vis des aléas climatiques susceptibles de retarder la plantation.

Retour haut de page

Traitement des plants

Produits et doses de traitement

La très grande majorité des plants certifiés sont traités contre les maladies de conservation (fusariose, gangrène) mais pas contre la gale argentée ou le rhizoctone. La décision du type de traitement repose donc sur l’examen visuel d’une centaine de tubercules par lot de plants après lavage par trempage. Cet examen devra permettre de déterminer la présence éventuelle des maladies suivantes : rhizoctone brun, gale argentée et dartrose (voir tableau 1). Si le plant est indemne de symptômes, l’impasse de traitement pourra être décidée sauf si la récolte est destinée à une longue conservation. Dans ce cas, il convient de traiter le plant contre la gale argentée pour une destination sur le marché du frais lavé.


Le traitement doit être fait avec des produits autorisés pour cet usage et à la dose homologuée. Les produits applicables sont détaillés sur le dépliant « Protection des pommes de terre : lutte  contre les maladies, les ravageurs, les mauvaises herbes, le défanage et la germination » mis à jour régulièrement par ARVALIS - Institut du végétal.

La liste des mélanges homologués pour le traitement des plants est disponible sur www.arvalis-infos.fr.

A la date de réalisation de ce document, d’autres techniques sont à l’étude, en particulier le traitement à bas volume sur planteuse dans la raie de plantation. ARVALIS – Institut du végétal et les Services Régionaux de l’Alimentation participent à la mise au point et à l’homologation de produits adaptés à cette utilisation.

Modalités de traitement

Les modalités d’application du produit sur les plants sont au moins aussi importantes que le choix de la substance active (voir tableau 2). Une application performante vise plusieurs objectifs : répartir le produit de façon homogène sur les plants, respecter le dosage du produit, prévenir contre les risques de propagation des parasites ou maladies entre les lots, éviter une phytotoxicité du produit pour les germes, respecter la santé de l’opérateur. Le traitement des plants par trempage est à proscrire pour des raisons sanitaires et pour la protection de l’environnement (gestion des excédents de bouillie).



Cliquez ici pour agrandir


Pour tous les modes d’application, il est impératif de se protéger avec les gants, lunettes, masque et combinaisons adaptés lors de la manipulation des produits de traitement ou de plants traités. En cas de poudrage, il faut privilégier l’utilisation de poudreuses mécaniques.

Les meilleurs résultats sont obtenus par traitement Ultra-Bas-Volume sur table de visite à rouleaux qui permet de limiter l’humidification des plants au minimum. De nouveaux équipements à tambour apparaissent sur le marché mais sont nettement plus onéreux. 
Dans tous les cas, il convient d’éviter d’effectuer des traitements liquides sur des plants déjà germés pour éviter tout risque de phytotoxicité.

Retour haut de page

Pour en savoir plus

FN3PT/ARVALIS - Institut du végétal, GNIS 2011 - Catalogue 2012 des variétés de pommes de terre produites en France.
 
ARVALIS - Institut du végétal, Ministère de l’Agriculture, DGAL-SDQPV 2010 - Dépliant Protection des Pommes de terre - Lutte contre les maladies, les ravageurs, les mauvaises herbes et la germination.

Arrêté du 3 janvier 2005 fixant des mesures supplémentaires de protection pour prévenir l'introduction et la dissémination d'organismes nuisibles lors de la circulation ou de la détention de lots de pommes de terre originaires d'Allemagne, du Danemark, du Royaume des Pays-Bas et de Pologne  (dernière version consolidée au 01 mai 2010).

MARTIN M., 2011 - Traitement des plants à la ferme. Comment utiliser au mieux les matériels ? La pomme de terre française, no 574, mars-avril 2011.

CHEDOT M., GRAVOUEILLE JM., 2010 - Pommes de terre « à chair ferme ». Un choix variétal de plus en plus vaste. Perspectives Agricoles, no 370, septembre 2010.

DUBOIS L., GAUCHER D., 2009 - Réception et traitement des plants : Faire des choix judicieux. La pomme de terre française, no 562, mars-avril 2009.

Sites internet

FN3PT : http://www.plantdepommedeterre.org
GEVES/CTPS : http://www.geves.fr
UNPT : http://www.producteursdepommesdeterre.org
GNIS : http://www.gnis.fr
Sicasov : http://www.sicasov.com

Pour la liste des mélanges homologués sur culture de pomme de terre :

ARVALIS - Institut du végétal : http://www.arvalis-infos.fr
Ministère de l’Agriculture : http://www.agriculture.gouv.fr

Retour haut de page

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant