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Apport d'azote sur blé au stade tallage fin février 2021 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Azote sur céréales : l’apport tallage à effectuer en priorité en sols superficiels

18 février 2021

Dans la plupart des situations, les besoins en azote des céréales sont encore modérés et couverts par la minéralisation du sol. Mais les stocks sont faibles sur les sols superficiels et s’amenuisent dans les sols les plus profonds. La demande des plantes va s’accélérer dans les prochaines semaines. Dès lors, un premier apport azoté est à envisager si des pluies significatives sont annoncées, en priorité dans les sols moins pourvus.

Quelles interventions pour assurer rendement et qualité ?

1- Des apports d’azote au tallage, de 30 à 50 unités, peuvent être envisagés dès cette semaine, en priorité dans les sols superficiels et filtrants, ainsi que dans les parcelles ayant souffert d’ennoiement dès qu’elles sont ressuyées.

2- Les besoins des plantes (en croissance encore modérée) sont pour l’instant toujours peu élevés, et sont couverts par la minéralisation du sol. Il y a donc peu d’urgence et il est recommandé de positionner ses apports en fonction des prévisions météorologiques, en visant des interventions avant un épisode de pluie. Ceci sera d’autant plus préconisé pour les apports avec de la solution azotée plus sensible à la volatilisation.

3- Avant toute intervention, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage des sols pour ne pas dégrader leur structure. Dans un sol saturé d’eau, les plantes plus ou moins asphyxiées ne se développent pas. Leurs besoins en éléments minéraux sont très fortement réduits.

4- Par ailleurs, certaines structures de sol sont déjà fragilisées actuellement (par les conditions de la campagne précédente et/ou des conditions d’implantation de cet automne) : toute intervention en condition « limite » pour des apports d’azote est donc à proscrire !

5- Si les parcelles sont sales, les désherbages de rattrapage devront être réalisés dès que les conditions climatiques favorables seront réunies et cela, avant tout apport d’engrais. Ceux-ci favoriseraient le développement des adventices et rendraient plus difficile leur contrôle.

Pourquoi ? Le point sur la situation

Les dernières semaines ont été marquées par un long, et parfois intense épisode pluvieux, allant de 100 à près de 200 mm en trois semaines, rendant les parcelles inaccessibles et entraînant localement des ennoiements. Ces pluies se sont accompagnées de températures au-dessus des normales sur la première décade de février, avant le retour d’un épisode de froid bref la semaine dernière.

Au final, les semis d’octobre, qui ont déjà profité de la douceur de novembre, connaissent un cumul de températures actuellement supérieur à la médiane d’une petite centaine de degrés (ce qui correspond approximativement à l’émission d’une feuille), ce qui n’est pas le cas des semis plus tardifs. Hormis les cas d’ennoiement sévère, les céréales devraient arriver au stade épi 1 cm, marquant le début de la montaison, à des dates classiques, voire avec un peu d’avance, sur la première quinzaine de mars dans de nombreuses situations.

A la faveur des importants épisodes de pluie de décembre à février, le cumul est actuellement au-dessus de la médiane.

Carte 1 : cumul de précipitations en Poitou-Charentes et Vendée du 20 janvier au 10 février 2021


Les cumuls abondants de pluies ont entraîné une lixiviation du nitrate importante, notamment sur les sols superficiels et plus tardivement pour les sols plus profonds. Les céréales sont le plus souvent entre mi-tallage et redressement. Leurs besoins sont jusqu’à présent modérés et couverts par la minéralisation du sol. En outre, les bandes doubles densités observées sur des essais, premier indicateur d’un début de déficit, restent pour l’instant vertes. D’un autre côté, les stocks sont souvent bas, avec une demande des plantes qui va s’accélérer.

Pour raisonner les apports d’azote, nous pouvons distinguer trois situations :

• Dans les sols argilo-calcaires superficiels type groie, les stocks d’azote sont bas. Les plantes ont encore peu absorbé d’azote, et les besoins sont en croissance modérée. Les besoins sont pour l’instant couverts, mais devraient augmenter prochainement. Un apport de 30 à 50 unités est à envisager lorsqu’un épisode pluvieux significatif est annoncé, condition permettant une bonne valorisation.

• Dans les sols plus profonds, la minéralisation est plus conséquente et le stock d’azote dans le sol est souvent plus haut, mais plus variable, dépendant du précédent et des pratiques. Un reliquat sortie hiver à 90 cm de profondeur peut permettre d’ajuster sa conduite. Le cumul de pluviométrie de l’automne, associé aux derniers épisodes, a pu tout de même entraîner une lixiviation de l’azote, même sur les sols moins filtrants. Il convient donc de rester vigilant sur leur interprétation s’ils ont été effectués avant le 20 janvier. Des apports d’azote sur ces parcelles ne sont pas pour autant prioritaires, mais vérifier les doses d’azote prévisionnelles qui doivent, si besoin, être revues à la hausse, une fois le reliquat corrigé.

• Dans le cas de parcelles qui ont noyé, leur croissance, aérienne, mais aussi racinaire, est retardée. Aussi, dès que ces parcelles sont ressuyées, il est recommandé d’effectuer un apport pour pallier à une prospection racinaire souvent affaiblie.


Photo 1 du 10 février : RGT CESARIO, semis du 20/10/20, Lusignan (86)


Tableau 1 : exemple de fractionnement possible de la dose d’azote

Piloter pour ajuster la dose à DFE -
* = dose en kg N/ha (ou unités)

Un nouveau point sera réalisé vers le 10 mars pour actualiser les préconisations de fertilisation azotée en fonction de l’évolution des cultures et des conditions météorologiques.

Rappel règlementaire : l’arrêté Programme d'Actions Régional (Directives Nitrates) de Nouvelle-Aquitaine est paru le 12 juillet 2018

Il définit notamment les règles de fractionnement de la fertilisation azotée sur la région. Pour les quatre départements de l’ex-Poitou-Charentes, les règles évoluent peu :
- Aucun apport minéral (type III) n’est autorisé avant le 1er février ;
- Pour un apport pendant la phase tallage : 50 kg d'azote efficace par ha maximum avant le stade épi 1 cm ;
- Obligation de réaliser au moins deux apports si la dose totale apportée à la culture sous forme d’engrais minéraux est comprise entre 110 et 160 kg d'azote efficace par hectare ;
- Obligation de réaliser au moins trois apports si la dose totale apportée à la culture sous forme d’engrais minéraux est supérieure à 160 kg d'azote efficace par hectare.


Message rédigé par Arvalis - Institut du végétal avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de la Charente et de la Vienne, Coop de Mansle, Coop de Matha, Coop Sèvre et Belle, Océalia, Piveteau, Soufflet.

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