En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Granules d’azote au pied des plantes d’orge à fin tallage, en avril 2020 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Céréales : les derniers apports d’azote encore en cours d’assimilation

09 avril 2020

Les situations observées dans les parcelles sont très hétérogènes en raison de l’étalement des dates de semis et de l’excès d’eau hivernal.

Dans les parcelles de céréales, on observe donc des stades de développement très variables qui s’échelonnent de épi 1 cm à 2-3 nœuds ; dans certaines parcelles, le stade dernière feuille pointante est quasiment atteint. Les températures peu poussantes de la première semaine d’avril n’ont que temporairement freiné le développement des cultures ; le retour de températures très douces contribue à maintenir l’avance de 8 à 10 jours observée en végétation.

Côté pluviométrie, le changement est radical : après un régime de pluies quasi ininterrompu du 20 septembre au 5 mars, nous connaissons désormais un épisode prolongé sans précipitations, comme c’est régulièrement le cas en mars-avril dans notre région. Dans les parcelles de limons hydromorphes, le sol s’est repris en masse sous l’effet des pluies répétées. L’horizon de surface est sec et colmaté tandis qu’il reste de la fraîcheur en profondeur. Cet état rend difficile l’émiettement et les préparations de sol en vue des semis de printemps. Il est aussi pénalisant pour l’alimentation des cultures mal enracinées. Enfin, l’absence de pluies significatives depuis le 10 mars, pénalise fortement l’assimilation de l’engrais azoté, induisant des carences sévères dans les parcelles qui n’ont pu recevoir leur dernier apport qu’après cette date.

Les apports d’azote réalisés après le 10 mars ne sont pas valorisés sur la totalité des secteurs de la région

Les derniers apports d’azote ont été réalisés début mars, après le gros épisode de pluie du 1er mars. Deux situations sont observées actuellement en Pays de la Loire :

• Les parcelles portantes, dans lesquelles les apports azotés ont pu être réalisés avant le 10 mars, sont actuellement bien alimentées en azote.

En effet, quelle que soit la date de semis, lorsque le dernier apport d’azote a été réalisé avant le 10 mars, celui-ci a pu être correctement valorisé car la pluie est tombée en quantité suffisante - au moins 15 à 20 mm dans les 15 jours suivant l’apport - dans la majorité des secteurs (tableau 1). Ces parcelles, qui ont reçu un à deux apports au tallage et à épi 1 cm, sont actuellement correctement alimentées. Même si l’absence prolongée de pluie et le vent desséchant sont défavorables à la croissance, les plantes n’ont pas besoin d’un apport d’engrais complémentaire d’ici mi voire fin avril, selon les stades et les quantités d’engrais déjà apportées.


• Les parcelles hydromorphes, dans lesquelles il n’a pas été possible de ré-intervenir avant le 10-13
 mars, n’ont pas encore pu assimiler totalement le dernier apport d’azote.

Dans ces situations, les fortes pluies du 1er mars ont de nouveau condamné l’accès aux parcelles jusqu’à mi-mars. Les apports d’engrais n’ont donc pu être réalisés que tardivement (deuxième décade de mars), et ne sont que peu, voire pas encore assimilés par les plantes. On y observe donc des céréales chétives, déjà affaiblies par l’excès d’eau hivernal prolongé, et désormais carencées en azote. De plus, les sols repris en masse sont colmatés, l’enracinement est déficient et l’état structural est très défavorable au développement des plantes.

Dans ces parcelles, la carence azotée est désormais installée depuis une quinzaine de jours, sur des cultures en pleine montaison. A ce stade avancé, la carence prolongée affectera le potentiel de rendement déjà entamé par l’excès d’eau et les mauvaises implantations. Un retour de la pluie serait donc salutaire pour préserver au mieux la production. Rappelons qu’il faut cumuler au moins 15 mm de pluie pour valoriser pleinement un apport d’azote. L’épisode annoncé cette semaine risque d’être tout juste suffisant.

Tableau 1 : Cumul de pluies sur les différents secteurs de la région et valorisation de l’azote en fonction de la date d’apport (données réelles jusqu’au 3 avril 2020 – source Météo France)

Pour toutes les situations, il est essentiel d’attendre que le dernier apport d’azote soit entièrement valorisé avant d’envisager l’utilisation d’un outil de pilotage

En effet, un diagnostic trop précoce de l’état d’alimentation en azote des cultures serait biaisé car l’apport d’engrais précédent n’est pas encore pleinement assimilé. Il est donc urgent d’attendre ! Le recours à un outil de pilotage fin avril permettra alors de bien calibrer la quantité d’engrais nécessaire à chaque parcelle à la fin de la montaison. On évitera ainsi de sous-estimer ce dernier apport, comme c’est souvent le cas suite à un hiver humide. Le diagnostic permis par l’outil, s’il est bien positionné, est l’assurance d’ajuster au mieux les apports aux réels besoins de la culture, particulièrement délicats à estimer en année difficile.

La montaison met en évidence des symptômes de JNO sur blé tendre d’hiver

Des symptômes de Jaunisse Nanisante de l’Orge (JNO) étaient déjà signalés sur orge d’hiver depuis quelques semaines, initialement en Vendée et en Mayenne, sur les semis les plus précoces. Des cas sont à présent remontés dans la totalité de la région.

De la JNO est également signalée sur un certain nombre de parcelles de blé tendre d’hiver, en Vendée principalement. Rappelons qu'une fois la plante infectée, il n’existe aucun moyen de lutte contre cette maladie virale.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture de la Mayenne, la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, Bernard AgriServices, Soufflet Agriculture, les Ets Hautbois.
Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10