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Semis d’orge de printemps en Ile de France Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Céréales : quelles stratégies pour les parcelles non semées ?

16 janvier 2020

Les chantiers de semis des céréales ont pris beaucoup de retard en raison des conditions très pluvieuses de l’automne et de ce début d’hiver. Le point sur les stratégies possibles.

Une autre inquiétude émerge également pour les parcelles déjà semées mais dans lesquelles se pose la question d’un retournement (pertes de pieds à levées, pourrissement, phytotoxicité importante). Cela ne concerne cependant qu’un nombre réduit de parcelles. La situation est très hétérogène au sein de la zone Centre-Ile-de-France-Auvergne, avec des semis plus compliqués dans les secteurs les plus hydromorphes.

Alors, quelle conduite adopter lorsque les semis d’automne n’ont pas eu lieu, ou ont rencontré des problèmes à la levée ? La décision finale doit être un compromis entre potentiel de l’espèce sur la parcelle à la date de semis envisagée, marge économique accessible et maintien d’un équilibre dans l’assolement.

Opter de préférence pour une culture de printemps

A partir de début janvier, le potentiel de rendement d’une céréale d’hiver commence à être fortement pénalisé. En effet, les pertes de rendement seront au minimum de l’ordre de 30 à 40 % par rapport à un semis de fin octobre, si les semis peuvent être réalisés d’ici la sortie de l’hiver. Au-delà de cette période, les pertes de potentiel attendues sont encore plus importantes (de 40 à 60 %).

En sol sensible à l’excès d’eau et à ressuyage lent, les fenêtres propices au semis sont souvent rares en sortie d’hiver. Dans ces situations, il semble plus opportun de se tourner vers une culture de printemps.

Semis de céréales à paille : ce qu’il est possible d’envisager

Si le choix retenu est de rester sur une céréale à paille, il est bien sûr nécessaire d’adapter l’itinéraire technique à ce contexte de semis très tardif.

QUEL CHOIX D’ESPÈCE ET DE VARIÉTÉ ?

• Blé tendre d’hiver
Certaines variétés sont encore envisageables jusqu’à mi-février du fait de leur alternativité, de leur précocité à épiaison et en synthèse, de leur potentiel accessible correct en semis tardif. Le tableau ci-dessous récapitule les critères pour choisir les variétés encore envisageables dans notre région selon la période de semis en sortie d’hiver.

Tableau 1 : Critères pour choisir les variétés encore envisageables dans notre région selon la période de semis en sortie d’hiver

Pour un semis postérieur au 15 février, il est recommandé de se rabattre sur des céréales de printemps.

• Orge de printemps
L’orge de printemps offre une productivité supérieure à celle d’un blé de printemps. A semer lorsque des conditions favorables seront présentes sur février. Dans les secteurs où les semis ont pris plus de retard et que des semis sur janvier sont envisagé, attention au risque important de gel par l’apparition des stades les plus sensibles (pointant/1 feuille) à la période où les gelées sont les plus fréquentes (début février).

• Blé dur
Le blé dur de printemps peut aussi être une bonne alternative pour des semis de céréales à paille au printemps à condition d’avoir un sol assez profond ou de l’irrigation possible. En effet le raccourcissement du cycle le rend plus sensible aux stress hydriques de fin de cycle. Ici, nulle nécessité d’adaptation variétale, le blé dur est foncièrement une culture de printemps.

UNE DENSITÉ DE SEMIS ENTRE 350 ET 400 GRAINS/M²

Les capacités de tallage étant réduites en semis tardif, on sèmera à une densité de 350 grains en sols de limon si les conditions de semis sont optimales, 380 à 400 en conditions plus difficiles et en sols argileux.

Retournement de parcelle ou zone de parcelle : ne pas se précipiter

Lorsque le problème du retournement se pose revient en premier lieu la question de la répartition spatiale au sein de la parcelle du peuplement moyen.

Il est toujours plus facile de prendre une décision de resemis sur des zones bien délimitées : fourrières, zones plus hydromorphes… que lorsque que le peuplement moyen global de la parcelle est atteint ; ou encore lorsque seul les traces de tracteur au semis sont non levées.

Pour décider d’un retournement, la valeur indicative est de 100 pieds/m². Mais on peut sans risque descendre à 80 pieds pour du blé tendre. En effet, si les conditions sont bonnes, le tallage et la fertilité épi peuvent rattraper une partie du potentiel. Les orges sont plus sensibles à la composante de rendement nombres d’épis donc les seuils seront revus à la hausse pour cette espèce.

Aujourd’hui, au 15 janvier- Si les conditions à venir sont favorables au développement des cultures, la situation a le temps d’être rattrapée.
- Avant toute de décision de retournement, vérifier la compatibilité de la culture de remplacement envisagée et les applications d’herbicides réalisées sur la parcelle.
- Il est de toute façon trop tôt pour agir et les conditions de ressuyage ne le permettent pas : mieux vaut attendre un mois que la période des gelées soit passée pour prendre une décision, et si besoin re-semer une espèce de printemps dans de bonnes conditions.

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