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Faible attaque de septoriose sur des feuilles de blé tendre en avril 2020 en Bretagne Messagerie Bretagne

Céréales : faible pression maladies

16 avril 2020

Alors que la majorité des céréales sont actuellement au stade 1 nœud, les maladies foliaires se font plutôt discrètes, à la faveur des conditions sèches. De la rouille jaune est parfois observée sur variétés sensibles. Un T1 est peu justifié dans la plupart des situations. Voici les clés de décision.

Sur blé comme sur orge : un T1 souvent non rentabilisé

Dans notre région, depuis quelques années, les maladies foliaires se développent assez tardivement. Deux phénomènes peuvent l'expliquer. D’une part, une longue période sans pluie en mars – avril limite la progression des maladies comme la septoriose, la rhynchosporiose et l’helminthosporiose. D’autre part, des variétés de blé tendre de plus en plus tolérantes aux maladies sont cultivées, en particulier vis-à-vis de la septoriose (figure 1). Pour cette campagne, 50 % des surfaces sont implantées avec une variété de blé tendre notée au moins 6,5 et surtout, on note une quasi disparition des variétés sensibles à très sensibles.

Figure 1 : Evolution du panel variétal en blé tendre en fonction des notes de résistance à la septoriose

Depuis 2015, il y a une forte progression des variétés résistantes à la septoriose cultivées en Bretagne.

C’est dans ce contexte qu’ARVALIS a évalué la pertinence technico-économique du traitement fongicide visant les maladies foliaires en début de montaison (couramment appelé T1 et positionné entre les stades 2 nœuds et dernière feuille pointante).

Sur blé tendre, en considérant que le seuil de rentabilité économique d’un T1 se situe à 3 q/ha (pour un coût de 25 à 30 € de fongicide + coût du passage), la synthèse de 363 comparaisons sur la période 2013 – 2019 montre que le T1 n’est rentable que dans 27 % des cas, toutes sensibilités variétales confondues. La probabilité de valoriser un T1 sur une variété résistante à la septoriose (note ≥ 6,5, type LG Absalon) est inférieure à 3 %. Il en ressort également que l’intérêt du T1 est très fortement corrélé au niveau de nuisibilité des maladies : pour une nuisibilité proche de 20 q/ha, fréquemment observée en Bretagne, le gain moyen brut du T1 n’est que de 2,3 q/ha. Ce dernier n’est donc pas rentabilisé sur la base des hypothèses considérées.

En définitive, un traitement inutile coûte plus cher qu’une mauvaise impasse car le risque que l’on prend à ne pas traiter n’est pas plus grand que le coût de l’assurance prise en traitant.

Ainsi, dès lors que la variété est résistante à la septoriose (note ≥ 6,5 par exemple Chevignon, LG Absalon, RGT Cesario, KWS Extase…), et à la rouille jaune (note > 6) – ou en l’absence de cette dernière, le T1 n’est pas justifié.

Les recommandations sur blé tendre

A l’aide des observations terrain, du bulletin de santé du végétal (BSV) ou des outils d’aide à la décision comme Septo-LIS®, il est primordial d’adapter sa protection à la parcelle et au contexte de l’année.

Tableau 1 : Recommandations d’ARVALIS pour lutter contre la septoriose sur céréales


Photo 1 : RGT Sacramento – stade 2 nœuds – Bignan (56) - 14/04/2020 - Absence de maladies de la F1 à la F4 du moment (Bignan (56) 14/04/2020).

Zoom sur les situations avec de la rouille jaune entre les stades 2 nœuds et dernière feuille pointante

Rappelons les seuils d’intervention pour lutter contre la rouille jaune en fonction de la tolérance variétale :
• Pour les variétés sensibles (note ≤ 6)

- au stade épi 1 cm, traiter uniquement en présence de foyers actifs de rouille jaune (pustules pulvérulentes) ;
- au stade 1 nœud, traiter dès la présence des premières pustules dans la parcelle.

• Pour les variétés résistantes (note > 6)

- avant le stade 2 nœuds, ne pas intervenir ;
- après le stade 2 nœuds, intervenir dès l’apparition de la maladie.


Photo 2 : pustules de rouille jaune alignées.

Quel produit choisir en cas de traitement nécessaire ?

En cas de protection nécessaire, il est recommandé de choisir des produits à base de triazoles efficaces : cyproconazole (Priori Xtra 0,5...), metconazole (Juventus 0,75…), tébuconazole (Balmora 1…) ; voire de compléter avec une strobilurine (Amistar 0,5..) (figure 2).

Respecter l'alternance des matières actives et les cadences de traitement.

Figure 2 : Efficacités de différentes spécialités fongicides sur la rouille jaune du blé tendre - Liste non exhaustive
 

Source : ARVALIS - Institut du végétal.

Quid des orges ?

Comme pour le blé, les essais menés par ARVALIS sur orge démontrent que la rentabilité d’un T1 n’est généralement pas assurée sur variété tolérante (type Augusta, KWS Cassia, Memento…) ou moyennement sensible (type Amandine, KWS Jaguar). Dans ces situations, il est possible de recourir à une application unique en l’absence de maladies au stade 1-2 nœuds des orges (photo 3). A positionner dans ce cas de préférence au stade DFE (dernière feuille étalée) plutôt qu’à la sortie des barbes, pour une meilleure performance technique.


Photo 3 : orge d’hiver variété Memento au stade 2 nœuds(Bignan (56) 14/04/2020).

Concernant les variétés sensibles à l’helminthosporiose et à la rhynchosporiose (type Etincel), il est recommandé de rester sur un programme classique avec une première intervention fongicide au stade 1 nœud, suivie d’une seconde application à la sortie des barbes. Dans ces situations, il faut prévoir une enveloppe d’environ 20 € pour le T1 : Unix Max + Kantik ou Unix Max + Meltop One présentent des niveaux d’efficacité satisfaisants.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
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