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Rampe d’irrigation dans une parcelle de céréales en avril 2020 en Rhône-Alpes Messagerie Rhône-Alpes

Céréales : prévoir une première irrigation

09 avril 2020

Les stades des céréales sont maintenant bien avancés. Les semis plus précoces sont à deux nœuds, stade qui marque le début de leur sensibilité au stress hydrique. Au vu des réserves en eau qui diminuent, il va être nécessaire d’irriguer les céréales semées en sols filtrants.

Bien que l’automne 2019 n’ait pas été propice à des semis précoces, l’extrême douceur de l’hiver a permis de rattraper le retard. Le stade épi 1 cm est atteint pour l’ensemble de la sole régionale, les semis de début octobre ont même atteint le stade 2 nœuds.

Le blé valorise l’irrigation

Sur nos deux sites irrigables de Lyon Saint-Exupéry et d'Etoile-sur-Rhône, la pratique de l’irrigation amène régulièrement des quintaux supplémentaires en fonction de la pluviométrie printanière. Nous constatons que le rendement diminue mécaniquement de 1 % quand la satisfaction des besoins en eau de la culture baisse de 1 %, par rapport à une culture bien alimentée.

Cette valeur n’est pas fondamentalement différente de celle du maïs : seule la période différente et des ETP plus faibles mènent à une plus faible valorisation de l’eau.

Au final, les gains de rendements liés à l’irrigation vont de 0 à 25 quintaux pour les limons profonds d’Etoile-sur-Rhône, et de 5 à 30 quintaux pour les sols de graviers. En règle générale, on peut compter de 6 à 9 q/ha de gain pour 30 mm d’irrigation.

Sécuriser le rendement face au déficit hydrique

Les besoins en eau du blé augmentent rapidement durant la montaison et diminuent progressivement à partir du stade pâteux.

En fonction du climat et de la réserve utile du sol, pluie et irrigation devront couvrir, 8 années sur 10, de 1,5 à 2 mm par jour pour la Plaine du Forez ou les graviers profonds de Bièvre et de Plaine de Lyon, et de 2 à 3 mm par jour pour les situations de la Drôme et les graviers de Plaine de l’Ain.

Ces valeurs permettent, à l’avance, de caler un tour d’eau et une fréquence de retour. Le blé peut valoriser de 1 à 2,5 irrigations en moyenne.

Tableau 1 : Besoin en eau d’irrigation du blé du stade épi 1 cm à grain pâteux

Comment réussir l’irrigation ?

• Dès le semis, déterminer les parcelles qui seront arrosées pour adapter le choix variétal (éviter les variétés sensibles à la moucheture ou à la verse par exemple).

• Débuter l’irrigation à partir de 2 nœuds pour le blé tendre et à 1-2 nœuds pour le blé dur. Cas particulier : si les apports d’azote n’ont pas été valorisés courant mars, l'irrigation permettra de mettre l’engrais à disposition des cultures.

• Le blé est une culture qui s’implante tôt avec un enracinement profond : on peut apporter de 25 à 50 mm en une irrigation, en fonction de la nature du sol.

• L’irrigation peut sécuriser les rendements à un niveau élevé : en tenir compte pour ajuster la dose totale d’azote et la dose au dernier apport (dilution possible qui peut faire baisser le taux de protéine).

• En cas de conflit d’usage, donner la priorité au blé dur sur le blé tendre.

• Disposer d’un outil de pilotage (sondes tensiométriques, bilan hydrique…) pour déclencher au bon moment.

• Soigner, sur les dernières irrigations, le réglage du matériel pour éviter la verse (pression correcte au canon, changement de buse) ; attention au vent.

• Ne pas hésiter à différer légèrement le début de l’irrigation du maïs pour finir l’irrigation du blé les années difficiles.

• Cas particulier des blés durs : attention à ne pas arroser sur la fleur, ne reprendre l’irrigation qu'en cas de déficit avéré (pilotage obligatoire) et temps sec, sinon augmentation du risque fusariose et surtout moucheture.

Figure 1 : Conduite de l’irrigation des céréales

Où en est-on fin mars ?

Côté pluviométrie

Après un automne très pluvieux, cet hiver a été relativement sec. Sur tous les postes météo de la région, on constate un déficit de pluviométrie sur les trois premiers mois allant de 25 à 60 % selon les lieux (figure 2). Le mois de mars est particulièrement sec puisqu’aucune pluie significative n’est tombée sur la région depuis le petit épisode pluvieux du 1er au 5 mars. De ce fait, beaucoup d’apports d’engrais n’ont pu être valorisés correctement.

Figure 2 : Pluies de janvier à mars 2020 comparées aux normales

Etat des réserves utiles

Avec un tel déficit de pluie et des cultures qui avancent très vite en stade, les réserves hydriques des sols de la région sont d’ores et déjà bien entamées. L’exemple de la figure 3 (sols de graviers) montre que l’épuisement de la RFU (réserve facilement utilisable) est épuisée depuis le début de la semaine. En sol plus profond, la réserve sera épuisée en début de semaine prochaine (13/04).  

Figure 3 : Bilan hydrique – Blé Rubisko – semis 30/10/2019 – Sols de graviers profonds de la Plaine de Lyon

Démarrer l’irrigation

Pour tous les sols filtrants, étant donné l’état des réserves utiles, si ce n’est déjà fait, il est temps de déclencher un premier passage d’irrigation pour satisfaire les besoins des plantes et pour mettre en solution les engrais qui n’auraient pu l’être.

Pour les sols plus profonds, la réserve utile n’est pas tout à fait épuisée : néanmoins l'irrigation doit démarrer pour éviter qu’elle ne se vide complètement et pour valoriser les engrais, et mettre en solution les éléments minéraux nécessaires au bon développement des cultures.

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