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Chaux sur des mottes de terre en 2019 Messagerie Bretagne

Chaulage : viser un pH de 6,5 maximum

25 juillet 2019

Le chaulage permet d’améliorer le pHeau du sol jusqu’à 6 à 6,5, dans l’objectif d’optimiser le potentiel de rendement. Toutefois, il est recommandé de limiter le niveau à 6,5 pour éviter certains risques. Rappel des amendements à privilégier selon la situation.

A l’exception des parcelles qui nécessitent un redressement (pHeau < à 5,5), les amendements à action moyennement rapide ou lente suffisent. Tant que le pHeau ne descend pas au-dessous de 6, l’apport d’amendement peut attendre ou pourra être réalisé à une dose plus faible.

Adapter la conduite en fonction du niveau de pH

Avec un pHeau < 5,5 : redressement

Eviter les cultures sensibles à l’acidité : orge, luzerne, légumes. Privilégier les prairies ou le maïs moins sensibles à l’acidité. Pratiquer un chaulage de redressement à base de chaux ou carbonates pulvérisés pour remonter le pH au-delà de 6.

Avec un pHeau : 5,5 à 6

Là encore, éviter les cultures d’orge, de luzerne et de légumes. Privilégier les prairies ou le maïs moins sensibles à l’acidité. Pratiquer un chaulage à base d’amendements à action moyennement rapide ou lente pour remonter le pH au-delà de 6.

Avec un pHeau : 6 à 6,5 : entretien

A ce niveau de pH, tous les facteurs de risque liés à l’acidité du sol sont levés (figure 1). Les amendements à action moyennement rapide ou lente conviennent pour contrôler le pH. Ne pas oublier que les effluents d’élevage sont également des amendements qui contribuent à limiter l’acidité des sols.

Avec un pHeau > 6,5 : arrêt du chaulage

Au-delà de ce niveau de pH, les risques de blocage en oligo-éléments (manganèse) ou de maladies (piétin échaudage sur céréales et gale de la pomme de terre) sont accentués. Le suivi de pH par l’analyse de terre permettra de définir si un chaulage ultérieur doit être pratiqué. Ces recommandations concernent l’ensemble des rotations bretonnes en l’absence de légumes.

Figure 1 : pHeau du sol et modifications des propriétés chimiques et biologiques

Quel type de produit ?

Les amendements disponibles sont de deux types : les produits cuits (oxydes de calcium et de magnésium) et les produits crus (carbonates de calcium et de magnésium). Ces derniers sont classés comme pulvérulents, broyés ou concassés selon leur granulométrie. Avec la solubilité carbonique, ce critère conditionne la vitesse d’action de l’amendement. Les produits pulvérulents, les plus fins, ont donc généralement une action rapide et conviennent bien pour les apports de redressement, alors que les produits broyés ou concassés, dont l’action est plus étalée dans le temps, suffisent pour les apports d’entretien.

Pour le chaulage d’entretien : une action rapide n’est pas nécessaire

Tous les essais réalisés depuis de nombreuses années (INRA, Instituts, Chambres d’agriculture) ont montré que les produits d’action lente (carbonates broyés, sables calcaires…) répondent bien aux objectifs d’une stratégie d’entretien dans tous les sols régulièrement travaillés.

Sur la base de nombreuses références, on considère qu’il faut apporter de 150 à 350 kg CaO/ha/an selon les conditions climatiques et le système de culture pour maintenir le pHeau au-dessus du seuil critique de 5,5. Lorsque les parcelles reçoivent régulièrement des apports raisonnés d’effluents d’élevages, des apports moyens annuels inférieurs à ces préconisations permettent d’entretenir le pH du sol. Les apports peuvent être bloqués pour 4 à 5 ans.

Dans tous les cas, seul le suivi régulier du pHeau (tous les 5 ans par exemple) permet de gérer de manière précise le chaulage d’entretien.

Les produits à action rapide ne sont justifiés qu’en cas de redressement

Les produits à action rapide tels que les chaux et carbonates pulvérisés ne s’imposent que dans les situations nécessitant un redressement d’urgence, c’est-à-dire lorsque le pHeau est inférieur à 5,5 et que le délai entre l’apport et l’implantation de la culture suivante est court (quelques semaines). Dans les autres cas, les amendements à action moyennement rapide ou lente conviennent également.

Les risques si le pHeau excède 6,5

Des risques de carence sévère en oligo-éléments (en particulier le manganèse) sont à craindre dans certains sols, en particulier les sols granitiques riches en matières organiques, au-delà d’un pHeau de 6,5 (figure 1).

Par ailleurs, le piétin échaudage et la gale de la pomme de terre deviennent plus importants lorsque le pHeau est proche de 7. Si des symptômes ont déjà été observés, il faut veiller à ne pas dépasser ce seuil de 6,5. Au-delà de ce niveau de pHeau, l’arrêt du chaulage est même recommandé !

Mesurer le pHeau est indispensable pour faire un diagnostic d’acidité

L’indicateur pHeau du sol permet de décider si un chaulage est nécessaire ou non. Sa mesure régulière, tous les cinq ans, est indispensable pour gérer au mieux le chaulage d’entretien.

Au cours de l’année, on observe des variations de pH de l’ordre de 0,5 point en moyenne : baisse au printemps et en été (intense activité biologique et nitrification de l’azote ammoniacal) et remontée en automne et hiver. Il est donc préférable de conserver la même période de prélèvement, de préférence à l’automne où cet indicateur est plus stable et le plus référencé dans les essais. En Bretagne, les analyses réalisées sur la période 2010-2014 indiquent un pHeau moyen de 6,4 (moyenne de 85 000 analyses), et près de 25 % des analyses sont supérieures à 6,8, ce qui justifie un arrêt du chaulage dans un grand nombre de situations.

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