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Calculette pour calculer la dose d'apport en azote et en soufre en 2019, en Normandie Messagerie Normandie

Céréales : réactualiser les valeurs du reliquat azoté autour du stade épi 1 cm

21 février 2019

Il est recommandé de réévaluer le stock d'azote présent dans le sol autour du stade épi 1 cm des céréales, afin d'intégrer l'effet des récentes pluies.

Depuis la mesure des reliquats sortie hiver, une partie de l’azote a pu être perdue par lixiviation, suite aux précipitations de ces deux dernières semaines.

Les zones les plus touchées sont la Manche, avec des précipitations comprises majoritairement entre 60 et 70 mm, l’ouest de l’Orne et la région d’Yvetot (76), avec des précipitations allant de 50 à 70 mm (carte 1).

Carte 1 : Cumul des pluies du 1er février au 16 février 2019 (mm)


Sous l’action de ces pluies, l’azote minéral présent dans les sols a migré dans les horizons les plus profonds et une partie a pu être lixiviée. Toutefois, en sol profond, les racines ont désormais colonisé les derniers horizons, et sont capables d’absorber l’azote localisé en profondeur.

Quand les cultures seront proches du stade épi 1 cm, il faudra réactualiser le résultat des analyses de reliquats en
fonction des pluies tombées depuis la date de prélèvement de sol afin de prendre en compte leur effet sur le stock d’azote depuis la date de prise d’échantillon.

Comment réajuster les valeurs du reliquat azoté ?

L’azote du sol disponible pour les cultures peut être estimé finement par modélisation. À défaut de pouvoir utiliser un modèle, on peut également s’appuyer sur les abaques suivants, établis à partir du modèle LIXIM de l’INRA. La valeur de reliquat valorisable (Ri) à retenir pour le calcul de la dose d’azote à apporter sera ajustée en fonction de la lame d’eau drainée depuis la date de prélèvement de terre, du type de sol et de sa profondeur. La réserve en eau du sol étant pleine lors du retour des pluies fin janvier, on peut assimiler la pluie au drainage.

Tableau 1 : Pourcentage de l’azote perdu par lixiviation sous la profondeur de sol, par couche de sol, selon la lame drainante (simulation à partir du modèle Lixim – INRA)

Par exemple, dans une parcelle en limon profond, j’ai prélevé sur 3 horizons le 20 janvier. L’analyse de terre indique 19 kg de N-NO3 dans l’horizon 60-90 cm. Depuis le 20 janvier, la lame drainante est de 100 mm : 82.2 % de l’azote mesuré dans cet horizon ne sera plus accessible aux racines soit 16 kg d’azote : il ne reste donc que 19 – 16 = 3 kg N/ ha valorisables dans cet horizon.

L’ensemble des abaques est disponible sur le site du Comifer :

- Comment ajuster la valeur du poste Ri en fonction des précipitations après le prélèvement d’échantillon de sol
- Tables d’ajustement du terme L en fonction de la lame drainante

Et la fertilisation soufrée ?

Le soufre présente une mobilité dans le sol similaire à celle de l’azote. Cet élément est en effet lixiviable et se libère par minéralisation. Les fournitures du sol en soufre sont donc étroitement liées au type de sol et au climat de l’automne et de l’hiver. Comme pour l’azote, les besoins des plantes en soufre augmentent à partir du stade épi 1 cm. Des carences peuvent donc apparaitre à l’approche de ce stade sous la forme de foyers ou de bandes jaunes. Les conséquences d’une carence prolongée sont, dans les cas les plus graves, de lourdes pertes de rendement par la diminution du nombre d’épis/m2 et/ou la baisse de la fertilité des épis.

Dans la région, le cumul de pluie est variable selon les secteurs (carte 2).

Carte 2 : Cumul des pluies du 1er octobre 2018 au 16 février 2019 (mm)



Sur les secteurs les plus à risques (selon le type de sol et la pluviométrie), un apport de soufre peut être envisagé entre le tallage et le début montaison afin d’anticiper d’éventuelles carences précoces. L’est de l'Orne, l’est du Calvados et l’Eure semblent moins impactés par la pluviométrie que le reste de la région, avec moins de 300 mm de pluie depuis le 1er octobre dernier.

La grille d’aide à la décision ARVALIS permet de déterminer les quantités de soufre à apporter suivant les situations (type de sol, pluviométrie, apports éventuels sur le précédent) et l’objectif de rendement en absence d’apports réguliers de matière organique.

Tableau 2 : Grille de préconisation des apports de soufre en fonction du type de sol, de la pluviométrie et de l’apport de soufre sur le précédent pour des objectifs de rendement de 80 et 110 q/ha (source : ARVALIS).

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