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Symptômes d’attaques de taupins en Pays de  la Loire en janvier 2019 Messagerie Pays de la Loire

Céréales : le refroidissement devrait ralentir l’activité des taupins

24 janvier 2019

Cette année, des attaques de taupins sont fréquemment signalées dans notre région. Les symptômes sont apparus assez précocement mais restent globalement diffus. Les conséquences devraient être assez limitées, sauf si les conditions redeviennent favorables à ce ravageur du sol.

Les attaques de taupins semblent plus particulièrement localisées dans le bocage et, fait assez inhabituel, elles ont été observées dès le début de l’hiver. Dans la plupart des cas, il s’agit de petits foyers diffus encore peu impactant sur les cultures, à condition que les attaques ne progressent pas trop. Des attaques plus sévères sont ponctuellement signalées.

Quels facteurs explicatifs ?

Les facteurs favorisant le ravageur sur céréales sont connus et ont pu être précisés grâce au travail d’enquête que nous avons réalisé dans notre région entre 2005 et 2012. Les situations les plus exposées sont les rotations avec prairie, les parcelles où des attaques ont déjà été constatées, les parcelles en pente exposée au sud, les sols difficiles à rappuyer.

Cependant, il est toujours difficile de déterminer précisément les facteurs agro-climatiques en jeu quant à l’activité des ravageurs du sol et de prévoir un risque d’attaque a priori. Dans le contexte de cette campagne, plusieurs facteurs peuvent toutefois expliquer une activité plus soutenue :

- le climat que nous connaissons depuis la fin de l’automne est favorable à l’activité : douceur et pluies régulières ont contribué à la remontée des larves de taupin en surface après une longue période de sécheresse estivale, durant laquelle elles avaient migré en profondeur pour se protéger, 
- la sécheresse de l’été a également limité la présence de végétation à l’interculture avec en conséquence peu de résidus végétaux enfouis lors des préparations de sols. Les larves, d’abord détritivores, s’attaquent donc plus volontiers à la culture en place en l’absence de résidus.

Reconnaître les symptômes

On constate beaucoup cette année des symptômes diffus avec des plantes touchées ça et là. En cas d’attaque significative, les dégâts se répartissent plutôt en foyers sur la parcelle mais ces foyers peuvent s’étendre plus largement si les attaques persistent.

Sur jeune plante, on observe un jaunissement des extrémités du feuillage – la feuille centrale étant la plus atteinte. On peut voir la base de tige qui est lacérée, trouée, les racines rongées. En revanche, les feuilles ne sont pas lacérées, comme le font les limaces. Les plantes poussent mal, restent chétives ou meurent en fonction de l’intensité de l’attaque.


La Jaillière 11/01/19, symptômes diffus : on observe régulièrement des plantes avec une talle attaquée. A ce stade plein tallage, sur céréale bien implantée, les symptômes observés ne devraient pas avoir de conséquence sur le rendement.

Attention : il convient de s’assurer qu’on a bien affaire à du taupin en déchaussant délicatement quelques plantes touchées et en recherchant une perforation à la base de la tige.


Confirmation du diagnostic : la base de la tige est lacérée ou perforée. En l’absence de perforation, le taupin n’est pas en cause.

Pas de solution curative efficace

Vis-à-vis du taupin, la lutte ne peut être que préventive. Travailler le sol à l’interculture afin d’éliminer les nymphes et les plus jeunes larves est un premier levier. Les conditions sèches de l’été étaient propices à son efficacité derrière une céréale, un pois ou un colza. En revanche, la marge de manœuvre est plus réduite derrière maïs.

Dans les situations à risque, il est recommandé d’utiliser un traitement de semences insecticide (Attack, Austral Plus Net ou Langis). Ces trois produits présentent une efficacité moyenne vis-à-vis du taupin mais suffisante pour contenir une attaque en hiver et sortie d’hiver.

Aujourd’hui, quand on constate des dégâts, il est malheureusement trop tard pour intervenir : les traitements insecticides en végétation sont inefficaces et non homologués pour cet usage.

Faut-il craindre une progression des attaques ? Quelles conséquences ?

Le refroidissement de cette semaine devrait contribuer positivement à stopper l’activité des taupins : les larves vont redescendre en profondeur pour se protéger du froid. En revanche, le retour de la douceur et le maintien d’un temps humide seraient synonyme de reprise d’activité.

Les céréales sont bien implantées dans l’ensemble. Des symptômes diffus à ce stade devraient avoir peu d’incidence sur la culture. Les situations les plus préoccupantes correspondent aux attaques précoces et marquées avec des pertes de pieds sur de larges zones.

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