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Puceron levée céréales 2021 Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne / Limousin

Céréales : ne pas baisser la garde vis-à-vis des pucerons

14 octobre 2021

Si la pression pucerons est restée modérée pendant la campagne céréales 2020/2021, ce n’est pas dit que ce sera la même tendance pour les semis à venir. Car ce sont bien les conditions climatiques qui influencent fortement la présence des ravageurs en parcelles, et donc le risque JNO (Jaunisse Nanisante de l’Orge). A surveiller dès la levée !

Quelles conséquences des températures sur les pucerons ?

L’activité des pucerons (vol, reproduction ou tout simplement survie) est très dépendante de la température. Les vols d’individus ailés, responsables de la dissémination des populations et de la contamination initiale des parcelles, démarrent dès 12°C environ. Ce sont ensuite des individus aptères (sans ailes) qui prennent le relais pour former des colonies. La rapidité et l’intensité de leur reproduction augmentent avec la température (jusqu’à 25°C) : des températures élevées sont ainsi favorables à des multiplications rapides sur les cultures. L’activité est réduite quand la température diminue mais les pucerons survivent facilement à 3-5°C (jusqu’à - 5 ou - 12°C en laboratoire, selon les espèces). Tant qu’ils ne sont pas morts, ils continuent à se multiplier, à se nourrir… et donc, à potentiellement contaminer les cultures.

Figure 1 : Relation entre températures et activité des pucerons
Relation entre températures et activité des pucerons

Quand observer les pucerons ?

Dès la levée des céréales, des visites régulières et minutieuses des parcelles sont indispensables pour décider d’une éventuelle intervention. Même peu intenses (et donc difficilement observables), les infestations peuvent conduire à de forts dégâts.

Les pucerons sont facilement visibles sur les feuilles des jeunes plantes en conditions ensoleillées. Les observations doivent être réalisées sur des séries de dix plantes (plusieurs lignes de semis), au cours des heures les plus chaudes de la journée (fin de matinée et début d’après-midi) et sur les zones de la parcelle les plus à risque (proches des haies ou de réservoirs potentiels tels que des bandes enherbées, les jachères, le maïs…).

Lorsque les conditions climatiques ne leur sont pas favorables, les pucerons se font discrets : ils s’abritent dans le cornet des céréales, voire au niveau du sol si ce dernier est motteux ou creux, compliquant leur observation.

Attention : des observations « négatives » n’indiquent pas obligatoirement l’absence de pucerons. Dans ce cas, elles doivent se poursuivre dès le retour de conditions plus propices.

Quand décider d’une intervention ?

À défaut de solution efficace contre les virus, hormis le cas des variétés d’orge tolérantes à la JNO, la protection des plantes cible les pucerons vecteurs de la maladie.

Cette protection ne doit pas reposer sur l’opportunité de réaliser un mélange avec un traitement herbicide (dont les conditions d’efficacité optimales seront différentes par rapport à la lutte contre les pucerons), mais avant tout sur des observations qui mettent en évidence ou non la présence de pucerons dans la parcelle (pyréthrinoïdes = majoritairement produits de contact). Un traitement trop précoce, en l’absence de ces insectes, ne permet pas de protéger la parcelle : les nouvelles feuilles formées ne seront pas couvertes !

Deux seuils indicatifs d’un risque non négligeable sont à retenir :
- l’application est recommandée quand 10 % de plantes portent au moins un puceron ;
- OU quand leur présence se prolonge sur la culture pendant au moins 10 jours, et ce, quel que soit leur nombre.

Même si les observations peuvent sembler « rébarbatives », en l’absence d’une tolérance génétique généralisée, il s’agit du seul levier à disposition pour gérer durablement les pucerons avec des pyréthrinoïdes.

Intervenir en végétation avec quoi ?

Les différentes spécialités aphicides disponibles pour la lutte en végétation (tableau 1) comportent toutes une substance active appartenant à la famille des pyréthrinoïdes. Cette situation est favorable à l’apparition de résistances au sein des pucerons. Par mesure de précaution, et à défaut de pouvoir diversifier les familles chimiques, il est conseillé d’alterner autant que possible les spécialités.

Tableau 1 : Spécialités insecticides en végétation disponibles contre pucerons et cicadelles en blé tendre, blé dur et orges d’hiver
Spécialités insecticides en végétation disponibles contre pucerons et cicadelles en blé tendre, blé dur et orges d’hiver

Ne pas oublier les cicadelles vectrices de la maladie des pieds chétifs !L’activité de la cicadellePsammotettix alienus, vectrice du virus responsable de la maladie des pieds chétifs (WDV), est aussi étroitement liée aux températures et aux journées ensoleillées. Les situations les plus à risques sont les levées les plus précoces, la présence de repousses de graminées dans les parcelles voisines, les zones bien exposées au soleil ou bien abritées (bordées de haies, de bois…), à proximité d’une parcelle dans laquelle il y a eu récemment un retournement des repousses (déplacement des cicadelles). La lutte passe avant tout par l’observation des parcelles, les plus à risque étant prioritaires. L’intervention est conseillée quand le nombre total des captures hebdomadaires dépasse la valeur de 30 cicadelles, ou bien dans le cas d’un suivi bihebdomadaire, lorsqu’il y a une différence d’une vingtaine de captures entre deux relevés (accroissement de l’activité des cicadelles). Une observation directe des cicadelles sur la parcelle peut également être pratiquée lors d’une période ensoleillée, la plus chaude de la journée. Lors de la visite de parcelle à différents endroits, en cas de forte activité (sur cinq points de la parcelle, au moins cinq cicadelles qui sautent devant soi pour chacun), le traitement est conseillé.

Pour en savoir plus, visionnez la vidéo :

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