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Symptômes de carence en soufre sur céréales 2019/2020 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : un risque de carence en soufre plutôt élevé

13 février 2020

Cette année, un apport en soufre est à prévoir sur céréales dans bon nombre de situations de la région.

Le soufre présente une mobilité dans le sol similaire à celle de l’azote : il est lixiviable et se libère par minéralisation. Les fournitures du sol en soufre sont ainsi étroitement liées au type de sol, aux apports de matières organiques et au climat de l’automne et de l’hiver.

Aujourd’hui, compte tenu de la pluviométrie hivernale importante, le risque de carence en soufre est plutôt élevé dans bon nombre de situations de la région.

Depuis le 1er octobre, les cumuls de pluie dépassent régulièrement les 400 mm (carte 1). Les situations de sols assez profonds, où les impasses sont habituellement recommandées, devront être fertilisées en soufre cette année et les sols les plus superficiels recevront une dose un peu plus conséquente.

Carte 1 : Cumul de pluie entre le 1er octobre 2020 et le 8 février 2020

La grille d’aide à la décision ARVALIS définie pour les céréales d’hiver permet de déterminer les quantités de soufre à apporter suivant les situations (type de sol, pluviométrie, apports éventuels sur le précédent) et l’objectif de rendement en absence d’apports réguliers de produits organiques (PRO).

Tableau 1 : Grille de préconisation Soufre ARVALIS sur céréales d'hiver (kg SO3/ha) selon la pluviométrie

Il n’est pas justifié d’augmenter les doses au-delà de 50 kg de SO3/ha pour un objectif de rendement de 80 q/ha même cette année. En cas d’apports réguliers de PRO depuis plus de 10 ans, seules les situations à risque élevé justifient un apport.

Pour 2020, on peut retenir :- Dans les sols les plus superficiels régulièrement plus exposés aux risques de carences, les doses à apporter devront être revues légèrement à la hausse par rapport à une année plus normale. Les apports seront de 40 à 50 kg SO3/ha sur les groies superficielles ou 30 à 40 kg SO3/ha sur les groies moyennes à profondes pour des potentiels de rendement de 60 à 80 q/ha (situations sans apport de PRO).

- Des apports de 20 à 30 kg SO3/ha devront être prévus notamment dans les situations de sols assez profonds où les impasses sont habituellement recommandées (situations sans apport de PRO).

- Pour les céréales semées très tardivement (sur janvier), la gestion du soufre est identique à celle des céréales d’hiver. Mais le cycle se déroulant plus tardivement, avec des températures plus élevées, les besoins précoces sont mieux couverts par la minéralisation du sol. En objectivant au mieux le potentiel de rendement, les doses à apporter sont autour des 20 à 30 kg SO3/ha pour les sols les plus à risque.

- L’orge de printemps est aussi sensible à la carence en soufre que le blé mais avec le décalage du cycle de développement, les besoins sont mieux couverts par la minéralisation. On pourra utiliser la grille de décision des céréales d’hiver en limitant la fertilisation soufrée à 30 kg SO3/ha au stade tallage pour les orges de printemps à destination brassicole (les répercussions sur la qualité brassicole étant mal connues).

Quand apporter du soufre ?

Comme pour l’azote, les besoins des plantes en soufre augmentent à partir du stade épi 1 cm. Des carences peuvent donc apparaître à l’approche de ce stade sous la forme de foyers ou de bandes jaunes. Les conséquences d’une carence prolongée sont, dans les cas les plus graves, des pertes de rendement jusqu’à 20 q/ha par la diminution du nombre d’épis/m² et/ou la baisse de la fertilité des épis. L’apport de soufre peut être envisagé entre le tallage et le début montaison afin d’anticiper d’éventuelles carences précoces. Les stades d’apport les plus appropriés sont la fin du tallage à épi 1 cm, il est donc préférable de viser la période de fin février pour les semis d’octobre, voire un peu plus tard pour les semis plus tardifs. Des apports trop précoces ne seront pas valorisés par la plante et ils sont déconseillés surtout en sols superficiels. Dans ces situations, le soufre sulfate apporté peut être lixivié en cas de pluies importantes juste après l’apport.

Consultez la fiche Carence en Soufre

Sous quelle forme ?

Les engrais contenant la forme sulfate, thiosulfate et le soufre micronisé ont une efficacité équivalente. Elle doit être choisie en fonction du coût et de l’équilibre avec les autres éléments apportés lorsqu’on choisit un engrais binaire ou ternaire. L’idéal est de coupler l’apport de soufre à celui de l’azote car les besoins en ces deux éléments sont étroitement liés.

Carte 1 : Pluie entre le 1er octobre 2020 et le 8 février 2020

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