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Céréales : restez très sobre sur le premier apport d'azote !

22 février 2018

Des reliquats azotés faibles à moyens sur des céréales malmenées par les excès d'eau puis le gel militent aujourd'hui pour un premier apport d'azote très modéré, avant de fractionner l'apport principal autour du stade épi 1 cm et de revenir courant/fin montaison.

Des reliquats azotés moyens à faibles

Compte-tenu des cumuls de pluie importants au cours de l’hiver, une partie de l’azote minéral du sol a pu être entraîné au-delà de la zone explorée par les racines. Les premiers retours de mesures de reliquats azotés indiquent des valeurs faibles à moyennes par rapport aux valeurs pluriannuelles. Si la mesure est intervenue avant de fortes pluies, il est nécessaire de réajuster les valeurs de reliquat en fonction du cumul de lame drainante entre la date de prélèvement de l’échantillon et la date de calcul ou de réactualisation de la dose conseillée X.

Le soufre est également sujet à entraînement suite à des cumuls de précipitation importants. Les secteurs à fortes pertes de reliquats azotés sont donc également à surveiller pour la fertilisation soufrée.


Carte 1 : Cumul de pluie (en mm) estimé du 20/01 au 28/02/2018

Une absorption d’azote parfois pénalisée par l’excès d’eau et le gel

Malgré un cumul de températures depuis le semis plutôt élevé, la croissance des cultures a pu être freinée par l’excès d’eau et le manque de rayonnement, frein d’autant plus fort que les parcelles ont été semées tardivement.

Le gel a également pu (ou va) causer une défoliation partielle des cultures. On risque donc d’observer localement des niveaux d’absorption d’azote par les céréales d’hiver moyens à faibles en cette sortie d’hiver, avec des effets de milieu (sol, drainage) et de pratiques (date de semis) important.

Une culture bien développée en sortie d’hiver peut aisément avoir absorbé 40 à 60 kg d’azote à l’hectare si le stade est avancé et la biomasse forte. A l’inverse, une céréale chétive (semée tard ou carencée en azote par l’hydromorphie) peut à la même date n’avoir absorbé que 10 à 20 kg d’azote à l’hectare.

Evidemment, le potentiel de rendement n’est que faiblement corrélé à l’état de la culture aujourd’hui. Le climat à venir et les propriétés du sol conditionneront fortement l’évolution des cultures.

En conséquence, des objectifs de rendement inchangés combinés à des reliquats azotés de sortie d'hiver faibles et une absorptions réduites d’azote par les cultures vont conduire à des doses d’azote conseillées a priori (dose X) élevées, qu’il va falloir fractionner et piloter au mieux.

Une dynamique de croissance freinée par des températures froides

Les vagues de froid de février 2018 ralentissent très fortement la croissance et le développement des cultures. Les dates d’apparition du stade épi 1 cm devraient ainsi être assez conformes voire tardives par rapport aux moyennes pluriannuelles si le froid se prolonge la semaine prochaine comme annoncé par Météo France.

Par ailleurs, les sols humides et froids combinés à des plantes parfois encore stressées par les excès d’eau et freinées par le retour des gelées vont conduire à des croissances des cultures faibles à nulles au cours des prochains jours. Corolaire de ces croissances réduites, les besoins instantanés en azote vont également être faibles.

Vers des applications fractionnées de doses totales plutôt élevées

La combinaison de reliquats faibles et d’enracinements malmenés par les excès d’eau risque de rendre l’absorption de quantités suffisantes d’azote du sol difficile voire impossible. Il est donc indispensable de pallier ce manque par des apports d’engrais minéraux en surface. Encore faut-il rappeler que la valorisation de tels apports de sortie d’hiver est médiocre, surtout lorsque les plantes ont une croissance instantanée faible. Cela milite donc pour des premiers apports très modérés, à renouveler le cas échéant dès que les conditions climatiques stimuleront fortement la croissance des plantes.

Il faut également noter que les premiers apports d’azote qui auraient pu être déjà réalisés n’ont sans doute pas été absorbés par les cultures à cause du froid ; ils ont même pu être organisés ou entraînés en profondeur dans le profil.

On s’oriente donc préférentiellement vers des stratégies de fractionnement en 4 apports :
- Un premier apport N1 très modéré dès que la portance du sol le permet, d’autant plus que l’arrivée d’une vague de froid pourrait entrainer des destructions partielles ou totales de cultures.
- Des apports fractionnés N2 et N2’ qui permettent d’accompagner la fin du tallage et le début de la montaison, plutôt qu’un apport unique massif autour du stade épi 1 cm et soumis à l’aléa climatique
- Un apport « tardif » N3 courant/fin montaison pour ajuster la nutrition azotée sur la base de l’absorption antérieure et du potentiel de rendement.

La grande disparité des parcelles, en fonction notamment des conséquences des excès d’eau et du gel, va de plus nécessiter de piloter la fertilisation parcelle par parcelle.

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7 commentaires 27 février 2018 par ARVALIS

@Prevost / Bonjour, En sol de craie, si c’est votre cas, le premier apport N est important. Mais il ne doit cependant pas être très élevé. Cette semaine, les blés n’ont pas besoin d’azote, il fait trop froid. Vous pouvez envisager votre apport de 50 kg N/ha la semaine prochaine en cas de reprise de la végétation, avec le Soufre. Ce n’est pas la peine d’envisager un fractionnement de ce premier apport. Cordialement

27 février 2018 par ARVALIS

@neendurtal / Bonjour, ne connaissant pas précisément votre région et votre type de sol, une recommandation est délicate. Je comprends qu’il vous reste, hors réserve pour pilotage, 140 kg N/ha à apporter. A cette date, il faudrait prévoir de fractionner en deux cette quantité, encadrant « E1cm » : 40-50 kg la semaine prochaine et le complément à la fin du mois. L’inverse peut aussi être réalisé : la plus grosse part la semaine prochaine, si la météo est très favorable (temps très poussant et humide). Pour des conseils plus régionalisés, voir notre ingénieur régional local, Cordialement,

26 février 2018 par PREVOST

Nous qui avons l'habitude de fertilisé à max 60u d'N avec de la soufrée, ne vaut-il pas mieux faire une petite fertilisation comme indiqué, a la solution39 simple genre 30 u et revenir a la reprise avec la soufrée? en gros fractionné le N1 jb 51

24 février 2018 par LANGLET

à Neendurtal, Filon c'est un blé 1/2 alternatif à montaison ultra précoce (voir fiche variété Arvalis). Je le réserve pour les semis tardifs (dernier arrachage derrière betterave dans le Nord) donc semis le 9 novembre. Je ne sais pas dans quelle région tu cultives mais si tu hésites entre régulateur, désherbage et azote en sortie d'hiver, revois peut-être tes variétés.

23 février 2018 par NEENDURTAL

Mais grain recolte tôt (24/10) semis direct ds la foulée Filon et mois de janvier ( trop) clement font qu a ce jour les blés dont à 0,8 cm. Pas de besoin d azote pour l instant ( bande Limaux) cela veut il dire impasse semaine prochaine sur premier apport ? Ou apport de 120 unités en une seule fois à ce stade puis revenir 15/20 jours après avec 50 unités complémentaires ? 80*3=240-reliquat 60= 180 - 40 dernier apport = 140 au moins. Pilotage farmstar. Votre avis ?

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