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Granulés d’azote sur la terre, en 2019 en Bourgogne Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Céréales : pas de précipitation pour le premier apport d’azote

21 février 2019

L’apport d’azote au tallage est le moins efficient mais il est nécessaire si le reliquat dans le sol à la sortie de l’hiver est faible et/ou sur sols superficiels. Cette année, les premiers résultats de reliquats sont élevés, rappelant les niveaux 2017, ce qui devrait augmenter les situations où sont envisageables, soit l’impasse de l’apport tallage, soit un fractionnement retardé.

Un déficit de pluies

Avec une sécheresse estivale et automnale marquée, les semis de céréales de l’automne 2018 se sont échelonnés sur une large plage de dates, allant des semis les plus précoces dans le sec début octobre jusqu’à des semis plus tardifs de fin octobre à mi-novembre, dans de meilleures conditions. Sur la période automne-début hiver, le cumul de pluie est faible, il atteint seulement 80 % des précipitations moyennes enregistrées depuis 20 ans sur la station de Dijon. Le déficit est proche des valeurs de la campagne 2017 (figure 1). Du côté des températures, le cumul est supérieur à la moyenne de 1°C comme en 2016.

Figure 1 : Position de l'année 2018 en cumul pluies et température moyenne - station de Dijon - du 1er septembre au 11 février

Ces conditions de sécheresse qui ont décalé la levée des céréales conduisent aujourd’hui à des stades très hétérogènes selon les dates et les conditions de semis : de 3 feuilles à plus de 3 talles pour les semis les plus précoces. Globalement, les stades sont en retard d’une dizaine de jours par rapport aux normales.

Premiers éléments sur la valeur des reliquats

Suite à ces conditions sèches, la campagne de reliquats d’azote 2019 s’annonce une nouvelle fois particulière. Les premiers résultats indiquent des valeurs en hausse d’environ 30% sur janvier par rapport à l’année précédente (surtout sur le deuxième horizon).

Ces valeurs élevées s’expliquent principalement par deux phénomènes :
• Des températures assez douces souvent favorables à la minéralisation de l’azote du sol.
• Le déficit de pluie sur l’automne/hiver qui a fortement limité la lixiviation de l’azote par la lame d’eau drainante.

Ces fortes valeurs peuvent cependant cacher une variabilité liée principalement au précédent et au type de sol. La réalisation de reliquats dans vos parcelles est donc un outil important pour le pilotage de votre fertilisation et sa valeur pourra vous permettre de prendre une décision sereine quant au choix de faire une impasse ou un report du premier apport.

En pratique, que faire ?

Dans ces conditions se pose la question de la réalisation ou non d’un premier apport, sachant qu’à ce stade, le blé a des besoins peu élevés et sa croissance est lente. Une part de ses besoins a déjà été absorbée aujourd’hui ou est présente dans le sol : le premier apport est donc juste un complément, si besoin, pour atteindre le stade épi 1 cm sans encombre. Pour rappel, 1 à 2 feuilles équivalent à 5 unités d’azote absorbées par hectare puis 10 unités pour 3 feuilles puis 5 unités supplémentaires par talles additionnelles. De plus, l’azote ne fait pas taller car le nombre de tiges principales est indépendant de la nutrition azotée et dépend essentiellement de la date de semis (cumul de température et durée du jour).

Trois cas possibles :
► Cas des premiers apports réalisés avec des engrais binaires (NP) ou ternaires (NPK) : le premier apport est difficile à supprimer. La stratégie peut être alors de le retarder d’au minimum 15 jours afin d’être dans une situation où le besoin en azote sera réel.

► Cas des premiers apports réalisés avec des engrais uniquement à base d’azote : l’impasse est techniquement possible et pourra être envisagée si vous êtes dans l’une des situations suivantes :

o Reliquats dans les deux premiers horizons (0-60 cm) supérieurs à 60 unités.
o Précédent riche en azote (légumineuse) ou fertilisation importante du précédent.
o Apport de matière organique.
o Sols profonds à bonne minéralisation.
o Date de semis précoce avec de très bon tallage.

► Dans les autres situations : sols (très) superficiels, précédents peu riches en azote, développement faible des cultures, un apport peut se justifier mais devra être limité à 40/50 u N/ha. Cette année, il y a d’avantage de blé sur blé suite au renoncement d’emblaver des escourgeons de crainte des repousses, ces blés précèdent paille méritent un premier apport.

Un apport trop conséquent ou non justifié est souvent préjudiciable : augmentation du risque de verse, maladies, mauvaise valorisation par la plante. Bien qu’une carence puisse limiter le rendement, à l’inverse, l’azote n’accélère ni l’émission des feuilles ni celle des talles ! Il ne compensera en aucun cas un défaut de plantes ou un déficit du nombre de talles liés à de mauvaises conditions de semis.

En ce qui concerne la date d’apport

Privilégiez des conditions favorables à la valorisation (au moins 15 mm de pluie annoncés dans les 15 jours). Pour les parcelles ayant une problématique adventices, pensez à désherber avant d’intervenir (si l’état de résistance des ray-grass et vulpins le permet bien sûr).

Sur orge d’hiver, il n’est pas conseillé de supprimer le premier apport d’azote. En effet, la stratégie d’apports décalés n’a jamais donné de bons résultats. Cette campagne, il y a des orges succédant à des colzas « ratés » mais fertilisés à l’implantation (organique ou minéral) pour lesquelles les doses conseillées peuvent être basses (RSH élevés) mais aussi des orges sur orges. Dans ces situations, le premier apport doit être adapté et un pilotage doit être mis en place avec une bande sur-fertilisée.

Article rédigé par les partenaires de « Blé Objectif Protéines » (BOP) : L. PELCE & D. CHAVASSIEUX (ARVALIS), C. BOULLY (Bourgogne du Sud), M. PAGEOT (Ets Bresson), JB. GOULIER (CA 21), MA. LOISEAU (CA89), JN. HERRGOTT (Ynovae), M. MIMEAU (Dijon Céréales), D. LACHAUD (SAS RUZE), A. PETIT (SeineYonne), E. BONNIN (Soufflet Agriculture).

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