Epandeur propulsant des granulés d’engrais azotés dans une parcelle de blé en 2022 en Bourgogne Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Céréales : valoriser un engrais azoté, c’est intervenir avant une pluie plutôt qu’à un stade précis

10 mars 2022

C’est maintenant bien ancré dans les esprits, le contexte géopolitique compliqué avec toutes ses conséquences difficiles et imprévisibles doit encourager tous les producteurs de céréales à valoriser au mieux chaque unité d’azote épandue. Pour ne rien arranger, le climat est plutôt sec actuellement. C’est aussi bien vrai sur les blés et orges d’hiver, en cours de tallage, que sur les orges de printemps qui sont en train de s’implanter.

Les céréales d’hiver vont globalement réaliser leur stade épi 1 cm sur la seconde quinzaine de mars, soit un peu en avance sur la normale mais sans plus. C’est entendu, c’est à partir de ce moment-là que les besoins en azote deviennent croissants et que l’efficience de l’engrais azoté augmente.

Mais si on veut rester pragmatique et coller au plus près au contexte, ce sont plutôt les prévisions de pluie qu’il faut guetter plutôt que le stade des céréales, d’autant plus que depuis quelques semaines, les grandes zones de cultures sont peu arrosées.

Valoriser l’engrais azoté grâce à la pluie est primordial aujourd’hui, d’autant plus lorsqu’on s’apprête à apporter la plus grosse partie de la dose d’azote totale prévisionnelle. Les probabilités montrent qu’au cours des 15-20 jours à venir, les chances de valoriser un engrais azoté avec de la pluie (autour de 15 mm dans les 15 jours qui suivent) se réduisent sur les principales stations météo de la région (tableau 1).

Si l’apport se fait sous forme liquide, ne pas hésiter à le faire sous la pluie. Par ailleurs, il n’est peut-être pas opportun de refertiliser massivement à l’arrivée d’une prévision pluvieuse si le premier apport n’a pas été valorisé par 15 mm de pluie. C’est souvent le cas des situations fertilisées fin février. Dans une ambiance de climat sec, fractionner fréquemment tend à limiter les risques de mauvaise valorisation des engrais azotés. Enfin, dans les zones tardives, ou froides si aucun apport d'azote n'a encore pu être réalisé, le premier apport qui se rapprochera du stade épi 1 cm pourra être majoré.

Tableau 1 : Probabilité d’avoir 15 mm de pluies 7 années sur 10 - En vert dans les 12 jours, en orange dans les 15 jours, en rouge plus tard
Probabilité d’avoir 15 mm de pluies 7 années sur 10

Pour cette intervention à venir sur blés, réserver bien sûr 40 unités pour un apport complémentaire et final à partir du stade dernière feuille pointante, alors que la probabilité d’avoir de la pluie augmentera. Dans la gestion globale du stock d’azote, il est très important de prévoir cette réserve afin d’assurer une teneur en protéines des blés compatibles avec les besoins des marchés. Cette mise en réserve pourra être pilotée avec un outil de pilotage comme Farmstar, Messatimages ou autre tout aussi fiable.

Pour les orges d’hiver, prévoir une petite zone sur-fertilisée (d’environ 80 unités) de quelques dizaines de m² qui sera utilisée comme référence à l’occasion du pilotage avec la méthode HNT Extra, ou alors avec Farmstar, réserver 40 unités.

Du côté des orges de printemps, même principe d’autant plus qu’on se trouve évidemment sous le même climat. Attendre la pluie et lancer l’épandage. Le fractionnement : semis – début levée puis 3 feuilles / fin tallage est la stratégie la plus robuste en moyenne car elle permet de répartir les risques. Dans l’ambiance climatique actuelle plutôt sèche, ne pas se précipiter pour apporter de l’engrais azoté dès le semis ; ou alors incorporer l’engrais au moment du semis s’il en est encore temps. Attendre la levée et prévoir une bande sur-fertilisée pour mettre en œuvre, si l’année s’avère favorable, la méthode HNT Extra de pilotage d’un troisième apport.

Article rédigé par les partenaires de « Blé Orge Objectifs Protéines » (BOOP) Bourgogne-Franche-Comté :
PASCAL Eléonore et PELCE Luc (ARVALIS), BLAS Jérémie (CA21), BONNIN Emmanuel (Soufflet Agriculture), BOUCHIE Jean-Michel (Axereal), BOULLY Christine (Bourgogne du Sud), CHOPARD Patrick (CA39), COURBET Emeric (CA70), DERELLE Damien (SeineYonne), FLAMAND Romain (SAS Bresson), GUITTARD Jean-Michel (Terre Comtoise), KOEHL Philippe (Interval), LACHAUD Dominique (SAS Ruzé), LAMBARE Camille (CRA BFC), LOISEAU Marie-Agnès (CA89), MIMEAU Mickael (Dijon Céréales), SCHNOEBELEN Franck (CA25-90), VILLARD Antoine (CA71) et ZAMBOTTO Cédric (CA58)

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