Canon d’irrigation dans une parcelle de céréales au stade montaison en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales : pas de précipitation pour les irrigations

31 mars 2022

Malgré le déficit hydrique actuel, mieux vaut attendre pour déclencher les irrigations sur céréales.

Depuis mi-mars, avec l’élévation des températures, le vent et les forts rayonnements, les demandes climatiques se sont accélérées, les ETP (évapotranspiration) avoisinent régulièrement les 3 mm/jour. Beaucoup de céréales à paille approchent du stade 1-2 nœuds, qui marque une accélération de la consommation en eau. Pour le blé dur, il s’agit de l’entrée dans la phase la plus sensible au déficit hydrique, alors que pour le blé tendre, c’est plutôt à 2-3 nœuds.

Les prévisions météorologiques des prochains jours laissent entrevoir un épisode pluvieux modeste et surtout, un fort abaissement des températures, qui va se traduire par une diminution importante des besoins quotidiens en eau. De petites gelées ne sont pas à exclure non plus.

Enfin, le contexte actuel (ressource en eau, coût énergétique) pousse à rechercher le maximum d’efficience de l’eau d’irrigation.

Pour les parcelles en sols superficiels à moyens

Le déficit se creuse et la réserve facilement utilisable (RFU) est épuisée ou le sera dans les prochains jours (figure 1). Au stade actuel, les céréales peuvent supporter un déficit passager, d’autant plus que la demande diminue. Les irrigations en cours de montaison peuvent s’avérer payantes en cas de déficit marqué, surtout si celui-ci s’accompagne d’une mauvaise valorisation des apports d’azote.

En revanche, un retour à une bonne alimentation en eau avant la fin montaison peut effacer tout ou partie du bénéfice des premières irrigations. Dans ces conditions, il est préférable d’attendre la fin de la période perturbée prévue en fin de semaine pour envisager un premier tour.

En fonction de la ressource en eau disponible, le déclenchement peut être positionné vers le 5-10 avril si les pluies prévues actuellement s’avèrent insuffisantes, sous réserve que le risque de gelées soit écarté.

Figure 1 : Evolution de la réserve en eau en groie moyenne, pour un blé dur (variété Anvergur) semé le 5 novembre 2021 -  Station météo ARVALIS du Magneraud (17)
Evolution de la réserve en eau en groie moyenne, pour un blé dur (variété Anvergur) semé le 5 novembre 2021

(Source Irré-Lis®)

Pour les parcelles en sol profond (réserve utile (RU) supérieure à 120-130 mm)

Les céréales ont assez d’eau pour l’instant dans ces situations. Les irrigations de montaison sont rarement valorisées. Il est donc préférable d’attendre au moins le stade dernière feuille pointante (DFP) avant de penser à irriguer.

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