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Passage d’herbicide dans une parcelle de blé au stade tallage, en février 2020 en Bretagne Messagerie Bretagne

Céréales : quelle attitude adopter pour optimiser les prochaines interventions ?

20 février 2020

Forte pluviométrie et températures douces hivernales marquent ce début de campagne. Avec l’échelonnement des semis de céréales, il faut s’attendre à une grande variabilité de stades, selon la qualité des implantations ou les cumuls d’eau rencontrés. Il est donc nécessaire d’adapter l’itinéraire technique à la parcelle.

Depuis fin septembre, les cumuls de pluie sont très élevés dans la région. Ils correspondent à 150 % d’une année normale, quel que soit le secteur : 720 mm en moyenne sur la Bretagne du 22 septembre 2019 au 17 février 2020, contre 475 mm en année normale.

Cette quantité s’est répartie sur un nombre de jours de pluie très supérieur à une année normale (70 jours du 25/10/2019 au 16/02/2020) contre 55 jours en année normale), ce qui a fortement perturbé les semis sur toute la région.

Ils se sont ainsi étalés sur une longue période, de mi-octobre à mi-janvier, dans des conditions parfois très difficiles, entraînant une hétérogénéité de développement :

• A l’automne, les semis ont été réalisés principalement sur quelques courts créneaux : fin octobre – début novembre, fin première et deuxième décades de novembre, puis début décembre. La majorité de ces parcelles sont actuellement à fin tallage. Les abats d’eau importants depuis le semis sur ces parcelles entraînent souvent de nombreuses pertes de pieds.

• Les semis ont pu reprendre la première quinzaine de janvier. Malgré une date de semis tardive et quelques attaques de limaces, les pertes semblent limitées. Ces parcelles sont au stade 3 feuilles à début tallage.

A ce jour, la pluviométrie de la campagne 2020 se rapproche des années 2007 et 2013 (figure 1).

Carte 1 : Cumul des pluies du 22/09/2019 au 11/02/2020

Carte 2 : Rapport à la moyenne des précipitations (%) du 22/09/2019 au 11/02/2020 - Période de référence 1998-2017

Sources : Données Météo France/ ARVALIS - Institut du végétal

Figure 1 : Offre climatique entre le 01/10/2019 et le 14/02/2020 – Pontivy (56)

Les températures sont très douces depuis le début de la campagne. Elles se situent à 115 % au-dessus des normales. A noter des niveaux de températures particulièrement élevés en janvier et surtout février.

Désherber avant de fertiliser !

Ces décalages de dates de semis ont eu l’avantage de réduire la pression des ravageurs et des adventices.

De nombreuses parcelles ne sont pas désherbées à ce jour, mais les implantations retardées et le retour forcé au travail du sol (labour ou autres) devraient contrebalancer cet effet.

• Pour les parcelles qui n’ont pu être désherbées à l’automne et qui présentent des populations importantes de graminées ou des cas de résistance aux sulfonylurées, l’utilisation d’herbicide de type racinaire peut s’envisager, à partir du moment où le stade de la culture n’est pas trop avancé (1-2 feuilles maxi pour le blé). Le risque de phytotoxicité existe, mais il n’est pas plus élevé qu’à l’automne. Attention toutefois, car certains produits ne sont plus autorisés après le 31 décembre (ex : Fosburi ou Merkur).

• Pour les parcelles avec population sensible, intervenir le plus tôt possible sur adventices jeunes dès que les conditions seront satisfaisantes (sols ressuyés, hygrométrie favorable…)

• Et surtout, ne pas fertiliser avant de désherber sinon l’azote apporté bénéficiera en premier aux adventices plutôt qu’à la culture !

Gérer le premier apport azoté

La conduite des apports azotés doit être adaptée aux situations agronomiques en tenant compte des fournitures du sol et du développement des parcelles.

Les fortes pluviométries enregistrées cet hiver ont pu provoquer :

• Un retard d’enracinement qui limitera la capacité des plantes à prélever l’azote en profondeur dans les premières phases de développement.

• Un lessivage potentiellement important, particulièrement sur les sols les plus superficiels. Par ailleurs, la douceur enregistrée depuis deux mois a pu favoriser la minéralisation.

Il sera donc important de réaliser un reliquat sortie d’hiver, ou se reporter au suivi réalisé par la chambre régionale pour estimer les fournitures du sol et ainsi s’adapter à l’année.

En pratique

• Les conditions difficiles d’enracinement doivent inciter à fractionner le plus possible pour accompagner la culture (stratégie en 3 ou 4 apports).

• Pour les semis d’automne bien développés, les parcelles sont en plein tallage et l’état de croissance est bon, il n’y a pas d’urgence pour les premiers apports azotés. Il sera toutefois prudent d’apporter de l’azote avant la fin du tallage, compte tenu du lessivage potentiel de l’année (se référer aux reliquats d’azote mesurés ou estimés).

• Il est en revanche préconisé d’accompagner un peu plus précocement les semis les plus tardifs ou les parcelles souffrant d’excès d’eau. Dans ces situations, attendre le ressuyage du sol pour apporter l'azote et ne pas dépasser la dose de 40 kg N/ha, les capacités d’absorption des céréales étant limitées.

• L’utilisation d’outil de pilotage pour réévaluer les besoins de la culture en fin de cycle sera évidemment pertinente dans le contexte de cette année.

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