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Carence en soufre sur des jeunes plantes de blé en Ile de France en 2020 Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Céréales : prévoir un apport en soufre dans de nombreuses situations

20 février 2020

Suite à l’excédent de pluie tombée de l’automne, le soufre a été exposé au lessivage dans de nombreux sols. Dans ce contexte, il est nécessaire d’évaluer le besoin en soufre de ses parcelles.

Le soufre : un élément important

Le soufre est un des éléments nutritifs essentiels à la croissance des céréales à paille. Il intervient dans la synthèse de la chlorophylle et des protéines. Les céréales absorbent entre 50 à 70 kg SO3/ha. La cinétique d’absorption du soufre au cours du cycle de développement du blé est analogue à celle de l’azote, l’essentiel de l’absorption ayant lieu pendant la montaison. La perte de rendement due à une carence en soufre peut être de 2 à 10 q/ha dans le cas d’une déficience modérée mais peut aller jusqu’à 20-30 q/ha dans les cas les plus graves, via la baisse du nombre d’épis et parfois leur fertilité.

A partir du stade épi 1 cm, les céréales à paille peuvent exprimer des carences en soufre : foyers ou bandes « jaunes ». Contrairement à une carence en azote, ce sont les jeunes feuilles qui jaunissent.

Consultez la fiche ARVALIS "Carence en soufre".

Afin d’anticiper le risque de carence le plus précoce, la meilleure période d’apport se situe entre fin tallage et tout début montaison. Après ce stade et en cas de carence sévère, le rattrapage ne sera pas complet (70 % des besoins en soufre sont déjà absorbés au stade 2 nœud).


Photo 1 : carence en soufre

Les zones atteintes sont réparties en foyers et parfois par bandes correspondant au recoupement de passages pour l'épandage d'azote car les zones sur-fertilisées en azote extériorisent en premier la carence. La croissance est légèrement altérée. Les jeunes feuilles sont vert clair à jaune, avec des stries de couleur jaune/vert clair.

Un risque très lié au type de sol et aux pluies hivernales

La quantité de soufre minéral (essentiellement sous forme sulfate, S042-) présent dans le sol est fonction du bilan entre la lixiviation (baisse) et la minéralisation du stock de soufre présent sous forme organique dans le sol (hausse). Le risque est donc accru dans les sols sensibles au lessivage et à faible minéralisation (argilo-calcaires superficiels, sols sableux et sols limoneux pauvres en matières organiques).

Les retombées atmosphériques de soufre étant plus faibles ces dernières années (60 kg/ha en 1980 pour 3,3 kg/ha en 2014), à pluviométrie équivalente, le risque devient plus élevé.
La grille de préconisations ARVALIS fait le point des situations à risque en fonction du type de sol et des niveaux de pluviométrie atteints (tableau 1). Cette grille prend désormais en compte le potentiel de rendement.

Dans tous les cas, les apports réguliers de produits organiques (fumiers, composts…) qui contiennent du soufre limitent le risque.

Tableau 1 : Apport recommandé en soufre sur céréales à pailles - ARVALIS 2018

Les précipitations rencontrées dans la région depuis le 1er octobre conduisent cette année à préconiser des apports de soufre dans de nombreux cas.

Carte 1 : Cumuls de pluie (mm) sur les régions Centre - Ile-de-France - Auvergne du 01/10/2019 au 01/03/2020 (Prévisions + Fréquentielles du 11/02 au 01/03) – zonage réalisé en fonction des seuils (250/300/400 mm) de la grille d’évaluation du risque de carence en soufre

Des formes soufrées d’efficacité équivalente

Les engrais contenant la forme sulfate, thiosulfate et le soufre micronisé ont une efficacité équivalente. La forme doit être choisie en fonction du coût et de l’équilibre avec les autres éléments apportés lorsqu’on choisit un engrais binaire ou ternaire. L’idéal est de coupler l’apport de soufre à celui de l’azote car les besoins en ces deux éléments sont étroitement liés.

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