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Attention aux risques de carence en soufre sur céréales en 2021 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Céréales et soufre : des risques de carence importants dans de nombreuses situations

18 février 2021

Entre les importants épisodes de pluie en octobre, décembre et janvier-février, les pluies cumulées sont actuellement au-dessus de la médiane, entraînant dans de nombreuses situations une lixiviation des éléments minéraux mobiles, comme l’azote et le soufre. Pour éviter le risque de carence, un apport de soufre est à prévoir, même dans certaines situations en sols profonds cette année.

A retenir pour 2021

1- Dans les sols les plus superficiels régulièrement plus exposés aux risques de carences, les doses à apporter devront être revues légèrement à la hausse par rapport à une année plus normale. Les apports seront de 40 à 50 kg SO3/ha sur les groies superficielles, ou 30 à 40 kg SO3/ha sur les groies moyennes à profondes pour des potentiels de rendement de 60 à 80 q/ha (situations sans apport de produits résiduaires organiques (PRO)).

2- Des apports de 20 à 30 kg SO3/ha devront être prévus, notamment dans les situations de sols assez profonds où les impasses sont habituellement recommandées (situations sans apport de PRO).

3- Pour les céréales d’hiver semées précocement, l’apport peut être envisagé dès maintenant pour prévenir d’une carence précoce, mais les besoins en soufre augmenteront significativement qu’à partir d’épi 1 cm : il n’y a donc pas d’urgence absolue.

4- Les risques sont plus modérés sur le Thouarsais et le Nord Vienne, les cumuls de précipitations ayant été moins excessifs. Les doses pourront être plus basses et les impasses plus fréquentes selon les pratiques et les types de sols.

5- Pour les céréales semées plus tardivement (blé dur, orge de printemps), la gestion de cet élément est identique à celle des céréales d’hiver ; mais le cycle se déroulant plus tardivement, avec des températures plus élevées, les besoins précoces sont mieux couverts par la minéralisation du sol. En objectivant au mieux le potentiel de rendement, les doses à apporter se situeront autour des 20 à 30 kg SO3/ha pour les sols les plus à risque.

Le soufre présente une mobilité dans le sol similaire à celle de l’azote : il est en effet lixiviable et se libère par minéralisation. Les fournitures du sol en soufre sont ainsi étroitement liées au type de sol, aux apports de matières organiques et au climat de l’automne et de l’hiver. Aujourd’hui, compte tenu de la pluviométrie hivernale importante, le risque de carence en soufre est plutôt élevé dans bon nombre de situations de la région.

Les cumuls de pluie depuis le 1er octobre dépassent régulièrement les 400 mm actuellement (carte 1) : ainsi les situations de sols assez profonds, où les impasses sont habituellement recommandées, devront être fertilisées en soufre cette année et les sols les plus superficiels avec une dose un peu plus conséquente.

Carte 1 : Risque de carence en soufre en lien avec le cumul des précipitations depuis le 1er octobre 2020

Dans toutes les situations identifiées en couleur rouge et jaune foncé, un apport de soufre est préconisé, même en sols profonds en absence d’apport régulier de matière organique et pour des objectifs de rendement supérieur à 60 q/ha.

Tableau 1 : grilles de préconisation en soufre sur céréales (kg SO3/ha) des céréales d’hiver selon la pluviométrie - ARVALIS

Quand ?

Comme pour l’azote, les besoins des plantes en soufre augmentent à partir du stade épi 1 cm. Des carences peuvent donc apparaître à partir de ce stade sous la forme de foyers ou de bandes jaunes. Les conséquences d’une carence prolongée sont, dans les cas les plus graves, de pertes de rendement jusqu’à 20 q/ha par la diminution du nombre d’épis/m² et/ou la baisse de la fertilité des épis. L’apport de soufre peut être envisagé entre le tallage et le début montaison afin d’anticiper d’éventuelles carences précoces. Les stades d’apport le plus approprié vont de la fin du tallage à épi 1 cm : il est donc préférable de viser la période de fin février pour les semis d’octobre, voire un peu plus tard pour les semis plus tardifs. Des apports trop précoces ne seront pas valorisés par la plante et ils sont déconseillés surtout en sols superficiels où le soufre apporté sous forme sulfate peut être lixivié en cas de pluies importantes juste après l’apport.

Sous quelle forme ?

Les engrais contenant la forme sulfate, thiosulfate et le soufre micronisé ont une efficacité équivalente. Ils doivent être choisis en fonction du coût et de l’équilibre avec les autres éléments apportés lorsqu’on s’oriente sur un engrais binaire ou ternaire. L’idéal est de coupler l’apport de soufre à celui de l’azote car les besoins en ces deux éléments sont étroitement liés.

Pour plus d’infos, consulter la fiche Carence en soufre

Message rédigé par Arvalis - Institut du végétal avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de la Charente et de la Vienne, Coop de Mansle, Coop de Matha, Coop Sèvre et Belle, Océalia, Piveteau, Soufflet.

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