En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Chaulage d’une parcelle avant semis de blé en 2018 en Bretagne Messagerie Bretagne

Céréales : éviter de trop chauler dans certains sols

20 septembre 2018

En modifiant le pH du sol, le chaulage peut jouer sur les risques de piétin échaudage et de carence en manganèse dans les céréales. Dans certains sols, il est recommandé de bien raisonner le niveau des apports.

Piétin échaudage : pas de chaulage avant implantation des céréales

La flore antagoniste du piétin échaudage présente dans la rhizosphère des céréales joue un rôle très actif sur la limitation du piétin échaudage. En produisant un antibiotique fortement antagoniste du champignon, certaines bactéries de la rhizosphère (Pseudomonas fluorescens) inhibent son développement. Ces bactéries se multiplient sur les racines, principalement où se développent les jeunes nécroses. Leur activité est fortement dépendante du pH du sol : elle diminue lorsque le pH augmente.

L’effet du chaulage sur le développement du piétin échaudage est un facteur de risque bien identifié. En effet, de nombreuses études bibliographiques ont mis en évidence l’incidence de l’augmentation du pH sur le développement du piétin échaudage.

Cet effet a été confirmé lors d’essais récents réalisés par ARVALIS dans l’ouest, ainsi que par le suivi de près de 90 parcelles en Vendée en collaboration avec la CAVAC en 2016 et 2017 : le chaulage y est ressorti parmi les cinq facteurs les plus significatifs des fréquences d’attaques de piétin échaudage.

En 2018, une expérimentation a été reconduit sur ce thème pour comparer l’incidence de différents amendements basiques (carbonate broyé - Valeur Neutralisante 52, et chaux vive - Valeur Neutralisante 90) sur le développement du piétin échaudage avant implantation d’un blé/blé. L’épandage d’amendement a été réalisé avant le semis du blé et suivi d’un enfouissement immédiat pour obtenir une incorporation à 10 cm. Le pHeau initial de la parcelle est de 6,1. Quel que soit le type d’amendement basique (carbonate broyé et chaux vive) et la dose apportée (1000 ou 2000 kg CaO/ha), les apports se traduisent par une augmentation importante de l’intensité de piétin échaudage (figure 1).

Figure 1 : Incidence du chaulage sur le développement du piétin échaudage – essai ARVALIS à Bignan (56) – juin 2018

La mesure régulière du pHeau est indispensable et s’impose tout particulièrement dans les parcelles à risque de piétin échaudage pour éviter d’aggraver le risque avec un chaulage.
Si le pHeau de la parcelle est trop bas (pHeau < 5,8), il est préférable d’éviter les cultures d’orge et de féverole. Dans ce cas, il convient de privilégier des cultures moins sensibles à l’acidité (maïs, triticale, prairies). 

Carence en manganèse : ne pas dépasser un pHeau de 6,5

Les risques de carence en manganèse apparaissent particulièrement dans les situations suivantes :
- sols acides surchaulés,
- sols riches en matière organique,
- sols sableux à forte proportion de sables grossiers.

Les techniques culturales peuvent également augmenter le risque : travail trop fin et trop profond qui facilite l’aération du sol, chaulage récent. Enfin, le climat peut favoriser la carence, en particulier dans le cas d’automnes ou d’hivers secs qui maintiennent une aération constante du sol favorable à l’oxydation du manganèse.

Les analyses réalisées dans les zones carencées de 40 parcelles bretonnes au cours des hivers 2016 et 2018 ont permis de confirmer la pertinence des facteurs favorables à l’expression de la carence (teneur en sables grossiers et en matière organique élevés).

Dans chacune des 40 parcelles, des analyses de sol complètes ont été réalisées entre les zones saines (absence de carence) et les foyers où la carence est présente. Parmi l’ensemble des indicateurs de l’analyse de sol, il apparaît que le pHeau des zones saines (pHeau = 6,5) est le seul paramètre qui se différencie statistiquement des zones carencées (pHeau = 6,8).

Il convient donc de ne pas dépasser un niveau de pHeau de 6,5 pour limiter les risques de carence.


Un chaulage excessif peut conduire à un risque de carence élevé.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

1 commentaires 21 septembre 2018 par CHICOUENE

Le chaulage peut aussi favoriser de nombreuses mauvaises herbes redoutables pour le blé (circe des champs, vulpin des champs, etc.) qui s'étendent en Bretagne ces dernières décennies.

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10