En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Semences fermières de blé tendre dans une trémie pour les semis 2018 au Sud-Ouest Messagerie Sud-Ouest

Céréales : raisonner les dates et densités de semis

11 octobre 2018

Voici les clés pour calculer les doses de semences à prévoir pour les implantations de céréales et fixer la date de semis optimale.

Les densités de semis dépendent de plusieurs facteurs



- Les densités optimales de peuplement (= peuplement objectif) se raisonnent en plantes établies par m². Elles dépendent principalement de la date de semis, mais résultent également du type de sol et du climat qui vont avoir un impact sur le niveau de tallage. Par contre la variété ne rentre pas en compte.

- Les densités de semis (grains/m²) vont ensuite dépendre des risques de pertes qui varient selon : la qualité du lot de semences (faculté germinative), la qualité de l’implantation et la pression ravageurs. Nos préconisations (tableau 1) intègrent un pourcentage de pertes de 20 %.

- Le poids semé (kg/ha) est ensuite calculé en tenant compte du PMG (poids de 1000 grains).

Rappelons que la campagne 2018 a été défavorable à la qualité de la récolte, avec une présence fréquente de fusarioses ; qui pourrait se répercuter sur la prochaine campagne en cas d’utilisation de semences contaminées. Il conviendra de s’assurer de la qualité de ses semences et de bien estimer la faculté germinative.

Les conditions de remplissage ont eu un impact sur les PMG qui sont inférieurs à la normale. Dans nos essais variétés blés tendres, les PMG étaient inférieurs à 41 g dans 3 essais sur 5 ; alors que la moyenne pluriannuelle est de 45 g.

Tableau 1 : Préconisations de dose de semis pour le blé tendre dans le Sud-Ouest (pour des pertes attendues à la levée de 20 %)

Cas des variétés hybrides : les variétés hybrides, de par leur excellente capacité de tallage, doivent être semées plus claire d'environ 30 % par rapport aux préconisations ci-dessus.

Pour les orges d’hiver, une densité de 180 à 240 grains/m² suffit pour assurer un peuplement épis optimum. Pour les semis plus tardifs, la densité de semis devra être augmentée. On compte 10 % de semence en plus par quinzaine pour des semis plus tardifs

Pour le triticale, les densités conseillées sont inférieures de 15 % à celles du blé. Le triticale possède une forte fertilité épi (nombre de grains/épi), ce qui lui permet de compenser facilement de faibles nombre d’épis. Il est donc inutile, voire préjudiciable pour la culture de réaliser des semis denses. Ce point est une des conditions de la réussite de la culture.

Quels sont les risques en cas de mauvaise adaptation de la densité de semis ?

- Sous-densités : salissement accru et manque de plantes si pertes hivernales. Dans le dernier cas, le potentiel de rendement n’est pas forcément entamé et va dépendre de la capacité de la culture à compenser au cours du cycle, lors de la mise en place des autres composantes de rendement (nombre de talles, nombre de grains et PMG).

- Surdensités : surcoût des semences, risque de verse et pression maladies accrues.

Date d’implantation : jongler avec les contraintes de la parcelle

Rythme de développement des variétés (précocités à montaison et épiaison) et périodes optimales de semis

Chaque variété a une période de semis optimale qui lui permet d’éviter ou de limiter les risques climatiques (gel à épi 1 cm ou courant montaison, excès thermiques ou stress hydriques à la méiose ou pendant la montaison…). Cette période dépend du rythme de développement de la variété (précocité à montaison et à maturité) et du climat de la région.

Tableau 2 : Date de semis selon la précocité variétale

Et en agriculture biologique ?L’obtention d’un rendement correct et régulier passe par la mise en place d’un nombre suffisant d’épis. Le constat que l’on peut faire en culture est un nombre d’épis centré globalement sur 300 – 350 épis /m². Dans notre essai variétés, on est en moyenne autour de 400 épis/m² (Ferrensac, 47). Date et densité de semis vont garantir une bonne installation de la culture et conditionner l’atteinte de ces objectifs.

Semer raisonnablement tard : souvent 15 jours à 1 mois après les semis conventionnels
- pour réduire la levée des adventices et permettre la réalisation d’opérations de faux-semis ;
- pour réduire le risque maladies (pieds et feuilles) ;
- pour réduire les risques ravageurs en limitant le temps d’exposition de la jeune culture à des infestations de pucerons ou de cicadelles susceptibles de transmettre le virus de la jaunisse nanisante de l’orge (pucerons) ou de la maladie des pieds chétifs (cicadelles) ;
- pour améliorer la qualité à la récolte.

Densité de semis plus élevée qu’en conventionnel :
- perte à la levée plus importante,
- faible tallage,
- concurrence aux adventices,
- destruction lors du désherbage mécanique.
Attention à semer des graines saines (pas de semences d’adventices, carie, grains fusariés, ergot…).

Densités de semis conseillées :
• Pour le blé: 400 à 450 grains/m².
• Pour l’orge et le triticale : 260 à 300 grains/m².

Semer à la bonne profondeur
Indépendamment du désherbage, un semis de blé doit se faire entre 2 et 4 cm de profondeur maximum. Par précaution, on cherchera, en cas d’utilisation d’une herse étrille ou d’une houe rotative, à ne pas avoir de grains plus hauts que 3 cm, pour permettre le désherbage sans risque d’arracher des plantes. Il convient de rappeler que, plus le semis est profond et plus la date de levée sera décalée et le tallage réduit. Inutile donc de semer à 5 cm ou plus (attention aux lits de semences trop creux, notamment avec des semoirs à disques). Plus on sème tard, moins on peut se permettre de semer profond.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10