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Vulpin (graminées) dans une parcelle avant semis de céréales début octobre 2020 en Hauts de France Messagerie Hauts-de-France

Céréales : les leviers pour anticiper la lutte contre les graminées

08 octobre 2020

La campagne céréalière 2020/2021 démarre… avant de semer, il est recommandé d’utiliser les leviers agronomiques pour optimiser la gestion des graminées adventices et de raisonner les interventions herbicides.

Pas de semis précoces sur les parcelles fortement infestées !

Les essais menés au cours de ces quatre dernières campagnes (2016-2020) sur blé et orge d’hiver montrent que le décalage de la date de semis, même réduit, a toujours un effet positif sur le niveau de graminées adventices levées dans la culture (figure 1).

Figure 1 : Effet de la date de semis sur le nombre d'adventices (ray-grass ou vulpins) dans les céréales à paille

L’écart entre deux dates de semis est exprimé en somme de degrés/jour (200°C correspond à une vingtaine de jours à cette période de l’année).

Ce levier est encore plus important pour cette nouvelle campagne, où la faisabilité/efficacité des faux-semis aura été encore une fois mise en défaut par un mois de septembre très peu pluvieux sur certains secteurs.

Au-delà d’un décalage de la date de semis de 15 jours, il faut bien évaluer le bénéfice par rapport aux risques (jours disponibles, conditions d’implantation potentiellement plus difficiles, pertes de potentiel…). On réservera donc ce levier aux parcelles les plus sales.

En plus d'abaisser la pression adventices, et depuis la disparition du Gaucho, le décalage de la date de semis permet de réduire le risque d’infestation par les pucerons - et la transmission du virus de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) - de plus en plus observés sur les céréales.

Dans nos essais, en situations infestées, le décalage de la date de semis s’avère très souvent positif économiquement (nuisibilité adventices moindre et meilleure efficacité des herbicides).

Figure 2 : Rendement économique (produits bruts (rendement*prix du blé) auxquels ont été soustraits les coûts de passages et herbicides), et notes de satisfaction désherbage (de 0 à 10), pour trois dates de semis, et cinq stratégies herbicides

Sur cet essai à Quesmy (60), quelle que soit la stratégie de désherbage chimique choisie (hormis la stratégie sortie d’hiver seule - SH), c’est la date de « semis intermédiaire » au 30 octobre qui permet d’obtenir les meilleurs rendements économiques, avec des notes de satisfaction de désherbage proches de 10. De plus, quels que soient la stratégie et le niveau d’investissement herbicides (entre 70 et 200 €/ha), la note de satisfaction du désherbage pour le « semis précoce » au 5 octobre n’atteint pas le niveau de satisfaction des dates de semis décalées…

Autre levier en cas d’échec de désherbage dans la culture précédente : le labour

Même s’il représente un investissement important (temps de travail et coût de passage), dans les sols qui le permettent, le labour occasionnel peut être un levier très efficace en cas d’échec de désherbage sur graminées dans la culture précédente. Il permettra d’enfouir en profondeur les graines d’adventices. Il s’agira ensuite de ne pas re-labourer les années suivantes de manière à laisser s’exprimer le Taux Annuel de Décroissance (TAD). Ce taux est élevé pour les graminées : 75 % de « mortalité » en une année pour le vulpin ou le ray-grass.

Figure 3 : Effet d’un labour sur le stock semencier d’adventices

Quelles stratégies herbicides à l’automne ?

Après plusieurs semaines en conditions très sèches, la pluviométrie récente (si elle ne s’accentue pas dans les semaines à venir) permettra une bonne préparation des lits de semences et de désherber chimiquement en sol humide, favorisant l’efficacité des produits racinaires. Noter qu’une bonne préparation et des semences bien enterrées permettent aussi de limiter les phénomènes de phytotoxicité !

Le niveau de salissement et l’éventuelle résistance à certains herbicides constituent les clés d’entrée dans le raisonnement des programmes. Le niveau de salissement détermine le type d’interventions (produits, doses) à prévoir ou pas à l’automne.

► Pour les situations de faibles infestations et les populations de graminées sensibles aux familles chimiques HRAC A (FOPs,DEN) et B (ALS) : un passage à l’automne de prélevée ou postlevée précoce (blé à 1-2 feuilles), éventuellement complété par un passage en sortie d’hiver est à envisager.

Tableau 1 : Quelques possibilités de lutte contre le vulpin

Les prix sont mentionnés à titre indicatif.

► En cas d’infestation supérieure à 30 graminées/m² et/ou en cas de résistances aux groupes HRAC A ET B : deux interventions à l’automne peuvent être envisagées. Pour préserver la durabilité des solutions chimiques, il est important d’intégrer la notion d’alternance des modes d’action (groupes HRAC) y compris pour les produits racinaires d’automne et d’éviter de les utiliser deux fois dans le même programme.

Tableau 2 : Quelques exemples de programmes herbicides sur vulpins

Pour en savoir plus, retrouvez nos préconisations complètes et d’autres propositions de programmes de désherbage dans le guide régional Choisir et décider – campagne 2020-2021 – Variétés et interventions d'automne :
- en blé tendre
- en orge d’hiver

Retrouvez également la présentation des résultats des essais de la campagne 2019/2020 en vidéo :

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