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Gerbe d'eau tombant sur le blé, déclenchement de l’irrigation en avril 2021 en région Centre Messagerie Centre

Céréales : peut-on déjà déclencher l’irrigation ?

06 avril 2021

Alors que les pluies se font rares depuis le 10 février et que les réserves en eau des sols s’amenuisent, se pose la question de commencer à irriguer. Un tour d’eau n’est en général pas nécessaire avant le stade 2 nœuds, sauf si l’objectif est de valoriser l’apport d’azote à épi 1 cm dans des parcelles à risque de carences.

Des précipitations contrastées

Les précipitations de mars ont été particulièrement faibles. Les cumuls les plus importants ont été enregistrés dans le Boischaut, la Champagne Berrichonne et le nord de la Creuse, avec une moyenne entre 30 et 40 mm

Figure 1 : Cumul des précipitations du 1er au 31 mars 2021

Des situations multiples

En sol profond, en situation de semis précoces ou tardifs, l’épuisement des réserves surviendra en milieu de semaine prochaine. Dans ces conditions, le déclenchement d’un premier tour d’eau peut être envisagé dès cette fin de semaine, si les cultures ont atteint le stade 2 nœuds pour l’orge de printemps et le blé dur (plus sensibles au stress hydrique que le blé tendre).

Figure 2 : Bilan hydrique en limon argileux sur calcaire pour la variété Complice semée le 15 octobre, station météo d’Ouzouer-le-Marché (41)

De plus, certaines parcelles n’ont reçu l’essentiel de leur fertilisation azotée qu’après les dernières pluies. Dans les sols à faible reliquat et/ou à faible minéralisation, l’alimentation azotée des céréales peut rapidement devenir limitante. Un passage d’une vingtaine de millimètres peut permettre de valoriser un apport d’azote.

Figure 3 : Bilan hydrique en argilo-calcaire moyen pour la variété Complice semée le 20 octobre, station météo de Bourges (18)

Deux cas de figures

Dois-je combler aujourd’hui mon déficit hydrique ?

Oui si :
• la céréale a dépassé le stade 2 nœuds et des régressions de talles sont envisagées (peu de situations aujourd’hui !) et en donnant la priorité aux espèces les plus sensibles (orge de printemps et blé dur) ;
• si l’apport réalisé à épi 1 cm n’est pas aujourd’hui valorisé.

Non si :
• l’apport épi 1 cm a été correctement valorisé.

Attention : favoriser de grosses biomasses début montaison n’est souvent pas favorable au rendement. La montée de talles inutiles pénalise la fin de cycle si les conditions sont stressantes (au plan thermique et hydrique). Les apports d’eau début montaison sont les moins bien valorisés.

Un contexte météo qui va évoluer

Les prévisions annoncent un « changement de temps la semaine prochaine ». Hormis les situations très problématiques, il peut être judicieux d’attendre le résultat de cette perturbation pour finaliser la prise de décision.

Quelles règles de décision pour un déclenchement de l’irrigation en vue d’assurer une bonne alimentation azotée en début de montaison ?

Dans le cas d’un apport précoce, visant l’alimentation en azote dans les situations à faible fourniture et à risque de carence azotée, le raisonnement doit être conduit indépendamment des besoins en eau. Le déclenchement de l’irrigation se base sur un seuil de pluies cumulées depuis le dernier apport d’azote jusqu’à 15 à 20 jours (selon le type de sol) après le stade épi 1 cm.

Tableau 1 : Déclenchement de l’irrigation : règles de décision pour assurer une bonne alimentation azotée en début montaison en sol non caillouteux

(Extrait de la brochure Irrigation des céréales, blé tendre, blé dur, orge de printemps, 2012, ARVALIS - Institut du végétal)

Tableau 2 : Déclenchement de l’irrigation : règles de décision pour assurer une bonne alimentation azotée en début montaison en sol superficiel (caillouteux ou sableux)

(Extrait de la brochure Irrigation des céréales, blé tendre, blé dur, orge de printemps, 2012, ARVALIS - Institut du végétal)

Des gelées étant annoncées, faut-il irriguer ?

Lors d’un épisode de gelées nocturnes, l’irrigation peut accentuer l’impact du gel. Durant la période la plus froide annoncée en milieu de semaine prochaine, il sera prudent d’interrompre le tour d’eau 24 h avant les premières gelées et de ne le reprendre qu’une fois l’épisode de froid passé.

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