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Déchargement de sacs de semences de différentes espèces en décembre 2019, en Occitanie Messagerie Sud-Ouest

Céréales : faut-il changer d’espèces pour les semis tardifs ?

12 décembre 2019

La période de semis des céréales ne cesse de se prolonger. Rapide panorama des espèces de céréales encore adaptées à des implantations si tardives.

Beaucoup de parcelles ne sont toujours pas semées et les questions de changement d’espèces commencent à se poser. Les références expérimentales sur le potentiel des différentes céréales semées tardivement sont peu nombreuses mais la connaissance de leur comportement agronomique et de leurs exigences en matière de conduite culturale peuvent aider dans la prise de décision.

Quelles espèces possibles pour les semis tardifs ?

Blé tendre : pas de risque jusqu'à mi-janvier

Sous réserve de choisir une variété précoce et dont la note d’alternativité est adaptée (note de 3 à 6 pour notre région), il est possible, sans prendre de risque physiologique majeur, de semer du blé tendre jusqu’à la fin du mois de janvier.

Le potentiel de rendement commence à être pénalisé de façon conséquente à partir de début janvier. On peut estimer la baisse de potentiel pour un semis de mi-janvier d’environ 15 à 20 q/ha en sol profond, jusqu’à 30 q/ha en sol superficiel (si la fin de cycle est sèche).

Blé dur : soigner la qualité d'implantation

Toutes les variétés de blé dur étant des variétés de printemps, l’espèce se prête facilement à des semis très tardifs. Toutefois, la perte de potentiel par rapport à des semis de début novembre sera présente. Même si l’espèce « tolère » mieux les semis tardifs car le nombre d’épis objectif est plus faible qu’en blé tendre, les pertes de rendement peuvent osciller entre 10 à 20 q/ha selon la situation et le type de sol. La qualité de l’implantation joue un rôle prépondérant sur le potentiel atteignable.

L’espèce ayant un système racinaire plus fragile que le blé tendre, il faut également privilégier son implantation en première paille et éviter les précédents maïs - sauf si ceux-ci ont été récoltés tôt (octobre) et leurs résidus enfouis avant l’implantation.

Orges : préférer une variété de printemps

A partir de début décembre, il est préférable de s’orienter sur des orges de printemps, plus adaptées aux semis tardifs (y compris pour l’alimentation animale). Il faudra privilégier les variétés les plus tolérantes à la rhynchosporiose.

Triticale : peu approprié aux semis très tardifs

Même si certaines variétés sont précoces, le rythme de développement du triticale est plus lent que celui du blé, ce qui le rend moins approprié à des semis très tardifs. Au-delà du mois de décembre, il sera préférable de s’orienter vers des espèces plus précoces : blés ou orges de printemps.

L’offre régionale en alternativité

Pour monter à épi, les céréales à paille doivent séjourner durant un certain nombre de jours « vernalisants » entre la germination et la fin du tallage. Si ce besoin n’est pas couvert, les talles émises resteront au stade herbacé et ne produiront pas de grain. Le besoin en jours vernalisants dépend de l’alternativité des variétés : les variétés type hiver (note d'alternativité de 2) ont besoin de 45 jours de vernalisation alors que les variétés type printemps (note de 9) n'ont besoin que de 5 jours.

Un jour vernalisant correspond à un jour au cours duquel la température moyenne est comprise entre 3 et 10°C. Quand la température moyenne est inférieure ou supérieure à cette plage de valeur, l’efficacité de vernalisation diminue progressivement jusqu’à s’annuler. Ainsi, une journée à 0°C ou à 13°C ne sera comptée que comme une ½ journée vernalisante.

Figure 1 : Températures optimales pour la vernalisation

Offre Sud-Ouest en jours vernalisants

La variabilité est peu importante à l’échelle de la région. Elle est non limitante jusque début janvier. Une année sur 10 (décile 1), elle devient limitante pour les variétés les plus exigeantes à partir du 5 janvier sur En Crambade (31) et du 10 janvier sur Auch (32) et Bergerac (24).

Figure 2 : Evolution du nombre de jours vernalisants – En Crambade – période de 1998 à 2018


Figure 3 : Evolution du nombre de jours vernalisants – Auch – période de 1998 à 2018


Figure 4 : Evolution du nombre de jours vernalisants – Bergerac – période de 1998 à 2018

Les précautions à prendre au moment du semis

Pour les semis très tardifs de céréales, il faut soigner le plus possible le positionnement de la graine. Un semis au-delà de 2 cm de profondeur mettra beaucoup plus longtemps à lever.  D’autre part, une gelée marquée pourra entraîner une rupture mécanique du rhizome, synonyme de mort de la plantule.

En retardant la date de semis, la durée du tallage diminue et donc son intensité. Il faut donc compenser ce défaut en augmentant progressivement la densité de semis avec le retard pris. Toutefois, il est inutile d’augmenter indéfiniment la densité. Les densités moyennes peuvent être plafonnées à 390 grains semés en sols superficiels et 350 grains en sols plus profonds. Si les conditions d’implantations sont défavorables (sols très motteux, collants), on pourra majorer ces valeurs de 10 %.

Tableaux 1 et 2 : Recommandations de densités de semis pour du blé tendre lignée et du blé dur, pour une faculté germinative de 95 %

Estimez la densité adaptée grâce à l’outil en ligne « Densité optimale ».

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1 commentaires 14 décembre 2019 par TESSIER

Des précisions intéressantes sur la vernalisation.

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