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Engrais  d’azote au pied des céréales avant le stade tallage en mars 2020 en Lorraine Messagerie Lorraine

Céréales : les derniers apports d’azote en attente de la pluie

16 avril 2020

La sécheresse persiste depuis le 10 mars, ce qui joue sur la valorisation des derniers apports d’azote et sur le pilotage de ceux à venir.

Pour qu’un apport soit considéré comme valorisé, il faut un cumul d’environ 15 mm de pluies dans les deux semaines suivant l’apport. Dans la majorité des cas, la date limite d’apport pour une bonne valorisation de l’azote s’est située autour du 10 mars pour cette campagne. Depuis, aucune précipitation ne s’est manifestée.

Quelles conséquences au champs ?

Le blé est capable d’endurer des carences temporaires en azote pendant la montaison sans trop de dégâts. Néanmoins, plus la période de mauvaise valorisation s’étend, plus l’impact probable sur le rendement se renforce. Si la bonne absorption n’est pas rétablie avant le stade dernière feuille étalée (DFE), le nombre d’épis/m² peut être affecté. Une fois ce stade dépassé, les perspectives de rattrapage s’amenuisent. Le nombre de grains/épi sera ensuite lui aussi affecté.

Le suivi de l’indice de nutrition azoté (INN - modélisation CHN) permet de mieux visualiser l’état de nutrition des blés. Sur l’exemple proposé (figure 1), les apports même anciens permettent d’assurer une nutrition suffisante jusqu’au 20 avril. Il est donc urgent que la pluie revienne pour permettre la valorisation de nouveaux apports, sans négliger non plus les possibles fournitures du sol par minéralisation.

Plus cette carence temporaire d’azote perdurera, plus il sera difficile d’atteindre un INN de 0,9 au stade DFE.

Figure 1 : évolution de l’indice de nutrition azotée (INN) pour la variété Chevignon, semée le 10 octobre 2019 à Nancy, dans un argilo-calcaire moyen - Apport de 40 U le 25 février et de 80 U le 9 mars

Plusieurs cas de figures pour le pilotage de l’azote

Dans une stratégie classique de pilotage, le stade 2 nœuds marque le départ du pilotage du dernier apport d’azote. Il sera précieux dans le contexte difficile de cette année.

Cependant, pour réaliser un diagnostic précis, il est nécessaire que les plantes aient absorbé l’intégralité de l’azote à disposition. Deux cas de figures sont actuellement possibles :
• Cas 1 : le dernier apport d’azote en date a été réalisé avant la période de sec. Dans ce cas, le diagnostic pour le pilotage des apports à venir peut être mené.

• Cas 2 : le dernier apport d’azote en date n’a pas reçu de pluviométrie conséquente. Dans ce cas, il est nécessaire d’attendre le retour des pluies pour réaliser un diagnostic. Celui-ci doit intervenir au mieux quelques jours après les premières pluies.

Malgré l’absence de pluie et la volatilisation importante des apports en conditions sèches, il est probable qu’une certaine quantité d’azote, difficile à déterminer avec précision, reste aujourd’hui présente dans le sol. Elle sera absorbée par les plantes dès le retour des pluies.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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