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Symptômes de septoriose sur feuille basse de blé tendre en avril 2020 en Aquitaine Messagerie Nord-Aquitaine

Céréales : surveiller l’évolution de la septoriose

16 avril 2020

Les légères pluies du week-end pascal ont participé à la diffusion de la septoriose. Un petit tour de plaine est recommandé pour observer ses céréales, notamment les variétés très sensibles.

L’objectif de la protection fongicide est d’éviter que les feuilles utiles au rendement soient pénalisées par le développement de maladies comme la rouille brune et la septoriose (pour la rouille jaune, la gestion est différente puisque la nuisibilité est très forte : l’objectif est ne pas en avoir du tout).

De manière générale, on estime que 80 % du rendement est réalisé avec les trois dernières feuilles (le reste étant assuré par la gaine, l’épi, le barbes et le feuillage des strates inférieures s’il ne périclite pas naturellement). Ainsi, l’objectif est de conserver les trois dernières feuilles (F1, F2 et F3) indemnes de maladies le plus longtemps possible.

Cependant, deux contraintes vont complexifier l’approche. Premièrement, les feuilles ne se déploient pas en même temps et, deuxièmement, la durée de persistance d’un fongicide est définie : on l’estime autour de 20 jours à dose d’utilisation technique.

S’adapter à ces deux contraintes

Si la pression maladies des feuilles est faible (cas le plus simple), une intervention à DFE (dernière feuille étalée) est suffisante pour commencer : on protège en un passage les trois dernières feuilles (T2 dans la figure 1). Elle est suivie d'un relais 20 jours après, à la fin de persistance du produit sur les feuilles, soit à floraison si nécessaire.

Si la pression maladies est plus forte, c’est là que cela se corse. En effet, dans la théorie, il faut protéger les feuilles une à une. Dans la pratique, on intervient au stade 2 nœuds, si la maladie est là, afin de protéger entièrement la F3. L’intervention à DFE, 25 jours après en règle générale, viendra protéger les feuilles restantes.

Figure 1 : Feuilles de céréales à protéger en fonction du stade

2020 : une année à risque ?

Les pluies fréquentes jusqu’à mi-mars ont augmenté la pression septoriose avec des recommandations de déclenchements précoces (avant le stade dernière feuille) sur variétés sensibles à moyennement sensibles. Mais la période de sec depuis mi-mars a stoppé la propagation de la maladie vers les étages foliaires supérieurs. Elle a permis aux cultures de se développer sans que les nouvelles feuilles émises soient contaminées. En effet, la septoriose se répand des feuilles du bas vers celles du haut par l’effet de la pluie qui « éclabousse » : c’est l’effet splash.

Attention, à la faveur des petites pluies prévues ce week-end, les contaminations devraient progresser. L’observation des parcelles est préconisée, en commençant par les variétés les plus sensibles de la sole. Pour les variétés les plus tolérantes, bien que l’on puisse souvent observer des symptômes sur les feuilles du bas, le risque est dans la plupart des cas encore mineur.

Observation de la septoriose du blé et seuils d’intervention (régulièrement diffusés dans le BSV)

A partir du stade 2 nœuds, observer la F2 déployée du moment (soit F4 définitive) sur une vingtaine de plantes.
A partir du stade dernière feuille pointante, observez la F3 déployée du moment (F4 définitive) sur une vingtaine de plantes.
On retiendra qu’on parle toujours du même étage foliaire (soit la F4 définitive, ce qui permet d’avoir les trois dernières feuilles indemnes de maladie).
- Pour les variétés sensibles (notes 4 à 6) : si plus de 20 % des F4 définitives observées présentent des taches de septoriose, réaliser un traitement avant les prochaines pluies.
- Pour les variétés peu sensibles (notes >=6,5) : le seuil est de 50 %.

Tenir compte de la date de semis

Pour les semis d’octobre, une première intervention précoce peut être indiquée avant le stade dernière feuille pour les variétés sensibles à moyennes sensibles (note septoriose < 6,5). Le stade de déclenchement donné par nos modèles est dernière feuille pointante (T1). Ce traitement ne protège pas la dernière feuille, il devra donc être relayé par un second traitement (T2) à dernière feuille étalée. L’intérêt de repousser le premier traitement est de baisser la dose de fongicide utilisée. Si le traitement est déclenché dès 2 nœuds, il faut veiller à adapter la dose et à respecter la durée de persistance des produits qui est d’environ 20 jours (uniquement pour les feuilles qui ont reçu le produit). Pour les variétés tolérantes, l’intervention pourrait n’être déclenchée qu’au stade dernière feuille étalée, faisant ainsi l’économie d’un premier traitement.

Dans beaucoup de situations, le premier traitement a déjà été effectué. Il est primordial de bien réintervenir quand la dernière feuille sera complètement déployée afin que la protection soit efficace.

Pour les semis de décembre et janvier, il est trop tôt pour intervenir. Les interventions pourraient avoir lieu fin avril pour les variétés sensibles à moyennement sensibles. Si les pluies à venir se confirment ce week-end, le modèle Septo-LIS® prévoit un déclenchement de la première intervention au stade dernière feuille pointante. Pour les variétés tolérantes, on attendra que la dernière feuille soit étalée.

Comment évaluer la pression maladie ?

Pour rappel, le risque maladies est à évaluer en fonction du pédo-climat, de la situation agronomique et de la variété (note de sensibilité), ainsi que de la présence de symptômes sur les feuilles définitives.

Le baromètre maladies peut, en blé tendre, vous aider à évaluer la pression dans votre secteur.

Consultez le Baromètre Maladies Blé tendre.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
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