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Pucerons à l’automne et JNO Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Céréales : réduire le risque JNO dès le semis

08 octobre 2020

Choisir une variété tolérante (en orge d’hiver) et semer blés et orges à la bonne date permet d'abaisser le risque de dégâts liés à la jaunisse nanisante de l'orge (JNO).

La lutte directe contre les pucerons à l’automne vecteurs de la JNO est relativement pointue, en particulier depuis le retrait du traitement de semences à base d’imidaclopride. L’orge d’hiver est plus sensible que le blé tendre. Sur orge, la JNO entraîne assez fréquemment des pertes de plantes et d’épis, alors que sur blé cette maladie affecte plus généralement le remplissage des grains. A situations comparables en termes de localisation géographique et de date de semis, la nuisibilité de la JNO est environ deux à trois fois plus élevée sur orge d’hiver que sur blé tendre d’hiver. Il n’en demeure pas moins que la protection contre cette virose ne doit pas être négligée sur blé tendre.

Les conditions climatiques de l’automne sont déterminantes

Durant l’automne, des conditions favorables à la multiplication et à la dispersion des pucerons favorisent une transmission des virus à un plus grand nombre de plantes. Les conditions hivernales qui suivent la transmission du virus influencent sa multiplication dans les plantes. Une croissance continue des plantes au cours de l’hiver est favorable à la multiplication des particules virales dans les plantes. A l’inverse, une période de froid ne sera favorable ni au développement des plantes, ni à l’activité des virus. Enfin, une infestation de pucerons relativement limitée peut avoir de fâcheuses conséquences dans le cas d’un enchainement d’évènements favorables aux virus et défavorables à la plante.

Toutes les régions ne sont pas soumises aux mêmes conditions climatiques automnales et chacune doit subir le risque en tenant compte du climat. Par exemple, à Dijon (figure 1), les températures des automnes 2018 et 2019 ont été élevées. Mais, l’an dernier, la pluviosité de l’automne a pu être contraignante pour intervenir au bon moment sur les pucerons.

Figure 1 : Position de l’année en cumul de pluies et température moyenne du 1er octobre au 30 novembre (ARVALIS/MétéoFrance)

En amont des méthodes de lutte chimique, il existe deux leviers pour gérer les risques de JNO : le choix de la variété en orge d’hiver et la date de semis.

Les variétés d’orge d’hiver tolérantes à la JNO sont robustes

Plusieurs variétés d’orge d’hiver sont tolérantes à la JNO. Malheureusement, dans une région brassicole comme la Bourgogne-Franche-Comté, une seule est sur la liste des variétés recommandées par le CBMO(*).

Les pucerons peuvent coloniser les plantes de ces variétés, leur transmettre le virus de la JNO et occasionner quelques symptômes (décolorations de bouts de feuilles). Mais les pertes de rendement liées à cette virose sont négligeables alors que, dans de mêmes conditions, les variétés d’orges sensibles peuvent perdre plus de 50 % de rendement (figure 2).

Il est donc recommandé de semer ces variétés sans anticiper sur les dates optimales de semis et de ne pas appliquer de protection insecticide en végétation (même si quelques pucerons peuvent être observés à l’automne). En revanche, aucune de ces variétés n’est tolérante à la maladie des pieds chétifs transmise par les cicadelles, ce qui impose de surveiller la présence de ces ravageurs et d’intervenir si nécessaire.

A ce jour, aucune variété de blé tendre tolérante ou résistante à la JNO n’est disponible en France. Des travaux de recherche sont en cours.

Figure 2 : Essai Variétés-JNO ARVALIS à Livron sur Drome (26), photos du 8 avril 2020 (non traité insecticide) et perte de rendement (comparativement au traité insecticide)

La date de semis est un levier pour limiter le risque mais pas une solution

Les semis les plus précoces rencontrent plus souvent des conditions favorables aux insectes vecteurs de viroses. Ceci explique pourquoi la proportion de parcelles présentant une forte intensité de virus de la JNO est fréquemment plus élevée pour les semis plus précoces et diminue lorsque les semis sont plus tardifs.

Le risque de viroses demeure néanmoins présent pour les semis tardifs : les enquêtes pluriannuelles (Bayer/Inra/ARVALIS) ont révélé près de 30 % des parcelles de blé et jusqu’à 40 % des parcelles d’orge d’hiver concernées lorsque le semis est réalisé après les dates optimales recommandées (figure 3).

Figure 3 : Fréquence et intensité de la détection des virus BYDV de la JNO en lien avec la date de semis

Données France entière, 2002 à 2015, source enquêtes pluriannuelles Bayer / Inra / ARVALIS

Il ne faut donc pas anticiper les périodes de semis préconisées dans chaque région par ARVALIS. Choisir les dates les plus tardives de la plage recommandée (avec des variétés adaptées) permet de limiter une exposition excessive des cultures aux pucerons et aux cicadelles et de réduire, dans une certaine mesure, le risque de viroses (figures 4 et 5). Mais cette précaution ne permet en aucun cas de faire complètement disparaître le risque. Un semis tardif n’affranchit donc nullement à la surveillance des cultures à l’automne et éventuellement à la lutte insecticide en végétation. Cette dernière peut s’avérer plus fructueuse qu’en cas de semis précoce, car elle s’applique généralement sur des populations plus faibles de ravageurs.

Figure 4 : Plage de dates de semis possibles et optimum du blé tendre en fonction des précocités variétales en Bourgogne-Franche-Comté – Choisir et Décider – interventions d’automne 2020 (ARVALIS)

Figure 5 : Plage de dates de semis possibles et optimum d’orge d’hiver en fonction des précocités variétales en Bourgogne-Franche-Comté – Choisir et Décider – interventions d’automne 2020 (ARVALIS)

(*) : Comité Bière-Malt-Orge, représentant l’aval de la filière brassicole

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