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Charbon nu sur épi d’orge début mai 2021 en Occitanie Messagerie Ouest Occitanie

Céréales : surveiller l’évolution des maladies

06 mai 2021

Suite aux pluies de fin avril, l’inoculum de maladies déjà présent s’est propagé aux feuilles hautes des céréales. La vigilance est de mise.

Charbon nu sur orge

Du charbon nu (Ustilago nuda) sur orge a été signalé en conventionnel et en bio, notamment dans le Gers. Les épis sont noirs en raison des spores du champignon. Cette maladie se transmet uniquement par la semence, les spores ayant une durée de vie trop courte pour survivre dans le sol. Seules les semences infectées par le champignon développent des symptômes sur les épis (talles dispersées).

Il n’y a pas de problème de valorisation par les animaux puisque ces spores ne sont pas toxiques.

Ne pas négliger le traitement de semences en conventionnel, seul moyen de lutte, car aucun traitement foliaire n’est efficace.


Epi d’orge noir avec présence de charbon nu

Septoriose

L’inoculum de septoriose est monté sur feuilles hautes à la faveur des pluies de fin avril. Les symptômes liés à la contamination de ces pluies vont apparaître sur F3 du fait d’un temps d’incubation de trois semaines. Des symptômes sur F2 puis F1 apparaîtront courant mai si de nouvelles pluies arrivent. Les semis tardifs sont moins touchés, ainsi que les variétés résistantes.

Rouille brune

Les blés tendres sont peu touchés par la rouille brune pour l’instant. L’inoculum était limité en sortie d’hiver. Il n’y a pas encore eu d’explosion car les températures nocturnes (8°C) et diurnes (20°C) nécessaires ne sont toujours pas réunies.

Les pustules apparaîssent huit jours après la contamination.

La rouille brune est inexistante sur blés durs.

Rouille jaune

Les variétés notées 6 et moins par le GEVES sont régulièrement touchées par la rouille jaune en blé tendre et blé dur. Sa seule présence déclenche le traitement. Les variétés les plus tolérantes (note 7 et plus) peuvent avoir des pustules mais sans explosion de la maladie.

Les parcelles doivent avoir été protégées au moins à floraison contre les maladies du feuillage et/ou de l’épi.

Fusarioses des épis

Les blés ont commencé leur floraison début mai pour les plus précoces. Pour évaluer le risque DON (mycotoxines), la pluviométrie à +/- 7 jours autour de floraison doit être observée.

Les blés durs doivent absolument être protégés contre cette maladie. Cette espèce est en effet très sensible à la contamination.

La grille ARVALIS permet de raisonner la protection en blé tendre.

Figure 1 : Echelle 2019/2020 de résistance des variétés de blé tendre au risque DON

Figure 2 : Grille d’évaluation du risque d’accumulation du DON dans le grain de blé tendre et d’aide au traitement contre les fusarioses sur épi (Fusarium graminearum et F. culmorum)

ARVALIS - Institut du végétal - 2011

Légende : Recommandations associées à chaque niveau de risque
1 et 2 : Le risque fusariose est minimum et présage d’une bonne qualité sanitaire du grain vis-à-vis de la teneur en DON. Pas de traitement spécifique vis-à-vis des fusarioses quelles que soient les conditions climatiques.
3 : Le risque peut être encore minimisé en choisissant une variété moins sensible. Traiter spécifiquement vis-à-vis des fusarioses en cas de climat humide (cumul de pluie >
 40 mm pendant la période entourant la floraison).
4 et 5 : Il est préférable d’implanter une variété moins sensible ou de réaliser un labour pour revenir à un niveau de risque inférieur. A défaut, effectuer un broyage le plus fin possible et une incorporation des résidus rapidement après la récolte. Pour ces deux niveaux de risque, envisager un traitement spécifique vis-à-vis des fusarioses, sauf si le climat est très sec pendant la période de floraison (cumul de pluie < 10 mm pendant les +/-
 7 jours entourant la floraison).
6 et 7 : Modifier le système de culture pour revenir à un niveau de risque inférieur. Labourer ou réaliser un broyage le plus fin possible des résidus de culture avec une incorporation rapidement après la récolte sont les solutions techniques les plus efficaces et qui doivent être considérées avant toute autre solution. Choisir une variété peu sensible à la fusariose. Traiter systématiquement avec un traitement* anti-fusarium efficace.
* Traitements efficaces contre F. graminearum et F. culmorum : principalement produits à base de prothioconazole, tébuconazole ou metconazole, utilisés début floraison à une dose suffisante (60 à 80
 % de la dose homologuée minimum, selon le produit utilisé). Notez que parmi les solutions efficaces contre les Fusarium spp., il existe des différences marquées d’efficacité sur Microdochium spp. Une nuance qui peut s’avérer importante certaines années.

Des outils pour estimer le risque dans les parcelles

Le Bulletin de Santé du Végétal fait le point chaque semaine sur l’état sanitaire des blés et des orges de la région.

En blé tendre, le Baromètre Maladies est un outil d’aide à la décision permettant d’évaluer les risques maladies. Associés à votre expertise, les résultats fournis par le Baromètre Maladies vous appuient dans le raisonnement des interventions sur les parcelles.

Ravageurs : y a-t-il un risque puceron ?

Les pucerons sont très présents sur les feuilles des blés et commencent à monter sur épis. Ils ne font de dégâts sur les épis (avec un impact sur le remplissage des grains) qu’en nombre important (1 épi colonisé sur 2). Les auxiliaires (syrphes, coccinelles et leurs larves respectives) participent à la régulation de ces ravageurs. Si un traitement insecticide est réalisé, pucerons et auxiliaires sont détruits. Les premiers reviennent au bout d’une semaine, ce qui n'est souvent pas le cas pour les seconds, endémiques.

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